INTRODUCTION XV
la patrie comme un ancien Romain , et il aime l'Église comme un confesseur de la foi. Ainsi, qu'on le regarde du côté de la terre ou du côté du ciel, Ambroise , ministre de Dieu et serviteur des hommes , réalise pleinement l'idée que l'Évangile nous propose d'un pontife de la nouvelle loi. Ainsi il apparaît à son siècle comme un grand type du sacerdoce chrétien; et un jour Théodose , subjugué par l'admiration , sera forcé de s'écrier : Je ne connais qu'un évêque au monde : c'est Ambroise \'
Toutefois si la sainteté a son foyer dans l'amour et son exercice dans le zèle , elle n'a sa consommation que dans le sacriflce. Ambroise se fit victime volontaire pour Dieu; et toute sa vie que fut-elle sinon une généreuse immolation de lui-même? Né riche, il se fait pauvre; né grand, il se fait petit. Les savants viennent vers lui comme « vers le sanctuaire des oracles de Dieu » ; mais le Docteur ne voit en luimême qu'un c( pauvre ver luisant « , c'est ainsi qu'il se nomme. On le vénère jusque chez les peuples barbares , on vient le contempler des sables de la Perse et des vallées de l'Elbe; mais ses admirateurs le trouvent caché dans la retraite, n'aspirant qu'à la paix d'une solitude obscure. La pauvreté l'affranchit, l'humilité l'agrandit, la pénitence l'épure, la souffrance l'élève. Il est persécuté, méconnu, calomnié ; il perd ses amis, il voit expirer son frère, il voit
1 Aitêpôaiov "fàp oToa (aôvov ETttaxoTtov à^îwç xa>,oû(J.£vov. (Theodorel. Hist. eccl. lib. V, cap. xvm.)