‹ Histoire de saint Ambroise (volume 2)Chapitre 33 sur 134 · INTRODUCTION XXVI I · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVI I

Rome enfin est la chaire de la vraie doctrine et l'organe d'une foi garantie par Dieu lui-même : ici les textes abondent, et quels textes décisifs! Quelles lumineuses paroles!

Pierre est le premier dans la foi (ddei princeps), car c'est lui qui le premier a cru au Fils de Dieu avant même que le Christ se fût défini à lui ; et non-seulement il a répondu pour les autres, mais avant tous les autres. Il est appelé le fondement, parce qu'il s'est porté caution non-seulement de sa foi propre , mais de la foi commune ^ — La barque de Pierre ne tremble pas; car avec elle c'est la sagesse qui yiavigiie, c'est la foi qui enfle les voiles, et le mensonge en est absent. Comment sombrerait-elle, dirigée par Celui sur qui repose r Église ^? — Cette barque n'est j^as troublée, car c'est elle qui porte Pierre^. — Les J poires tendent les filets; mais c'est à Pierre seul que Jésus-Christ a dit de pousser sa barque au large , cest-à-dire jusqu'aux profon-

hujus examinis adipiscamur. (Epist. lvi ad Thcophil. Alexandr. pa- Iriarch., n. 6, 7.)

1 Ille fidei princeps, cui se Christus nondum Dei Filium dixerat,et tamen ille credideral. {Ibid., lib. V, n. 98.)

Petrus respondit pro cœteris , imo prse cœteris. Ideo fundamentum dicitur quia novit non solum proprium, sed etiam commune servare. [De Incarnat, cap. iv, n. 33.)

2 Non turbalur hœc ( Pétri ) navis, in qua prudentia navigat, abest perfidia, fidos aspirât. Quemadraodum enim turbari poteral, cui praeerat is in quo Ecclesiee firmamentum est. {In Luc. lib. IV, n. 70.)

3 Non turbalur ista navis quœ Petrum habet. [Ibid.)

XXVlll INTRODUCTION

deurs des controverses '. — C'est à Pierre de prononcer la parole de la foi, d'af/îrmer la vraie piété, et d'annoncer la grâce '. — C'est à lui de corriger le faux sens donné à la doctrine , ou (coname s'exprime Ambroise par allusion à Malchus) de retrancher, avec le glaive spirituel, l'oreille rebelle à la vérité ^. — Pierre est le fondement de l'Église, lequel doit prévaloir contre toutes les hérésies K — Si Jésus-Christ,, qui seul est proprement la pierre fondamentale de l'Église, a voulu conférer ce titre à son disciple, c'est afin de faire entendre, par ce surnom de Pierre, quelle est sa solidité et sa constance dans la foi ^. — C'est, en effet, la foi qui est le fondement de l'Église. Il ne s'agit point ici du corps de Pierre, mais de la foi; c'est de cette foi qu'il est dit que les portes de la mort ne prévaudront point contre elle; c'est sa confession qui a vaincu l'enfer ^. — Donc Pierre continue de vivre, puisque, se-

i Soli lamen l'etro dicilur : Duc in altum , hoc est in profundum disputalionum. {In Luc. lib. IV, n. 71.)

2 Meum est (inquit Petrus), meum est enim fidem loqiii, pielatem adserere, ^raliam prœdicare. [Ibid., n. 30.)

3 Tollit spirilali gladio aurem interiorem maie inlelligentis. [In Luc. lib. X,n. 67.)

4 Adversus omnos hœreâes débet valere Ecclesi;i' fundamentum. [De Incarnat, cap. v, n. 34.)

f» Discipulo suo hujus vocabuli çraliani non negavit, ut et ipse sil Petrus, quod de Petra habeat soliditaleni conslantiae, fidei tinnamentum. [In Luc. lib. VI, n. 97, — De Fide lib. IV, n. 56.)

6 Fides ergo est Ecclesia; fundamentum. Non enim de carne Pétri, sed de fide dictum est quia portœ mortis ei non proevalebunl, sed confessio vicit inferniim. [De Inrarnal. cap. v, n. 34.)

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