‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 122 sur 147 · Archives de l'Université, reg. 49, fol · texte numérisé non relu

Archives de l'Université, reg. 49, fol

2, C'est l'ordre respectif dans lequel Robert Goullet la place, comme pédagogie, Compeiulium de maltiplici parisicnsis Univcrsitalis nuigiiificcnlia.

Aussi bien l'époque à laquelle nous sommes arrivés est celle où les études commencèrent à être troublées profondément par la sinistre préoccupation du dogme. Des écoliers figurèrent parmi les victimes que dévoraient journellement les bûchers de la Grève', de sorte que les familles riches y regardèrent à deux fois avant d'exposer leurs enfants à cet épouvantable sort. On nu vit plus guère dans les collèges l'encombrement deportionistes qui presque partout avait forcé de sus^pendre des hamacs au-dessus des lits dans les dortoirs -. Il y eut moins de ces élèves qui aidaient les principaux à supporter les charges de leurs établissements ; mais il y eut tout autant, sinon plus, de ceux qui, pour tout profit, apportaient le désordre là où leur fantaisie leur disait de se rendre '.

A la rentrée de 1 541 , une nuée d'Espagnols s'abattit sur Sainte-Bai be\ Ils venaient, à l'exemple de leur compatriote Ignace de Loyola, réparer sur le tard une instruction dont les commencements avaient été tout à fait manques. Ayant déjà fait une partie de leur philosophie à Salamanque, sous le montacutien Gaspard Lax , ils furent obligés la plupart de suivre les exercices de la troisième, en même temps qu'ils retournaient aux premiers éléments de la logique. Ils

1. Lettre de Knobeldorf à Georges Cassandei-, principal du collège de Bruges, dans le recueil d'Heinsius, intitulé : Illustrium et clarorum viroriim epistolai selectiores, centur. I, p. 37.

2. Jo. Matth. Magnus ,,De prxsenti Parisiensis Acadcmiee rerurn statu oratio. 1588.

3. Lettre de Jacques Dryander à Georges Cassander, dans le recueil d'Heinsius, cent. I, p. 60.

4. Le récit qui suit est tiré du legistre 20 (fol. 65) des Archives de l'Université.

se mirent d'abord à la pension de Jacques de Gouvéa, puis, au bout de quelques mois, s'en allèrent demeurer en ville, les uns sous prétexte de pauvreté, les autres parce qu'ils prétendaient le collège insalubre, pour quelques maladies qu'il y eut au printemps. En réalité ils préférèrent la liberté de l'élève martinet à une contrainte que c'était déjà trop pour eux de subir pendant le temps des leçons. Sur une classe de soixante élèves, Gouvéa se trouva n'avoir plus que quatre pensionnaires et un camériste.

Le bon principal n'eut pas besoin de calculer longuement pour reconnaître qu'à ce compte il se ruinait. La classe fut fermée.

Lamentations de MM. les Espagnols, lorsque, venant à l'otdinaire pour prendre leur leçon, ils trouvèrent porte close, lis se rendirent auprès du recteur avec leur régent, qui ne perdait pas moins qu'eux à recevoir son congé dans cette forme. Jacques de Gouvéa fut appelé pour donner des explications. Il dit que l'état financier de son collège ne lui permettait pas d'appointer un professeur pour cinq élèves qui lui payaient pension , et il démontra que les statuts académiques l'autorisaient à agir comme il avait fait.

Cependant le piofesseur évincé était un certain Firmin de Dure, bomme de talent, car Nicolas de Groucby l'employa plus tard pour reviser ses traductions d'Aristote ^ ; il était surtout considéré à cause de la grande réputation qu'avait laissée dans l'Université son parent Robert de Dure, dit le Fortuné, autrefois

1 . Aristotelis Organum Jnachimo Perionio^ Nicolao Gruclno, Firniino Diirio intcrpietibus. 1363.

principal du Plessis '. Par égard pour lui , le recteur exigea que ceux des plaignants qui jouissaient de quelque aisance reprissent domicile au collège, et par ce moyen le cours fut continué.

Il fut continué jusqu'à la fin de l'année scolaire, mais il est douteux qu'il ait été recommencé Tannée suivante. La promotion qui donna lieu à l'incident qu'on vient de lire nous paraît avoir été la dernière qui profila du dédoublement des classes de philosophie, conservé à Sainte-Barbe depuis le commencement du seizième siècle. Si les preuves manquent pour l'affirmer d'une manière péremptoire, elles abondent pour établir que depuis lors l'enseignement philosophique cessa de briller dans notre collège. 11 semble que c'est sur lui qu'aient porté toutes les mesures d'économie d'une direction qui se voyait dans l'impossibilité de maintenir les choses sur l'ancien pied. On réserva toutes les ressources pour les études littéraires, objet de la préférence du public en ce tempslà. On eut des professeurs chargés de l'interprétation d'Aristole, parce qu'il en fallait pour préparer les élèves aux examens ; mais loin de chercher à perpétuer par eux la renommée traditionnelle de la maison, on les choisit parmi ceux qui n'avaient point encore fait leurs preuves; bien plus, on parut prendre à lâche de les traiter de telle sorte qu'ils ne conçussent ni de leur profession ni d'eux-mêmes une idée par trop avantageuse.

En cela l'Université trouva que notre principal allait plus loin que la permission. Elle lui donna tort dans

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