Duboulay, Hist. Univ., t. VI, p
n'hésita pas à investir de son mandat un professeur même de Sainte-Barbe, maître Simon Snesson. A Saint-Julien le Pauvre les choses allèrent comme sur des roulettes : le conclave fut de courte durée; la formule de proclamation déclara nommé « à l'unanimité et par l'inspiration du Saint-Esprit , scientifique personne et gentilhomme accompli , maître Jacques de Gouvéa , très - vigilant principal de la maison de Sainte-Barbe *. »
On avait raison de vanter la vigilance du nouvel élu. Il en donna la preuve dès les premières assemblées qu'il présida , en venant dénoncer plusieurs atteintes portées à la considération ou aux intérêts de l'Université. 11 s'éleva aussi contre beaucoup d'usages incompatibles avec la discipline des collèges telle qu'il la comprenait , et fit rendre autant de décrets pour porter remède à tout cela. Entre autres choses, il obtint l'abolition des farces qui se jouaient pour la fête des rois ^
Trois mois d'exercice étaient trop peu pour un réformateur comme lui. Il avait dans la tète tout un plan de réorganisation à l'avantage des études et du bon ordre. 11 voulait que, par une rupture complète avec les traditions du passé, on supprimât tous les divertissements, tous les jeux, tous les exercices scolaires susceptibles de devenir une occasion de tumulte ou de scandale ; il voulait encore que le cours de philosophie fût réduit à deux ans , que les martinets payassent un droit au collège qu'ils fréquentaient, que
\ . Archives de l'L'niversité, registre 19, fol, 29. 2. Diiboulay, Hlst. Univ., t. VI, p. 330 sq.
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les actes fussent taxés de telle sorte que toute exaction cessât à l'égard des aspirants aux grades. Prévoyant la peine qu'auraient les principaux à faire triompher ces innovations, et la mollesse avec laquelle ils seraient soutenus dans cette tâche par le tribunal académique, son dessein était de provoquer l'intervention du parlement, et de faire rendre un arrêt, auquel on ne contreviendrait pas sans s'exposer aux poursuites de la cour.
11 n'eut le loisir de présenter ce projet à aucune des assemblées qui eurent lieu ta'ndis qu'il fut en charge ; mais il le développa devant son conseil la dernière fois qu'il le réunit à Sainte-Barbe \ On l'écoula froidement, parce qu'on vit une atteinte à l'indépendance du corps dans l'autorité dont il prétendait investir le parlement. Sans lui faire d'objection sur le fond des choses, on en subordonna la prise en considération à une foule de démarches préliminaires, qui n'étaient qu'une façon de reculer aussi loin que possible l'accomplissement. Gouvéa comprit qu'il en demandait trop à la fois; il rabattit son ambition à exécuter dans l'intérieur de sQn collège une partie de ce qu'il avait en pensée, sauf à renouveler publiquement ses instances sur des points séparés, toutes les fois qu'il verrait l'occasion favorable.
Il commença par diriger ses efforts contre les représentations scéniques et les promenades en armes, deux choses qui faisaient alors le supplice des principaux, amis du bon ordre.
Si l'on réfléchit que le théâtre français, répudiant