‹ Histoire de Saint Augustin (apôtre des Anglais, archevêque de Cantorbery,) et du premierChapitre 16 sur 44 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

Les missionnaires vivent en communauté dès qu'ils sont arrivés à Cantorbéry. — Origine du monastère de Saint-Augustin. — La première pierre est posée en 598.— Sa consécration a lieu en 603, en présence du roi et de la cour. — Il est placé sous le patronage de saint Pierre et de saint Paul. — Le monastère reçoit de riches dotations et d'immenses privilèges d'Ëthelbert et des rois qui lui succèdent. — Le Saint-Siège, de son côté, lui accorde de grandes faveurs. — Les ordres monastiques doivent relever directement du Saint-Siège. — Rivalité du monastère de Saint-Augustin et de celui de l'église du Christ. — Histoire des malheurs et de la décadence du monastère. — Des reproches qui sont adressés aux ordres religieux au moyen âge. — Relâchement des moines de Saint-Augustin. — Ils cèdent aux exigences d'Henri VIII.

Saint Augustin et ses compagnons commencèrent d'abord à vivre en communauté religieuse dans la maison de Stablegate , puis ensuite dans le palais d'Ëthelbert , et , autant que le permettaient les circonstances, ils s'y conformaient aux règles de la vie monastique. Leur conduite à cet égard leur avait été tracée , indépendamment des

goûts qu'ils avaient eux-mêmes pour ce genre de \ie , ou des avantages qu'ils pouvaient espérer en tirer pour le succès de leur mission. A Rome, ils avaient tous été frères d'un même monastère , et nous avons vu que la vie nécessairement peu réglée des voyages avait entraîné pour eux de graves inconvénients, auxquels saint Grégoire chercha à porter remède , en donnant à saint Augustin une autorité plus absolue sur ses compasgnons , et en reconstituant par là leur communauté religieuse. Dès que les missionnaires se trouvèrent de nouveau réunis sous le même toit, ils revinrent tout naturellement à leurs anciranes habitudes. Saint Augustin prit place au milieu d'eux en qualité de supérieur, et ils réalisèrent ainsi les intentions et très-probablement les instructions expresses du pontife suprême.

Leurs devoirs de missionnaires devaient cependant leur laisser peu de temps à consacrer aux exercices de la vie religieuse; car, dès le premier jour de leur arrivée à Cantorbéry, ils furent continuellement dehors, prêchant l'Evangile^ dans les rues et sur les places publiques , à tous ceux qui voulaient les entendre.

Dans ce temps-ci , où l'on pense communément que l'essence de la religion consiste seulement dans les devoirs sociaux , on peut apprécier l'importance de l'institution monastique, par les

facilités qu'elle offre de pratiquer des œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde; mais on ne doit pas oublier que, sous la loi de rEyangile, le premier commandement est d'aimer Dieu ; l'amour du prochain ne vient qu'ensuite. Ainsi , | quoique les communautés religieuses aient servi à améliorer, au delà de toute expression, la condition des pauvres , et qu'elles aient rendu de si ëminents services en évangélisant les païens , c'est surtout parce qu'elles ont donné carrière à la contemplation des mystères divins , à la pratique d'une complète obéissance , et à la culture de la | vie intérieure, qu'elles ont été des foyers si bril- î lants de lumière et des sources si abondantes de vie spirituelle, au milieu d'un moiide de ténèbres 1 et d'infirmités. Dans quelques-uns des principaux ! types de l'Eglise que nous trace l'Evangile , nous i la trouvons plutôt représentée comme un témoin que comme un héraut ; elle nous apparaît comme une lumière calme , claire et éblouissante dans un lieu obscur ; comme une ville élevée sur une montagne ; comme un arbre magnifique étendant au loin ses rameaux , qui répandent autour de lui une odeur suave et attirent sous son ombre le voyageur solitaire. Ces figures et autres semblables donnent l'idée d'une majesté calme qui s'étend par degrés sur le monde, plutôt que celle d'un ministère zélé et actif cherchant à produire

des effets immédiats, quoique cependant Faction militante soit , dans l'Eglise de Jèsus-Ghrist , une des principales voies par lesquelles opère le Saint-Esprit.

Notre saint archevêque et son royal disciple allaient laisser derrière eux , sur le beau sol de r Angleterre, un modèle terrestre de la Jérusalem éternelle, et même une société divine qui devait s'appliquer au service de Dieu sans distraction, et venir en aide au pays par ses prières, alors que d'autres poursuivraient des oeuvres plus laborieuses de charité.

La principale raison cependant qui semble avoir présidé à rétablissement du monastère de Saint- Augustin, est le désir où étaient ce saint et Ethelbert de fonder un lieu convenable de sépulture pour eux et leurs successeurs. Ce dessein , dans Fétat où se trouvait TEglise naissante d'Angleterre, n'avait ni un intérêt ni une importance médiocres. Les précautions qu'un saint peut prendre , en vue de préserver son pauvre corps des outrages, diffèrent essentiellement du sentiment de respect posthume si commun dans le monde; car le corps d'un saint est un temple du Saint-Esprit, dont la gloire est ea quelque sorte engagée à ce qu'on le mette en sûreté et à ce qu'on le traite avec révérence. Le même sentiment qui a inspiré aux saints de pren-

dre des mesurés jpour mettre leur corps en sûreté après la mort, a pu, pendant la vie, leur faire accepter les témoignages de vénération qui leur étaient rendus par le monde , et cela en vue de la gloire de Dieu , qu'ils craignaient d'exposer en adoptant une conduite différente*.

Il arrive^ cependant, qu'uii chrétien, parvenu au plus haut degré de l'humilité, devient aussi indifférent à ce qui le regarde , que s'il était une autre personne, et alors il se conduit, vis«-àvis de lui-même , comme il pourrait le faire à l'égard de ce qui ne le touche pas. Ainsi , l'on voit l'estime et le mépris produire en apparence les mêmes effets aux yeilx de l'observateur superficiel. Tandis qu'un saint s'étudie^ par suite d'un profond sentiment de son indignité personnelle , à être tout à fait oublié ^ im slutre , non moins humble, peut éprouver une si grande indifférence pour ce qui le regarde, qu'il s'exposera à être accusé de vaine gloire en pratiquant l'abnégation la plus absolue. On rapporte , comme exemple de ce premier genre d'humilité , que saint François de Borgîa s'est positivement refusé

* Voir RodrigueZy Sur la perfection chrétienne (vol. ii^ traité III y ch. 34), ainsi qfi^une anecdote remarquable sur le même sujet dans la Vie dé iaint François d*À$$i$es, dans ▲. BuUer. J

à ce qu'on piclt son portrait sur son lit de mort , sous prétexte qiie les traits d*un si grand pécheur ne méritaient pas d'être conservés, tandis que d'autres saints, dont lés noms ne sont pas moins tènérès dans l'Eglise , ont acquiescé aux désirs de leurs attiis sur ces petites (ihosfes , sans la moindre crainte et la moindre hésitation*.

De même, Ton conçoit qiie des saints agissent dÎTersement pour ce qui regai*de leurs dépouilles après la niort , l'un étant prêt à supporter l'acctisatlon de vanité et d'égôïsWe , par zèle pour la gloire de Dieu, tandis qu'un autre, au contraire, sera tellement pénétré du sentiment de son néant , iju'il sera fort insouciant du lieu où pourront être déposées ses cendres , qui , après tout , seront recueillies et ranimées au dernier jour. Saint Augilstin et saint Ethelbert nous offrent des exemjples du premiei* genre; tandis que sainte Monique , saint Swithin , saint François d'Assises présentent des exemples opposés. Il semble prouvé qu'une complète indifférence sur cette inatière n'est pas le sentiment le pins religieux , car les impies et les railleurs de là religion en sont naturellement animés.

Saint Augustin et saint Ethelbert, en cherchant

* Voir la Yi9 d$ iùiht François Borgia, dàbs A. Butler.

à assurer à leurs dépouilles mortelles une place convenable, n'avaient d'autre vue que la révérence due au tabernacle de Dieu , même après la mort; ils n'étaient inspirés que par la charité , qui cher* che à éloigner les occasions de scandale et de pëdië. On pourrait tenir compte aussi du désir qu'éprouve naturellement un catholique de reposer sous l'ombre d'une église , dans le temple de ses prières et de ses offices solennels. Cette considération suffirait pour expliquer la sollicitude d' Aagustin et d'Ëthelbert sur un point auquel un autre saint, et eux-mêmes peut-être, à un autre époque, n'auraient attaché aucune importance. Nous pouvons encore supposer que saint Augustin , en désirant s'assurer pour lui et ses successeurs une honorable sépulture, considérait la dignité de sa charge et les égards dus aux instincts qui inspiraient aux païens la vénération des morts. Nous devons bien nous garder de croire, avec trop de précipitation , que chacun de nos deux saints n'éprouvât de sollicitude que pour luimême. Ne pourrait-on pas penser que le saint apôtre et le saint roi qui avaient été unis sur la terre dans plus d'une entreprise d'amour divin , éprouvaient un désir naturel de n'être pas séparés après leur mort? chacun d'eux sentait peut-être que la sainteté de son frère serait une sorte de protection à sa faiblesse. Mais le roi

surtout pouvait désirer garder près de lui , même après la mort, celui dont les lèvres lui avaient fait entendre les paroles de la vie éternelle , et dont les noains l'avaient revêtu du blanc vêtement de T innocence.

Il est évident , en outre , que l'archevêque et le roi avaient à cœur d'autres objets que celui de pourvoir à leur sépulture. Ils projetaient l'érection d'un monastère et d'une église. La première pierre de l'édifice fut posée en 598 ; mais son étendue était telle , que sept années s'écoulèrent avant qu'il fût prêt à être consacré. Les constructions, une fois achevées, devaient occuper un espace considérable de terrain , ainsi qu% cela ressort des limites qui leur sont assignées dans les actes originaux de donation ^ On ne sait pas exactement quelle partie fut d'abord construite , ni quelles sont celles qui furent ajoutées par la suite, si ce n'est cependant que le roi Eadbald, fils et successeur d'Ethelbert, bâtit la chapelle en l'honneur de la sainte Vierge, où saint Dunstan avait l'habitude de se retirer la nuit pour faire ses dévotions. Le monastère fut

^ A Test, réglise de Saint-Martin ; au sud , Burgate ; au nord et à Touest, Droutingstrcet. L^on trouve des détails plus particuliers dans une autre chartre. Voir VHistoire de Cantorbéry, de Somner, et Pappendice de Battely.

consacré 9 le joqr de Noël , en (|Û5| en prësieiice du roi , de la reine , de leur famille et de la, cour* Ses premiers patrons fièrent s^int Pierre et saint Paul ; mais saint Dunstan y ajouta saint Âqgnsrr tin , lorsqu'il fit de nouveau la dédicace du mo^ nastëre , et depuis cette époque il a toujours été désigné par ce nom.

On accorda au roi Ethel})^rt, en qualité d§ fondateur, le privilège de nommer le premier abbé; le choix tomba sur Pierre, un des mis^ sionnaires compagnons d'Augustin.

Les tables chronologiques, d'après M* Somner, font remonter la nomination de Pierre à la fonclar tion du monastère, en 598; cette circonstance pe permet pas de douter que ce choix ait 'été fi^Jt après avoir consulté saint Augustin et conforpièipent à ^es vuesii Etbelbert ayant l'habitu^^ de prendre sop avis dans toutes; ses affaires. Pierre pe gouverpa le monastère qqe deux ans ; il f||t ensuite envoyé en France par le roi , avec pfie mission spéciale , et , à son retour, il se noya p^ accident à Ambleteuse , tout près de Boulogne , pu l'op dit que son corps repose dans l'église de la Sainte-Vierge. Ses deux successeurs immédiats furent Ruffinian et Gracieux, qui paraissent avoir fait partie de la compagnie des prêtres envoyés, en 601 , par le Pape pour renforcer la mission,

Ce monastère reçut de riches dotations et de

grai)(|eg immunités des rois qui 66 guccëdèrent siir le trône d'Angleterre. Ethelbert , son fondatepr, Texempta des impôts et lui accorda quelqufts droits particuliers aux manoirs \ Il jouissait auj^si du privilège de battre monnaie , qui lui fut accordé, selon quelques auteurs par Ethelbert, salon d'autres par Âthelstan, et dont il a joui jusqu'au règne d'Henri II. Ëadbald , successeur de Ethel-r bert, y ajouta non-seulen^ent la chapelle de Saintes- Marie^, mais il lui donna le manoir de North-fbourne.

Au nombre des bi^nfaiteiirs du monastère (i-gqrent , parmi les rois qui vinrent après Eadbald, Lothaire, Withred, Eftdbert, Edmont, Keqewulf, Cathred, Etbelwolf, Ethelbert, roi des Saisons de Touest , CaQpt , ^aipt Edgar et saint EdQuard le oonfesseuf**

Le monastère de saint Augustin reçut du 3aint- Siègg d'autres privilèges beaucoup plus importants encore , aiDsi qu'un grand nombre de titres honorifiques. Il était £ippelé a le premier et le « père des monastères d'Angleterre. » L' archevêque ne pouvait exercer sur lui aucune ^ptoritë ;

^ Entre autres privilèges, celui appelé Infangenthflf , ou droit de juger un voleur pris sur les lieux mêmes.

2 Cette chapelle fut démolie par Tablée Scotland, dq temps de Lanfranc , et Mne noqvclle église d'une plqs grande splendeur fut bâtie à sa place. {Thom, col. 4768.)

il devait le visiter en frère, et regarder Tabbë du monastère comme le légat du Saint-Siège et son collègue dans T exercice de son ministère de paix.

Dans les conciles généraux , Fabbë du monastère de Saint-Augustin était placé immédiatement après l'abbé du Mont-Cassin *. Aucun évêque ne pouvait pénétrer dans le monastère sous prétexte d'exercer ses fonctions épiscopales , mais seulement avec le consentement des religieux et pour y célébrer les offlces divins. La concession de ce privilège date de 611 *. Le monastère de Saint- Augustin devint ainsi une dépendance spéciale du Saint-Siège apostolique , et les relations qui l'y liaient sont communément reconnues dans les expressions de toutes les pièces officielles ^.

Un des dons les plus intéressants que reçut le monastère de Saint-Augustin, fut celui du roi Canut, qui lui transféra toutes les''possessions du couvent de Minster, dans l'île de Thanet , y compris le corps de saint Mildred. Voici comment on rapporte cet événement :

Minster fut plusieurs fois pillé et brûlé par les

1 Ce privilège fut accordé par le pape Léon, en ^ 055, en considération de la pureté de rEglisc anglaise. {Thorn.)

2 Chroniques de Thorn.

3 II est appelé monasterium, etc., ad romanam Ecclesiam nullo medio pertinens.

Danois , et ses saints habitants passés au fil de Tëpëe. Après le dernier désastre, en lOil, le monastère fut seulement occupé par quelques prêtres séculiers, jusqu'à ce qu'enfin, en i027, le roi Canut concéda toutes ses propriétés au monastère de Saint-Âugustin, et autorisa les moines à transférer le corps de saint Mildred. Les prêtres de Minster opposèrent une assez vive résistance, et poursuivirent même les moines jusqu'à la rivière voisine, à travers laquelle ils s'éloignèrent avec leur précieux trésor.

Durant les cinq cents, ou, selon quelques-uns, l^.cinq cent soixante-dix premières années de l'existence du monastère, les abbés de saint Augus- Itin reçurent à leur nomination la bénédiction de |r archevêque de Gantorbéry, et en retour ils faisaient entre Ses mains profession d'obéissance canonique. La relevance directe du siège de Rome était, >ur le monastère de Saint-Augustin ( comme Vdans plusieurs autres exemples) non pas une gaf rantie d'indépendance, mais une sécurité contre l'usurpation, et une protection pour l'autorité du supérieur. Un pouvoir central comme celui du Saint-Siège, placé à l'abri des influences locales et des tentations d'intervenir à tout propos, qui , en outre , est basé sur des prérogatives et protégé par des sanctions telles qu'on ne saurait les mieux calculer pour gagner la déférence et le

déYonement) up tel pouvoir, di«oB»-]ioqs, smn-r hh être préciséipeot celui auquel il convienne, dans rintërêt de TEglise, que des corps d^une organisation aussi apèciale et aussi délieatr que I0S moHAStëres, soient directement soumisf de préférence à toute autqrité dont l'action se ferait ^ntir plus directement.

l^es décisions d'un évâquç n'offriraient pas ai|x ordres religieux les mêmes garanties df paix 0t de bien-être que celles du Siège qui reprfesente la sagesse collective de TEglise. Affranchir les monastères , sans porter atteinte aux droits diocésains, parait avoir toujours présent^ plua on mom d^ difficultés dans la pratique, Durant plusieurs siècles, cependant, la plus parfaite intelr lig^ncq rëgu^ entre les frères de Saint-Augustin et les archevêques, nonobstant )a position particnlipre du monastère comme dépendance immédiate d'une puissance ecGlèsiastiqne ètran-*gère. Non-seulement Tarchevèque se rendait au monastère quand il lui plaisait pour y t'èlébrer les offices religieux, mais mêm^, par occasion, il allait y établir sa résidence, afin de changer d'air ou de s'y livrer à quelquq occupation particulière, absolument comme un dignitaire aotuel irait 1 de la ville à la campagne pour prendre dn repos. Il parait que pendant longtemps les mqines de VègUae du Christ Pt ^^% de Sainte Au^

gQStin mt mavcbè ensemble d^ns les processions S £nÛQ,au x^ siècle, d^ dissidences s'^leyërçnt, qui semblent ayoir forcé le Saint-Siège d'accorder de nouveaux privilèges très-exclusifs à (sa fille chérit) , en vue de protéger sa dignité. £li 955 9 le pape Jean XIII fut obligé de commander aux moines de Vèglise du Christ de cesser de mol^ter leurs frères dis Saint- Augustin.

A la suitQ d^ ces démêlés , le pape Alexandre II accorda, en 1059, le privilège àe^ la mitre et des autres ornements pontificaux à Egelsin , abbé de Saint- Augustin. Mais l'abbé, à son retour pn Angleterre, n'en fut pas moins obligé, spr la demande du roi et de l'archevêque, de laisser de côté tous ces ornements (qui lui don-r naient une autorité ëpiscopale absolue), et il fut forcé de quitter le pays. Un Normand, nommé Scotland , lui sqccéda) qui accrut d'une manière considérable les possessions! du monastère; mais qui est aecusé par Thorn d'avoir illicitement concédé des privilèges à l'archevêque Lanfranc. A sa mort, Lanfr^inc, suivant Thorn (qui luipiême était abbé de Saint- Augustin, et qui écrit pomme partie intéressée), s'efforça de faire élire un de ses moines ; mais il fut obligé cepend^int.

^ voir les manaserita de U biblîQtbèque de Gorpus-Gollege, à Cflinbrilige, t^U qu'Ile SQn( doi^ft^s daqs f^natt. angl.

qnoiqu à regret, de donner sa bénédiction à l'abbé Wydo , qui fut préféré par la communauté.

Enfin, en il24l, l'archevêque refusa positivement sa bénédiction à un abbé approuvé par le roi et le siège de Rome. La question fut débattue dans un concile provincial, en présence du roi et du cardinal Cremona, légat du Pape, et F évoque de Chichester fut autorisé par le cardinal , en vertu de son autorité comme représentant du siège apostolique , de donner luimême la bénédiction , refusée par l'archevêque de Cantorbéry. Depuis lors les abbés semblent avoir reçu invariablement la bénédiction en vertu d'un mandat du Saint-Siège, à l'exception peut-être de l'abbé Silvestre, en 4i52. Les témoignages varient sur ce point, et l'on prétend que l'on a conservé, dans les archives de Véglise de Cantorbéry, la profession formelle d'obéissance qu'il fit à l'archevêque de ce siège. Lors de la nomination de l'abbé Roger, en 4173, l'archevêque fit une tentative inutile pour ressaisir ce privilège. Mais l'abbé alla à Rome, où il reçut la bénédiction du Saint-Père lui-même; il retourna à Cantorbéry avec l'anneau et la mitre qu'il porta sans aucune opposition. Ces récits ne donnent pas une idée bien satisfaisante de l'état des choses à cette époque; mais nous n'avons pas le dessein de critiquer [des faits sur {les-

quelsnous n'avons ni garanties, ni matériaux.

Il nous reste maintenant à parler des malheurs de ce monastère autrefois si célèbre.

Le premier coup porte contre lui fut la perte de son antique privilège, de servir de lieu de se* pulture aux archevêques de Cantorbèry et aux rois d'Angleterre. Il parait que les rois cessèrent d'y être ensevelis après Pépiscopat de Brithwald, vers la fin du vil* siècle. Environ un demi-sièçle plus tard , l'archevêque Cuthbert obtint la permission d'enterrer dans l'intérieur des églises, et il fut lui-même le premier archevêque dont le corps reposa dans la cathédrale. Cet acte de l'archevêque Cuthbert faillit causer de sérieux désordres qui forent écartés pour le moment. Vingt années après , Lambrith , abbé de Saint-Âugustin, vint deux fois demander au monastère de l'église du Christ les corps de l'archevêque Cuthbert et de son successeur Bregwin , qu'il désirait ensevelir, suivant l'ancien usage, au monastère de Saint-Âugustin. Il retourna cependant sans succès, quoique la dernière fois il fût venu accompagné d'une force armée pour enlever les corps malgré les résistances. Dans ces circonstances, les frères de Saint-Augustin firent appel à Rome , et les moines de l'église du Christ élurent au même moment, pour apaiser ces dissidences, Lambrith à l'archevêché de Cantorbèry. Lam-

brift l^h«l$Hle fat n*»iimo»ns, ^t canforoièment à 8es désirs, 0nterr^ dans }6 mQnpt^e fie ^aint- Àugustiq.

Le couyeqt eut à souffrir 4e ]a fureur ^en Danois. Le^ répit^ touchant Téteq^UQ du mill qu'ils lui causèrept, s accordent peu. Si Vm e» proit Iç çhrouiqueur Jhoru , qui fu^ lui-mânie abbè d« ^ipWAugustip , IçufÉi mauvais de^eiosi furent déjouësi d'une m^ui^re provideutieUe. Il pqus dit que^ lorsique }es PAUpis dàtruisÎF^ut Cautprbéry, ppus le roi Etbdbçrt, eq lQ4i| qu^lqve^ SQldftt? pénétrèrent d'une m«qiëre «crilôge d^qs le monastère de SainirApgnstip. Il ^put^ qu'un d'entre ^UX) plqs bardi que ses çomp^gpops, s'^ppronbii de la toiqbe de r^pptre , Yola le drap mortu^if^ gui l'enveloppait) et prit 1|l fuite en le cacbapt SOUS sioq bras, l^'hi^tpr^eq -yoqte que le dr^p fidbér^ h ses phairs comme s'il y eût été collé, L^ conscience du voleur fut tellement troublée par cet éyenement) qu'il ^ présenta aux moines et çpqfessa sa f^ute. Après ce prodige, il p^r^ît que les Denoi^ n'osèrent plqs faire de tenti^tive centre le mpn^stère. Qe plus anciens chro^ niqueurs ne parlent. pas de pe miracle; mais l'un d'eui^ rapporte que les Pftuois laissèrent écbapper l'abbé do ce temps, ptrcoqstâu^ce qui se rapprpclie assea du récit de Tborn,

{;q sqipPA^f quoique le miracle ait été contesté

piip ieti àatorit^ modeims, il sMible ^u' il n'mtl^ pas eootrd lui de ppouye suffisante pour le rejeter, tandis quHl y a des raisons très^eoneluantes en sa faveur, L'archevèqne protestant Parker pense qne le nHinastère in Saint-r Augustin a certainement dû souffrir des incursions des Danois; mais il donne , pour raison de son opinion , la grande improbabilité qu^un monastiire qui aVdU il# 4Vfie tant de bAUt^^r envers les firchevèqu^i do CjantqtWy, Wt pu écb^pper, quand d'^Utr^ mouïST

(èrefi ont tant w ii souffr», et qu^ }« m]h 4ff ç«ntflr%y «lle^îpêwp a ét^ déYWléai

En 4468, le jour d» 1* f^ft ^§ la d^plktig»

an saint Jeanr^Bfiptîste, 1^ ptonastère f ut ppepquf «Dtiëremept détruit pgr ie9 flammes- PÎHSie«ffi

AUfâew doçumepts furent eousuni^ diws V^RW»?^ die, et les cliâsses de saîut Augustin et d'*Btr« saints furent sérieusement endommiig^s

Jje pape Alexandre III confirma 1» réunion de Tjiglise de Féversham W mopast^e en vu§ de M réparation, et plus tard il lui adjoipiit les élises de Mineter ^ de Middletpn. ^n i271, Tabbaye eut à souffrir defiireurs d'un «ntre genre, quoir, que, selon toute apparence, beaueoup moins qne la ville voisine. Il est asseï remarquable que ce fut le jour de h fête de la translation de saint Augu^tip. Il fit, durant toute la nuit, des éclairs et des tonnflsnpes; dee torrents de pluie tombèrrat

ensuite, qui continuèrent durant plusieurs jours en telle abondance, que la ville et ses environs fiirent presque entièrement dévastés* L'eau s'éleva à une assez grande hauteur dans la cour du monastère et l'intérieur de l'église; maisquoi* que le torrent grossit et devint furieux, Dieu était an milieu des eaux, et l'église fut préservée de la destruction qui la menaçait.

Sous le règne d'Edouard P% le monastère de Saint- Augustin fut, en commun avec d'autres maisons religieuses , atteint matériellement par le statut de main-morte. Depuis ce temps, on accorda plus fréquemment aux monastères le privilège de disposer de bénéfices ecclésiastiques ; on y voyait une compensation aux pertes qu'ils avaient éprouvées par la privation d'autres sources de revenus. Dans le principe, on inféoda les bénéfices ecclésiastiques aux maisons religieuses , dans le désir d'éviter les mésintelligences qui pouvaient éclater entre les ecclésiastiques attachés aux églises bâties sur les terres de l'abbaye , et les moines auxquels ces terres appartenaient. Mais plus tard les bénéfices furent adjoints aux monastères à titre de dotations. Ces immenses acquisitions de territoire et de revenus ne pouvaient manquer de porter atteinte à la simplicité primitive des institutions monastiques , alers même

qu'elles n'étaient pas en opposition avec Tidëe première de ces institutions.

U est difficile que les richesses ne laissent pas quelque trace de souillure dans les mains où elles passent. L'esprit de domination qui anime le riche (alors même qu'il ne se considère pas comme propriétaire, mais seulement comme dépositaire des biens de ce monde), le sentiment de la puissance presque irrésistible qu'il inspire, ont fait échouer un grand nombre d'âmes qui étaient cependant à l'épreuve contre les séductions ordinaires de la cupidité , de l'ostentation ou de l'avarice.

U est vrai que les ordres religieux ne recherchaient pas les richesses qu'ils recevaient; il est vrai qu'il eût été impossible de confier à d'autres mains de si larges possessions avec de plus grands avantages pour le public en général, car les moines étaient les propriétaires les plus considérés, ceux qui recevaient le plus cordialement et le plus libéralement leurs hôtes; enfin, ils étaient les plus généreux bienfaiteurs des pauvres. Il est cependant incontestable, et personne ne songe à le nier, que les monastères dégénérèrent de leur première pureté, en ce qui concerne la rigueur des institutions monastiques, à mesure qu'ils venaient en p<^session de grands biens. Si l'Eglise, semblable à un filet contenant des poissons de di-

Terws %wte«, nfi pwd ri^Q de ta paifectian ptr cette variété, de même on ne saurait tirer des pr^qves contra la perfection de la théorie monastiquei de oe que pe9 sauve-gardes célestes, élevées çoQtre r esprit di| monde^ ont été souvent insuffisantes contre la force de tentations extraordi-

paipes,

L'épfivain iinpie qui, à notre honte, a été pen* dapt longtemps le giiide de la jeunesse d'Angleterre sur rhistoire nationale, croit, et Hume luimême e^t dq cet avis, qu'il est prudent de homer Ids accusations epntre les anciens corps monastiques d'Angleterre à celles de paresse, d'ignorance, ^^ mp^rHitim, et autres semblables, qu'il distingiia de crimes plus révoltants; il n'hésite ip$me pas à admettre que le soupçon de flagrants d^^prdres a été propagé sur les preuves les plps légèF§^, afin d§ dpnner un vernie d^ raison k l'attaqua que l'on méditait contre eux. Nous ppurripnip allar au dalà des bornes auxquell^ s'ar*rète l'bistoriaP : reconnaître la justice de plusieurs et même de toutes les plus graves allégations con^ tre certains monastères , sans quo ces concessions 6s^pt fairf) un seul pas à la justification des mesures qui furept prises contre eux. Car, premièrement, les réformes ecclésiastiques ne sont guère du ressort des rois et des parlements. Nous rendons avec joie à César ce qui lui appartient; mais

en retour POUfii lui demandons de ne j^d se mèW des choses de Dieu. Seaoudemept, il n'e^i p^a de corruption, si grande qu'on la suppose, qui puijsse justifier les moyens qui ont été employés pour Ifi guérir; car il n'est pas permis de faire le mal pour amener le biep. Troisièmement, le plii3 grand effort de charité serait impuissant à faire naître la pensée qu'Henri VIII était animé, dans sa conduite, par le désir honnête de corriger les abus. Afai^ nous n'avons pas besoip de faire des concessions, iQème hypothétiques, lorsque les ei^ nemis de la foi catholique pe Igs demandent pas de nous.

Convenons cependant qu'il fist peutT^être im^ possible d'étudier l'histoire du monast^ qui a inspiré çe% observations (celui deSaintr^Augustip à Cantorbéry)9flians concevoir la crainte qu'il n'ait, avec le tepaps, perdu ce earaettee ^levé et céleste dont lep corporations monastiques sont destinées h donnw l'exemple. Ces institutions, même en fai^ sapt la part des influenoes terrestres, n'ont pas moins randu en général un témoignage complet et émiqept à l'esprit de leur fondation.

Des querç^lles de prérogative, une résistance jalouse aux empiétements, eette sorte d'esprit de corps que, sans la plus grande vigilance, les ordres religieux eux-mêmes sont dans un danger continuel de substituer à un sentiment d^un ea^

ractère plus éleyë, furent de grandes tentations pour ces sociétés. L'intérêt, avec toutes ses tendances à l'ambition et au manque de cbaritè, prit souvent la place du zèle. Tels sont, d'après les annales que Thorn nous laisse de son propre monastère , les dangers auxquels ces sociétés furent particulièrement exposées, du moment où les richesses du monde commencèrent à abonder entre leurs mains. Il est à craindre, par exemple, que les sentiments avec lesquels les moines de Saint-Âugustin regardaient leurs frères de l'église du Christ , au temps de Tbom , ne fussent plutôt ceux qui animent, de nos jours, un de nos collèges luttant, dans l'Université, contre un établissement rival, que des sentiments dignes d'un membre du corps de Jésus-Christ dans ses rapports avec un de ses frères.

On doit toujours appréhender que les moindres sphères d'attachement ne deviennent les centres des affections mêmes qu'elles sont providentiellement destinées non à absorber, mais à produire. C'est là , autant que nous pouvons nous en former une idée, une tentation contre laquelle eurent à lutter les frères de Saint -Augustin. Nous avons déjà eu occasion de signaler les termes durs et amers dans lesquels Thorn parle de l'archevêque Lanfranc. Nous constaterons aussi avec douleur que le même chroniqueur semble.

en un certain passage, reproduire ayee une sorte de plaisir les bruits qui couraient alors contre les frères de Fëglise du Christ , comme si son propre monastère pouvait gagner au discrédit de Tautre institution. Tous les récits semblent cependant s'accorder à reconnaître au monastère de Tëglise du Christ un caractère très-ëleyë parmi les établissements religieux de TAngleterre. Pour aborder une autre question, disons qu il y ayait certainement quelque chose de peu convenable dans les fêtes somptueuses que ces corporations monastiques étaient dans Thabitude de donner aux grands hommes du temps, sous prétexte et par esprit d'hospitalité.

L'installation d'un archevêque était une des occasions les plus légitimes qui se présentassent de donner ces fêtes splendides, et cependant on ne peut s'empêcher de penser que saint Augustin et ses moines eussent été quelque peu ébahis devant la carte des repas où les abbés, ses successeurs, ne semblaient voir autre chose que l'application des préceptes de saint Paul sur l'hospitalité. On trouvera plusieurs de ces documents dansY Histoire de Cantorbéry de Somner ; ces pièces prouvent, sans contredit, que la manière dont on pratiquait l'hospitalité était magnifique; mais évidemment elle appartenait plutôt aux usages de ce monde qu'à la vie angélique du cloître.

Comment^ pour nû hoinmë ordinaire, passer dd tiS9 somptiiëui banquets k lin sim[)le repas d'oeufs et de poisson? Comment, la veille de ces fêtes ou lorsqu'elles étaient encore présentes à la mémoire, pouirsuivre ses méditations avec la libeiftê et le calme d'esprit nécessaires? Il est consolant, toutefois, après ayoit* constaté ces inft'aôtioils accidentelles et même rares à la simplidlé ordinaire de la vie monastique, d'étudier la vie ordinaire que menaient, dans le cloître, les pieux enfants de Saint-Benoit. Nous lisons, par exemple, (j[Ue it chaque mdiUe avait une cellule pai^ticUliëre ft son usage, un lieu de repos dû 21 pouvait prendre son sommeil et Se livrer librement à la priëré et aux exercises Spirituels, sans être en rien importuné pai* les autres frères de la maison. Leur couche se composait d'une natte, d'un dur coussin et d'une couverture de laine. Ils dormaient dans leurs habits religieux, setrès autour du corps par une ceinture, et se trouvaient ainsi toujours prêts à se rendre, pendant la nuit, aujt exercices religieux qui se font aux heures éanoniques. Dans le dortoir, on gardait un silence absolu; » et cependant, en dépit de ces excellents règlements, il n'est que trop certain, par l'histoire de leur dissolution, que l'esprit de Duostan, d'Anselme et de Becket s'était, vers le XrV siëclci éteint dans les monastères d' Angleterre.

Parmi les détails dëchii'aiit^ de ce monstrueux sacrilège^ rien n'est plus triste que de voir la fadlitê criminelle avec laquelle les corps monastiques se sont, presque sans exception, laissée ititimidet ou corrom[Hre, quand on leur a demande un héritage auprès duquel la irie et la liberté auraieht dû leur apparaître comme de la poussière. Ainsi, tous les religieux remplissant une charge dans le monastère de Saint-Augustin, depuis le përë abbé jusqu'au dernier d'entre eux, signèrent un document pdr lequel les fournitures de la maison, y compris tous les vases sacrés et les ornements de Tèglise, étaient livrés sans réserve'et sans condition aux mains du roi. Le lecteur qui désire de plus minutieux renseignements sur cette douloUrëtise trahison^ trouvera dans Dugddle deux inVentaif és$ dont Tun tenferme la liste de tous les ornemente et de tout ce qui composait le trésor de l'église^ et l'autre énumère les vêtements sacerdotaux. Ces précieux objets furent transférés dans le trésor du roi; là^ les vêtements furent décldré^ impropres à l'usage de Sa Majestè| mais il n^en fut pas ainsi, hélas ! des objets d'or et d'argenté^ rie. Les ostensoirs et les calices, d'où les plus sainte mystères avaient été^ depuis des siècles, offerts aux fidèles adorateurs ou distribués aux âmes saintes, furent arrachés des autels par des mains profanes, et servirent à encourager l'av^ice et peut^re

à favoriser de rëvoltants désordres. Âil nombre des objets précieux compris dans ces catalogues, se trouvaient des statues dorées de saint Augustin et de saint Ethelbert.

Le monastère de Saint- Augustin ne tarda pas à tomba* en ruines, et les terrains sur lesquels il s'élevait furent loués au plus haut enchérisseur. A une époque où il existait encore un profond respect pour les lieux saints et les choses sacrées , sous Charles P% la profanation de ces ruines et de ces souvenirs semble n'avoir pas attiré l'attention publique; on y songea bien moins dans les siècles suivants.

Le lecteur sait probablement ou peut facilement savoir à quel usage sont employés aujourd'hui les terrains et les constructions qui existent encore (la plupart sont, à ce que l'on croit, de date assez moderne) ; nous ne voulons pas constater un si triste état de choses. Heureusement que le jour semble approcher, où la voix de l'Angleterre catholique s'élèvera, non-seulement pour protéger de tout mauvais usage ces saintes murailles, mais pour demander qu'on leur rende la destination qu'elles avaient reçue lors de leur antique fondation ^ Arrêtons-nous, car il

^ Il faut croire que cet appel du révérend M. F. Oakeley aut sentimenls religieux de TAngleterre a été entendu, car nous

est temps de reprendre le cours de notre récit.

apprenoDs, au moment de livrer cette page à l'impression, que les mines da célèbre monastère de Gantorbéry vont recevoir Bne destination nouvelle et plus digne , si nous osons le dire. Au milieu de ces ruines qui ont abrité les apôtres envoyés en Angleterre sous la conduite de saint Augustin, se trouvent aujourd'hui des brasseries, des cabarets et autres établissements encore plus profanes. Un de nos amis nous écrit de Londres que le représentant de Gantorbéry au parlement, M. B. Hope, a acheté ce vaste local, dans le but de le mettre à la disposition des autorités ecclésiastiques, à condition qu^on y fonderait un séminaire anglican pour les missions étrangères. Des donations privées sont venues seconder l'offre de M. Hope , et déjà Ton a réuni plus d^uo million de francs pour la réalisation de ce projet. L^établissement sera placé sous le contrôle des archevêques d^Torck et de Gantorbéry et de Tévèque de Londres, qui auront le privilège de choisir les supérieurs et professeurs de la maison. L'archevêque de Gantorbéry a, dit^n, promis de lui donner un règlement.

Nous ne saurions dissimuler que ce projet de restauration attriste profondément notre Ame , quand nous songeons (quelque louable que soit la pensée de soustraire ces ruines à la profanation) que ces débris , pleins de souvenirs si catholiques., vont devenir le foyer d'une propagande hérétique, faite sous la direction d'une Eglise qui s'est révoltée contre les successeurs du Père spirituel de saint Augustin ,*et qui rejette aujourd'hui les doctrines que le glorieux fils de saint Grégoire mit tant de zèle à conserver pures.

Ce projet de restauration ne peut être qu'incomplet et im* parfait tant qu'on se bornera à relever des murs. Pour honorer dignement saint Augustin , il serait nécessaire que son successeur sur le siège d^ Gantorbéry se montrât fils aussi soumis de Grégoire XVI , qu'il le fut lui-même de Grégoire V. (Note du traducteur,)

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