XIV INTRODUCTION
et clière , « plus chère que ses yeux, ainsi qu'il lui disait. Le plus éloquent ëpanchement de son cœur se trouve dans Timmortelle élégie consacrée à ce frère duquel Ambroise s'était cru inséparable à la vie et à la mort. Les rois sont ses pupilles, et les malheureux sont ses enfants. Ce n'est pas dire assez qu'il aime les pauvres , il déclare qu'il les adore , qu'il voit en eux les membres, les pieds de Jésus-Christ , ces pieds poudreux mais sacrés devant lesquels , comme Madeleine , il se met à genoux pour les laver de ses larmes et les oindre de parfums K Une pléiade d'amis, Jérôme, Simplicien, Paulin de Noie, Aschole de Thessalonique , Sabin de Plaisance , Gaudence de Novare , Félix de Come , Juste de Lyon , Honorât de Verceil , soumis au charme de sa vertu plus qu'à l'empire de son génie, lui font cortège dans l'histoire , où il s'avance pareil à ces astres rois que toute une constellation accompagne dans le ciel. Il console les saintes veuves , et les vierges le suivent aux parfums de sa pure et austère vertu. Lui qui donne aux empereurs de si terribles leçons , se plaît à faire l'école à de petits enfants. On le voit soigner chez lui l'un d'eux qui était malade ; il en ressuscite un autre que sa mère lui apporte et qu'il rend à cette mère. Aussi grand citoyen qu'incomparable évêque, il aime
1 Si alas pauperes, laves eorum vulnera, illuviemque detergas, tei^ sisli utique pedcs Chrisli. Hos petlcs osculalur ille qui oliam infimos plebis sacra' diligit. Hos pcdes unguento ungil ille iiiii otiam lenuioribus mansueludiuis siiœ graliam inipertit. (Ambr. Epist. xi.i, n. "23.)