‹ Histoire de saint Ambroise (volume 2)Chapitre 51 sur 134 · AMBROISE CONSEILLER DE GHATIEN · texte numérisé non relu

AMBROISE CONSEILLER DE GHATIEN

cette interruption, et la pensée s'y développe dans un ordre puissant et un irrésistible enchaînement de raisons : Quelle est la foi catholique touchant le Fils de Dieu ? Comment ditîère-t-clle de la croyance des Juifs, de celle de Sabellius qui confondait les personnes , de celle de Pholin qui niait la divinité du Verbe et son incarnation, de celle d'Arius qui ne voyait en lui qu'une créature supérieure * ?

Puis, qu'est-ce que Dieu, et en quoi consiste la nature divine? Jésus - Christ possède-t- il les attributs divins? Ayant posé ces questions devant son royal disciple , et indiqué le portique du monument de doctrine qu'il voulait élever en l'honneur du Fils de Dieu, Ambroise y fait entrer le prince, le flambeau de l'Écriture à la main. Il en scrute. avec lui toutes les profondeurs ; dans sa marche il renverse les objections et les vains systèmes des ariens ; il leur oppose les irréfutables témoignag-es des conciles, des apôtres, des évangélistcs, mais surtout de saint Jean, qui seul devait suffire à écraser l'impiété : « Jean a écrit que le Verbe était au commencement. Arius dit qu'il n'était pas. Qui croirons-nous, ou de Jean qui reposa sur la poitrine de Jésus-Christ , ou d'Arius se roulant dans ses propres entrailles et mourant désespéré comme Judas dont il avait imité la perfidie-? »

Ambroise reprenait ensuite un à un tous les titres et les noms attribués à Jésus dans l'Évangile, pour en déduire la preuve de sa divinité. Tour à tour théologien et métaphysicien, théologien un peu subtil parfois, mais métaphysicien animé d'éloquence et coloré de poésie, il était prêtre partout; partout l'âme du saint se retrouvait derrière le génie du docteur, génie contemplatif non moins que militant. Au plus fort du combat qu'il soutenait pour

1 Ambr. de Fide lib. I, cap. i; t. II, p. 445.

2 Ibid., lib. I. n.l93: t. II, p. 468.

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la gloire du nom de Jésus-Christ, l'évoque s'arrêtait ravi devant sa face, et venait déposer ses armes à ses pieds dans une adoration attendrie.

Mais si Jésus-Christ est Dieu, il est également homme ; il a pris notre nature , notre opération , nos infirmités môme ; et comme l'arianismc ne craignait pas d'alléguer contre sa divinité ces douleurs adorables, Ambroise laissait déborder l'ardeur de son amour dans cette magnifique réponse :

« Mais ne voyez -vous pas que ces infirmités sont nos forces à nous ? Ah ! pourquoi lui faites-vous une querelle des remèdes qu'il nous a apportés? Que lui reprochez-vous? ses larmes? elles nous purifient ; ses pleurs? ils nous baptisent; ses troubles? ils nous raffermissent; car plus il a souffert, plus il a mérité pour nous. Que dis-je ? même au sein des outrages qu'il souffre, je reconnais un Dieu. Il est pendu en croix, et tous les éléments lui sont assujettis. Le soleil se cache, le jour tombe, les ténèbres régnent, la terre tremble; et le seul qui ne tremble pas, c'est Celui qui est crucifié. Or ces miracles, que sont-ils sinon l'hommage rendu par la création à son divin auteur? Il est attaché à la croix, et vous ne voyez que cela; mais du haut de cette croix il donne un royaume, et vous ne le voyez pas ! Vous lisez bien qu'il est mort ; mais en mourant il ouvre le paradis au larron, cela vous ne voulez pas le lire ! Vous voyez à son sépulcre les saintes femmes qui pleurent; mais vous ne re«iarquez pas les anges qui lui font une garde glorieuse ' ! »

Une chose qu'on ne saurait trop ad"mirer dans un livre adressé à un souverain armé et tout-puissant, c'est que l'auteur n'y invoque contre l'erreur d'autre puissance

i Videsne illas quas lu pulas Chrisli inliiinilates tuas esse virlutes? Cur de remediis noslris ci quaislionem iiiovomus? Lacrymae illae nos lavaiil, llelus illi nos abluiinl... sud in ijjsis iiijuriis cognosce Divuntalem. [DcFidr \\b. 11. cap. xi, n.VKi, 9(5; t. 11, p. «0.)

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que celle de la parole, de la persuasion et de la charité. Assurément il ne tient pas pour illicite l'appui du pouvoir civil quand il s'agit de réprimer le mal et de garder la foi : lui-même ne se fera pas faute d'y faire appel au besoin. Mais il entend que cette arme défensive et répressive ne devienne point un instrument d'agression et de propagande ; et si l'emploi de la force est un droit et un devoir quand il s'agit de protéger la croyance publique contre l'erreur envahissante, elle ne peut, en aucun cas, être bonne pour imposer la sainte vérité. Cette règle, dont Ambroise allait faire celle de sa vie et de son apostolat, il l'exposait ainsi au jeune prince son disciple :

« Exerçons sur nos frères l'action morale seulement. Tâchons de les convaincre de leurs véritables intérêts, puis « pleurons devant le Seigneur qui nous a faits » ; car il ne s'agit pas d'écraser ces hommes, il s'agit de les guérir. Nous ne leur dressons pas des pièges, nous leur donnons les douces leçons de la religion. La bonté fléchit souvent celui que n'ont pu déterminer la raison et la force. Quand Dieu a rencontré sur le chemin de Jéricho l'homme blessé par les brigands, lui, le vrai Samaritain, n'a pas appliqué les remèdes violents à ses plaies; mais il a versé l'huile et le vin comme un baume salutaire. Qu'ils viennent donc à Lui tous ceux qui veulent guérir; qu'ils aient recours à son remède, remède descendu du Père et préparé dans les cieux, où il a été composé de sucs immortels. Ce remède c'est la chair, c'est le sang du Fils de Dieu qui s'est fait homme afin d'attirer l'homme à lui '. »

Après avoir mis au service de la vérité tant de raison et de bonté , tant de vigueur , de logique et d'élévation de

1 Agamus et nos moraliler, persuadeamus illis quod sibi prosiL.. non enim vincere volumus, sed sanare ; non insidiose agimus, sed religiose monemus. Saepe fleclil tiumanitas quos nec virtus potueril superare, nec ralio. [De Fide lib. Il, cap. xi, n. 89; L II, p. 48^.)

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cœur, Ambroisc se flolltiil-il d'avoir pénétré le fond du divin mystère ?

Écoulons-le plulôt :

« Comment Jésus-Christ est-il Dieu? Gomment s'est opérée la génération di\ine? Je l'ignore, mon esprit n'y peut atteindre Ici la parole me manque, elle manquerait aux anges ilicmcs. Ce mystère est au-dessus des chérubins, au-dessus des séraphins, au-dessus de toute intelligence sacrée. »

Et à la fin du livre, tombant à genoux écrasé d'admiration et terrassé d'amour : « Père tout-puissant, s'écriet-il,c'està vous maintenant que je m'adresse, tout baigné de mes larmes. Je reconnais que vous êtes inaccessible à mes pensées, incompréhensible à mon intelligence, audessus de la portée de mon entendement. — Mais loin de moi de dire que voire divin Fils soit moindre que vous, lui qui est la splendeur de votre gloire et l'image de votre substance. Et vous Père, avec le Fils, avec le Saint- Esprit, vous êtes un seul Dieu, immense, ineirable. Je le lis partout dans vos saints livres, qui sont la règle de ma loi. Comment l'homme prétendrait -il soumettre votre Majesté au jugement de ses pensées? Comment peut-il être assez téméraire que de l'entreprendre? Comment lui serait-il possible de vous mesurer? Votre ange mesurait la Jérusalem céleste; mais c'était un ange qui mesurait, ce n'était pas Arius. Celait Jérusalem qui était mesurée, ce n'élail pas Dieu -. »

Ces leçons d'orlhodoxie adressées à Gratien empruntaient encore des événemenls accomplis une nouvelle éloquence. Arrivcsur les lieux delugubre souvenir où Valens avait péri delà moi t misérable de Julien l'Apostat, Tem-

2 Ad le nunc, omnipolens Paler, cum lacrymis verba converlo. Ego te quiilcm inatcc^sibiiom, incomprohensibilcm.inseslimabilem prompte dixciim ; sud Fiiiutii luuin niinorcni non ausiin dicere , etc. (De Fide \\b. V,cap. .\ix, n. 22S.)

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pereur voyait planer au-dessus des ruines fumantes du champ de bataille d'Andrinople la main de Dieu armée contre le persécuteur. La visite des provinces n'avait pas été pour lui une leçon moins éloquente. Ces chrétientés divisées, ces diocèses en feu, ces évoques dispersés, ces consciences violentées ou ces consciences vendues, tout ce désastre récent de la persécution lui avait fait toucher du doigt la plaie de l'arianisme. Aussi s'élait-il empressé de fermer de son mieux quelques-unes de ces blessures, en rendant à leurs sièges les pontifes proscrits; et, rentré dans sa tente, il s'inspirait de ces pages où Ambroise mêlait à ses vœux de victoire et à ses leçons de doctrine ces pacifiques conseils :

« 0 Seigneur, enivrez de votre doctrine sainte l'âme de Gratien Auguste, afin que, touché par elle, il chérisse la paix, il se réjouisse des triomphes de la vraie religion, il ignore la mort réservée à rinfidclo, il déteste l'impiété des méchants princes, il transmette à ses descendants une foi pure, et remplisse en lui la parole adressée au disciple de Jésus-Christ : « Laisse tout, viens et suismoi ' . »

Gratien n'était pas moins désireux qu'Ambroise luimême de rendre la paix au monde. Mais il la voulait glorieuse, achetée par des succès qui lavassent le récent alïpont du nom romain.^ Or, malgré une bravoure militaire incontestée, Gratien se sentait trop faible pour une pareille lâche ; et le poids des couronnes d'Orient et d'Occident réunies sur sa tête écrasait sa jeunesse. Ceux qui auraient pu l'aider, le comte Sébastien, EquitiuSjTrajan, les meilleurs généraux de son père et de son oncle, étaient restés sur le champ de bataille d'Andrinople. Un seul et le plus grand de tous, Théodose, eût

i Hoc vino, Domine meus, domini aures Augusli menlis cmunda, ul homines iiiebriali quiotcm diligant, etc. [De Fide lib. I, cap. xx, i> 1.30.)

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été capable de fout réparer. Mais Grnlien, trompé parles conseils de Valens, avait eu le malheur, au conimencementde son règne, de permettre le meurtre juridique de son pèno, décapité dans l'Afrique toute pleine de ses triomphes. Depuis ce temps, héritier de la disgrâce paternelle, Théodose s'était retiré dans l'Espagne, sa patrie, où il s'occupait à cultiver un vaste bien de campagne, surveillant l'éducation de ses jeunes enfants, et leur donnant , avec Flacille son épouse, l'exemple de royales vertus dans une condition privée.

Gratien fut le premier à reconnaître ses torts. Par une démarche qui demeure son plus beau titre de gloire comme son meilleur service rendu à sa patrie, il demanda à Théodose secours et amitié. Celui-ci y répondit non moins généreusement. De rapides succès remportés sur les Golhs curent bientôt justifié la confiance du prince et le renom du descendant de l'empereur Trajan. L'Orient désormais ne pouvait plus se passer de ce grand homme. Gratien sut le comprendre : le 19 janvier 379, il conférait la pourpre à Théodose Auguste, et le faisait asseoir, à Constanlinople, sur un trône où la foi , la sagesse et la victoire montaient avec lui.

Gratien se disposa alors à quitter l'Orient pour rentrer dans les Gaules. Un de ses plus grands désirs était de voir de près l'évêque de Milan , dont les enseignements allaient si bien aux vues honnêtes de sa religion et de sa politique. Mais Trêves le réclamait; et, pressé de s'y rendre , il écrivit à Ambroise ses regrets et ses remercîmenls , en y joignant le souhait que le pontife se trouvât sur son passage, pour s'entretenir avec lui '. La lettre, écrite de la main de l'empereur, était conçue en ces termes :

1 Cupio valde ut quem recortlor absenlem, cum eo cliam corpore sim prœsenli. Feslina igitur ad me. (Episl. Oral, ad Ainbr. , l. H, p. 751.)

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« J'ai le plus grand désir de jouir de votre présence et de vous voir de mes yeux, religieux Pontife, vous avec qui ne cessent de vivre, pendant l'absence, mon souvenir et ma pensée. Hâtez- vous de venir vers moi, pour m'enseigner la vraie doctrine de la foi. Ce n'est point que je recherche les questions contentieuses et que je veuille placer ma religion dans des discussions de mots, au lieu de la recevoir dans la simplicité de mon âme. Je souhaite, au contraire, que la vérité y descende et s'y établisse de plus en plus.

« Je veux suivre la doctrine de Celui que j'aime à reconnaître pour mon Maître et mon Dieu. Je ne lui refuserai pas mon adoration parce qu'il a pris la forme d'une créature semblable à moi. Sans doute mon culte n'ajoutera rien à sa gloire; mais pour moi j'y gagnerai de me rendre agréable au Père en glorifiant le Fils. Faible et fragile comme je suis, je veux du moins le louer selon mes forces , si je ne puis le faire autant qu'il convient à sa grandeur.

« Que la Divinité vous conserve de longues années , ô mon Père, serviteur du Dieu éternel que nous adorons, à savoir Jésus- Christ '. »

Ambroise reçut cette lettre avec actions de grâces. Mais, pour le moment du moins , il ne crut pas devoir mettre tant d'empressement à courir au-devant de Gratien. Assez d'adulations rampaient aux pieds de l'empereur, sans que l'évêque allât commettre sa dignité dans les cours et les camps. Celui-ci estimait qu'il n'avait pas quitté sa charge de préfet pour se rejeter sitôt dans les assujettissements de sa première carrière. Puis, s'il ne refusait pas de se prêter à la politique quand elle venait le chercher, Ambroise ne voulait point faire un pas au-devant d'elle. Il resta donc à Milan, où l'enchaînait le soin paternel de

1 Episl. Grat. ad AmLr., l. II, p. 7.^1.

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son troupeau. « Je n'aime, disail-il plus tard, que les prèlrcs et les diaercs qui ne s'éloignent pas de leur poste'. » Mais à peine Gralien lul-il de retour en Gaule, qu'il y trouva celte réponse, où Ambroise tempérait par son allcclion déférente le regret que le prince témoignait de ne pas le voir.

« .1 Gralien, bienheureux Auguste el prince très -chrétien, Ambroise, évêque.

«Ce n'est pas l'affection qui m'a manqué, ô prince trèschrétien , car il n'est aucun autre sentiment dont je m'honore aussi sincèrement; c'est la discrétion seule qui m'a empoché d'aller au-devant de Votre Clémence. Mais si je n'ai point porté mes pas au-devant de vous, j'ai été avec vous par tous les vœux de mon àme ; et ce sont les meilleurs devoirs qu'un prèlre puisse vous rendre. D'ailleurs comment pourrais-jeêtre séparé de celui qu'accompagnent partout ma pensée et mon cœur? Celte présence des âmes vaut mieux que celle des corps. Je suivais heure par heure tout votre itinéraire. J'étais jour et nuit avec vous dans vos camps par ma sollicitude; ma prière ne cessait de veiller à vos côtés ; et, à défaut de mérite, je vous servais de mon aiïection -.

Cl Quand nous faisons des vœux jiour votre conservation, c'est également la nôtre que nous avons en vue. Je ne vous écris pas ces choses par flatterie. La flatterie vous est odieuse, et moi je la considère comme indigne d'un prêtre. Mais le Juge de nos pensées , Celui que vous confessez et en qui vous croyez, sait combien je

1 Episl. i.xx.w, n. i; t. 1, p. llOf).

'i El cerla inajor animorum prrcseiilia est. Tuum quolidianum ili-r legebam noclo ao dio in luis casiris cura el sensu localns, oialionuni excubiis prœlendebom : eisi iiivalidus merilo, sed alleclu sodulus. Ambr. Epist. ad Gral., i, n. I.)

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suis sensible à ce qui louche voire foi, voire salul, voire gloire. Il le sait : je ne me conlenle pas de lui faire pour vous les supplicalioTîs que commande mon ministère ; mais en particulier je lui adresse les prières que m'impose une juste reconnaissance pour les services que vous avez déjà rendus à mon Eglise...

« Quedirai-je de votre lettre ? Vous l'avez écrite tout entière de votre main, afin que votre propre écriture y témoignât de votre foi et de votre piété... El c'est vous, empereur, qui faites un tel honneur à un humble prêtre 1 Mais c'est Dieu qu'on honore dans le moindre de ses serviteurs, selon qu'il a dit lui-même : « Ce que vous faites à un de ces petits, c'est à moi que vous le faites '. »

Ambroise reprenait ensuite, pour en relever le sens, chaque terme de la profession de foi écrite par le jeune souverain. Toute sa lettre était de ce ton doux et élevé, comme il convenait à un docteur et à un père. Il bénissait les solides convictions du chrétien; il louait une modestie rendue plus méritoire par l'élévation du rang; il s'engageait ensuite à composer pour Gratien un livre sur la di- . vinité du Saint-Esprit, suivant la prière que le prince lui en avait adressée ; mais il demandait qu'un délai lui lut accordé pour l'écrire mûrement. Enfin il lui promettait d'aller en personne lui porter ses hommages aussitôt qu'il le pourrait, à moins que Gratien ne vînt à Milan le premier.

Ce fut l'empereur qui se rendit auprès de l'évêque. Dès le 1*^'' août 379, il était dans cette ville, comme en font foi les actes publics de celle année.

Lorsque ces deux hommes se trouvèrent en présence, ils purent comprendre combien leurs âmes avaient été préparées l'une pour l'autre, (ju'on se représente en Gra-

• Scripsisli luam tolam epislolam manu ; ul ipsi apices fidem luam pietalemque ioquerenlur.... Tu, imperalor, dignalione regali iionoras iiifimum sacerdolcm. (Ambr. Epist. i, n. 3.)

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