XVI INTRODUCTION
périr tour à toiii', dans tiois princes chrétiens, ses plus nobles allections et ses plus hautes espérances. Mais c'est par ce rude chemin que, de degré en degré, et, pour ainsi dire, de tombeau en tombeau, il atteint au sommet de la perfection.
A la fin riiomme terrestre s'est complètement effacé, l'homme céleste reste seul; c'est Theure où les miracles jaillissent de ses mains : Ambroise commence à entrer dans les puissances de Dieu. Sa plus chère conversation est avec les martyrs, dont il envie le sort, dont il glorifie les reliques, et qui semblent , sous ses pas, se lever de leurs sépulcres pour lui montrer le chemin de son éternité. Lui-même n'aspire plus qu'après « le bienfait de la mort », — c'est son expression; — et la maladie le surprend dans la méditation du psaume de l'espérance. Jésus-Christ, son Maître, lui apparaît alors, et lui donne en souriant le signal du départ. Après avoir reçu une dernière fois l'hostie dont les voiles vont tomber devant ses yeux dessillés, Ambroise, les bras en croix, expire à l'aube du jour... C'est l'aube du jour de Pâques ! et la parole suprême qu'il dit à ses amis est un acte d'amour divin , le môme que nous retrouvons sur les lèvres mourantes d'un pieux évoque de F'rance : « Je vais être jugé par Celui que j'ai beaucoup aimé '. »
1 Ce sont les dernières paroles de Ms^ de Quélen, archevêque de Paris. Saint Ambroise mourant avait dit semblablement : A'ei* timeo mort, quia Dominum bonum habemus. (Paulin, in Vlla Ambros.,