CONCLUSION
compagnie, on l'admire comme un héros, on le vénère comme un saint, on l'aime comme un père, et on ne peut oublier les heures inénarrables qu'on doit à son commerce , dans des jours d'immenses infortunes publiques , de grands deuils privés et de patriotiques tristesses.
Il y a cependant, pour une telle histoire, une récompense plus haute que la consolation personnelle et intime que l'écrivain en recueille. C'est celle qu'avait souhaitée le pieux biographe qui le premier écrivit la vie de saint Ambroise sur sa tombe à peine close. Après treize siècles écoulés je n'ai pas de souhait plus ardent à présenter au Ciel ni de meilleur adieu à offrir au lecteur; et comme le diacre Paulin je terminerai en disant :
« Je prie et je conjure tout lecteur de ce livre d'imiter la vie que je viens de raconter, et de faire fructifier la grâce de Dieu dans son âme, afin de mériter d'être réuni à Ambroise au jour de la résurrection pour la vie éternelle '.
« 0 vous à qui j'adresse cet ouvrage, je vous conjure de vous souvenir de celui qui l'a écrit, et de prier pour lui , en union avec les saints , qui invoquent le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans une foi véritable. Si , par mes propres mérites, je ne suis pas digne d'avoir une place dans le ciel auprès d'un si grand homme, puissent du moins vos prières m'obtenir le pardon de mes fautes et le salut éternel - ! »
1 Unde horlor cl obsecro omnem honiinem qui hune librum legerit, ul imiletur vilam sancli viri, laudet Dei gratiam, el velil habere consortium cum Ambrosio in resurreclione vitœ. (Paulin, in Vila Arnbros., n. Ou.)
2 Te deprecor ut pro me humillimo peccalore, cum omnibus sanclis qui lecum invocant nomen Domini noslri Jesu Christi in veritate, orare digneris... ul adeplus meorum veniam peccatorum, sil mihi pramium fugisse suppiicium. [Ibid., n. o6.)