AMIMtOISE CONSEILLER UE GR.VTIEN
lien une nature droite, généreuse et douce, capable de l)eaux desseins plus que de fortes actions ; ne craignant pas la guerre, mais amie de la paix; exempte de vastes ambitions comme de vain orgueil ; un esprit cultivé , délicat, élevé, mais modeste quelquefois jusqu'à la timidité ; une conscience susceptible d'impressions diverses, mais toujours proie au bien dès que l'image du devoir était otTerte à ses yeux : tel était le jeune prince sur qui rcmi)ire fondait l'espoir d'un beau règne. Ambroise , hier préfet et aujourd'hui évoque, réunissait en lui la science politique de l'ancien fonctionnaire avec la charité du pontife du Christ. L'élévation du caractère, l'éminenle sainteté , la bonté du cœur et la grandeur du génie composaient en cet homme le plus complet ensemble qu'on ait encore vu. Il tenait à la vieille société romaine par la fibre patriotique si vivace chez lui ; par son christianisme et sa consécration il était du monde nouveau. Quel homme était mieux fait pour ménager la transition de la Rome du passé à celle de l'avenir ? Gralien l'avait reconnu, et il subit sans contrainte l'irrésistible ascendant qui fut l'appui de son règne et qui en est demeuré la gloire.
On s'en aperçut bientôt dans la direction des affaires publiques. Quand on étudie dans l'histoire la situation progressive de l'Église en présence du pouvoir, on y dislingue trois périodes. Elle est persécutée sous les empereurs païens, et c'est à leur insu que l'esprit de l'Évangile pénètre dans les mœurs et corrige les lois. Elle est émancipée ^par l'édit de Milan; mais ni Constantin ni ses premiers successeurs ne lui donnent l'autorité, si même ils n'entravent pas souvent sa liberté. Elle devient enfin dominante sous Théodose qui la constitue unique religion de l'Étal. Mais déjà Ambroise commence à préparer, sous Gratien, ce règne social de Jésus-Christ qui va devenir le but de sa vie entière. 11 estimait justement que le droit de