I- le sujet de biographies distinctes. Nous nous bor
y nerons cependant ici à en esquisser les prinei-*
ï paux traits.
i> Saint Âlban fut converti à la foi chrétienne par
I, Âmphibale, ecclésiastique qu il avait retiré chez
^ Saint Gildas, de Eœcid. Brit., S 40.
loi pour le protéger contre ses persécuteurs. Les autorités, ayant été informées du lieu où Amphibaie était caché, firent faire des recherches dans la maison de saint Alban. C'est alors que cet hôte généreux, mettant son manteau militaire, con^ sentit à être arrêté, h la place du prêtre, par les officiers envoyés chez lui. Amené devant son juge, qui assistait à une fête idolâtre, saint Alban fut invité à prendre part au culte païen ; sur son refus, on lui fit subir le supplice du fouet, et il fut ensuite décapité. Selon saint Bëde^ deux miracles s'opérèrent au moment de sa mort. Le premier détermina la conversion d'un nommé Héraclius, qui devait remplir les fonctions d'exë* cuteur. Une autre personne s' étant présentée pouf faire la cruelle opération, elle fut instantanément frappée de cécilé , ses yeux étant tombés à terre en même temps que la tête de sa victime.
Plusieurs des spectateurs, suivant Harpsfield, embrassèrent la foi sur le lieu du supplice, à la vue de la constance du saint martyr et des miracles qui accompagnèrent ses souffrances. Ils se mirent à la suite de saint Amphibale, Fhôte et le père spirituel de saint Alban, allèrent dans le pays de Galles, où ils reçurent de ses mains le sacrement delà régénération. Peu après, et pendant la même persécution, saint Amphibale a souffert le martyre à Bedboume, non loin du lieu où saint
Alban avaîl ëlë exécuté. Saint Âaron et saint Jules furent martyrisés à Gaerleon*sur-le-Usk. U y eut en outre, à la même époque, selon saint Gildas et saint Bédé, plusieurs autres martyrs. Les chrétiens qui survécurent se réfugièrent dans des déserts et dans des grottes. La persécution continua pendant sept ans avec une fureur qui ne se ralentit pas. Plusieurs églises furent rasées,, tandis que d'autres étaient converties en temples païens. Au nombre des serviteurs de Dieu qui reçurent à cette époque la couronne des martyrs ou des confesseurs, étaient saint Etienne et saint Angule, successivement évèques de Londres.
La paix fut enfin rendue à l'Eglise sous Con-* stance, qui, conjointement avec Galère, assuma la pourpre romaine à l'abdication de Dioclétiea et de Maximien^ Constance, à qui l'administration de l'Angleterre avait été spécialement con-^ fiée^ durant le règne précédent, continua à la gouverner sous un autre titre et avec une autorité indépendante.
L'Église anglaise sentit bientôt les effets de sa clémence. Les chrétiens sortirent de leurs retraites^; on rebâtit les églises; des oratoires furent élevés en l'honneur des martyrs ; les fêtes furent
^ Gibbon, cb. 43.
t Saint Gildas, d$ E»eid, Brit^ S 48 ; et saint Bédé, Hiét Ecel.f li?. t, eh. 8.
rétablies avec les rites solennels du culte, et la Yoix de l'allégresse et du bonheur se fit de nouveau entendre dans le pays. Constance mourut à York, en l'an 306, quinze mois après avoir hérité de la puissance impériale.
L'Église anglaise fut certainement représentée au concile d'Arles en 314 % et quelques auteurs pensent qu'elle le fut aussi à celui de Nicée, onze années après, quoique cela paraisse fort douteux. Les évêques anglais qui prirent part au concile d'Arles furent Eboriùs, Restitutus et Adelphius. Le premier occupa le siège d'York, et le second celui de Londres. Le siège d' Adelphius est moins connu ; on a pensé que c'était Colehester, ou plutôt Maldon ; mais l'évêque Stillingfleet se prononce en faveur de Caerleon, tandis que d'autres savants écrivains inclinent, avec une grande apparence de raison, pour le siège de Lincoln.
Il fut décidé au concile d'Arles que la fête de Pâques serait observée le même jour dans toutes les parties de l'Église.
Ce canon était dirigé contre les quàrtodèci-
1 Cette opinion est aussi partagée parPhislorien catholique, le D*^ Lingard, qai nous dit dans son Histoire dP Angleterre .- « Bans Tun des plus anciens conciles d^Occident, celui d^Arles, en 31 4, nous trouvons les noms de trois évéques bretons : Eborius d'York, Restitutus de Londres et Adelphius de Kichboroagh. »
(Note du traducteur.)
mans répandus en Orient ^ Il y fut aussi arrêté qu'on dégraderait les ecclésiastiques qui, durant les persécutions, avaient livré aux païens des livres sacrés appartenant aux églises, ou des vases employés au saint sacrifice. On y passa d'autres canons relatifs seulement à la discipline, et les décrets furent envoyés à saint Sylvestre, pape régnant, pour être répandus dans toute TÉ-* glise \
Au désastreux concile de Rimini, tenu en 359, les évêques anglais furent traitreusément amenés à signer avec les autres prélats la confession hérétique. On rapporte, à cette occasion, que Tempereur arien Constance offrit aux prélats assemblés de leur donner le logement et Tentretien aux frais de FEmpire; mais aucun d'eux n'accepta cette offre suspecte, à l'exception des trois évêques anglais, qui, trop pauvres pour se suffire à eux-mêmes et trop indépendants pour se mettre à la charge des autres évêques, acceptèrent la proposition de * l'empereur, et furent en conséquence pourvus aux frais du budget impérial.
* La question relative à robservalion de la fête de PAqaes , qui fut soulevée plus tard en Angleterre, et dont il sera fait mention ailleurs, parait avoir été d'une moindre importance.
2 voici les paroles dont on se servit en s'adrcssant au pape : a Placuit etiam antequam a te , qui majores diœceses a tenes, per te potissimum omnibus insinuari. »