CHAPITRE m
De Van 4iyS à 559. — On ignore les événements du siècle (}ui s*écoule après la mort du roi Lucius. — La persécution religieuse commence sous les empereui-s Dioclétien et Maximien. — Premiers martyrs de TAngleterre. — Conversion de saint Alban. — 8a décapitation et les miracles qui s*opèrent pendant et après cet événement. — Martyre de saint Âmphibale, de saint Aaron , de saint Jules, et de deux évoques de Londres. — La paix est rendue h TËglise bretonne sous Constance. — Elle redevient florissante. • — L'Angleterre envoie trois de ses évéques au concile d'Arles, tenu en Si 4. — Elle est représentée au concile de Nicée et à celui de Rimini. — Pauvreté de l'Église bretonne et de ses prélats. — L'hérésie d'Ârius se répand en Angleterre*
Après la mort du roi Lucius, nous perdons, pendant près d'une centaine dVniii^es, It; cours de riiîsloire de f Eglise d'Anglclerrej pour le retrouver ensuite mi siècle de saint Alban et de ses compagnons; â parljr de (.TÏk* dernière époque, il fJcvieiii plus r^V T^^*r "^ ■ ' ' jjj^ra^^iaamn^-^ l'in-
non interrompue, quoiqu'on en perde les traces, de même aussi nous trouvons dans Thistoire de l'antique Eglise anglaise des passages, tels que le martyre de saint Alban, par exemple, qui constatent la présence d'une foi réelle, quoique latente, dans les siècles qui ont précédé cet événement. La vertu héroïque d'Alban, d'Âmphibale, d'Aaron , de Jules et de ce « grand nombre d'autres héros dont les âmes ont été arrachées aux horreurs de Fagonie, au milieu des tortures et des déchirements, pour partager les joies de la cité éternelle % v n'était pas un élan soudain d'enthousiasme, ni simplement une heureuse coïncidence, ou un phénomène isolé j mais ces événements avaient leur origine dans des causes qui prenaient plus loin leur source, et qui avaient de larges ramifications : ils jetaient à la fois un lustre sur la période qui les avait préparés et sur celle qui en était témoin.
Notre île paraît d'ailleurs avoir joui d'une tranquillité profonde, lors des premières persécutions qui désolèrent les autres églises dans l'empire romain. Ce n'est que sous le règne de Dioclétien et de son collègue Maximien qu'elle tomba sous le coup de la rage et de la perversité païenne. Le dernier et le plus barbare des massacres qui,
1 6aint Bède, liv. i, ch. 7.
'^^ pendant dix ans, inondèrent de;Sàa^a chrétienté,
'"' pénétra jûsqu^en Angleterre, où, selon l'exprès-
f sion dé Gildas, c Dieu, qui veut sauver tous les
D^ hommes et appelle les pécheurs aussi bien que
^ les justes , se plut à faire éclater sa miséricorde
nei parmi nous , et à raviver par sa bonté la plus
'^ brillante des lumières, en nous donnant de saints
nlJ' martyrs. Si les lieux de leur supplice et de leur
^ sépulture n'avaient été ravis aux souvenirs de nos
t i concitoyens, à cause des péchés de la nation, par
i la lugubre incursion des barbares, ces lieux con-
'(» tribueraient puissamment à inspirer Tardeur de
é Tamour divin dans les âmes. Je parle des martyres
^ de saint Alban, de Verulam, d'Âaron et Jules de
fi la ville des Légions (Gaerleon-sur-le-Usk), et des
ia autres héros de Fun et l'autre sexe, qui, dans di-
iB verses localités, ont tenu pied, dans la bataille
$0 du Christ, avec une magnanimité surhumaine ^ » L'héroïsme chrétien de ces bienheureux servi-
$ teurs et soldats de Jésus-Christ, et spécialement
é- de notre glorieux saint Âlban , pourrait fournir