‹ Histoire de saint Ambroise (volume 2)Chapitre 29 sur 134 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

c'est de ce mal qu'elle souffre et qu'elle pourrait périr.

Il ne faut pas sans doule forcer le rapprochement, et le paganisme de noire âge n'est pas le polythéisme combattu par Ambroise. La vieille idolâtrie a succombé le jour où Ambroise renversa dans le palais du sénat l'autel de la Victoire. Mais cette divinité du triomphe brutal , trop adorée à Rome , a-t-elle cessé de recevoir chez les peuples chrétiens un sanguinaire hommage? N'est-ce pas elle toujours qui décide de la vie des générations humaines? et ces immolations de myriades de nos frères, dont le spectacle sacrilège s'étale à nos regards à l'heure même où j'écris, ne sont-ce pas les hécatombes qu'un paganisme féroce offre sur l'autel de la violence -victorieuse ?

Le paganisme philosophique est plus reconnaissable encore : il n'a fait que changer de nom. Qu'il soit éclos à l'ombre du Musée d'Alexandrie ou sous les pesants brouillards de la Germanie ; qu'il se nomme arianisme et manichéisme , comme au temps d' Ambroise , ou qu'il s'intitule panthéisme et positivisme, comme dans nos écoles, n'a-t-il pas pareillement pour dogme principal de conférer à l'humanité les attributs divins qu'il refuse à Jésus-Christ? N'est-ce pas toujours l'orgueil , qui ne voit en Dieu qu'un homme , et fait de l'homme un Dieu?

Des académies passez dans les conseils des peuples et de leurs maîtres : vous y verrez régner le pa-

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