‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 140 sur 147 · Ms. I?i41, suppl. de la Biblioth. imp · texte numérisé non relu

Ms. I?i41, suppl. de la Biblioth. imp

4. Acte de fondation dans Félibien, Histoire de la ville de Pails, t. III, p. 6o2. L'original sur parchemin est aux Archives de l'Empire, Al. 190. "

à l'une des sources les plus fructueuses de son revenu, il lui abandonna une rente sur l'Hôtel de \ille et la propriété de deux immeubles, à savoir une maison sise à Vilry-sur-Seine, avec dépendances en terres et en vignes, et l'ancien collège de Toul, converti alors en bâtiments de location. On l'appelait l'hôtel du Chaudron : sa façade occupait tout un côté de la rue d'Ecosse, à gauche en montant. H se retournait de flanc sur la rue du Four, et allait rejoindre le collège de Karambert , collège sans exercice, sur lequel les historiens ne donnent aucun renseignement. Nous pouvons dire qu'il y mourut, en 1554, un écolier dont les vers ont été jugés dignes de l'impression *; et que ces vers, adressés la plupart à Dorât et à Baif, semblent établir que les boursiers de Karambert suivaient les classes de Coqueret. Quant à Thôlel du Chaudron , il fut attristé aussi par une mort qui coïncida de la manière la plus douloureuse avec l'œuvre de la fondation. Nicolas Dugast , autre neveu de Robert Dugast, et principal du collège de Lisieux , ayant été forcé de renoncer à ses fonctions par le mauvais état de sa santé, était venu demeurer dans ' cette maison. Il y expira au mois de décembre 1556 entre les bras de Ramus, son ami'. Ce fut un deuil pour la jeunesse, qui l'aimait, et pour les savants, qui fondaient sur lui les plus belles espérances. Robert

1 . X. Francjsci Diicatii, Trecxi , prxludiorum libri 111. In-S", Paris, 1554.

2. Duboulay, Hist. Univ., t. VI, p. 377; Actes tirez des Archives de l'Université de Paris, pour justifier la juridiction exercée par ses députez, p. 10; Obituaire de Saint-Hilaire, aux Archives de l'Empire, L. 948, fol. o6.

Dugast se serait épargné bien des peines, s'il s'était servi de ce jeune homme pour l'usage auquel il employa Robert Certain, par une préférence si peu justifiée. Il faut déplorer que les destinées de la nouvelle Sainte-Barbe n'aient pas pu être remises en de si dignes mains.

L'Université trouva néanmoins que les choses étaient bien faites, et elle en exprima sa reconnaissance à Robert Dugast. Si une clause de l'acte, qui attribuait au bien-aimé neveu le principalat du collège, causa du déplaisir à plus d'une personne, du moins les protestations élevées huit ans auparavant avec le succès qu'on sait ne se renouvelèrent pas. Sans aucun doute Certain s'était mis en règle, et avait fini par se tirer de l'examen devant le chancelier de Notre-Dame. S'il n'était pas devenu un grand clerc, il avait pour le moins acquis cette habitude qui empêche l'ignorance de se trahir. D'ailleurs il s'était fait ordonner prêtre ; il venait ou était sur le point de recevoir, par résignation de son oncle , la cure de Saint-Hilaire ^ : tout cela commençait à faire de lui un personnage de considération.

Avant que la fondation ressortît son effet, il y eut à remplir des formalités qui demandèrent plusieurs mois. 11 fallut faire agréer par le parlement un droit de contrôle dont il avait été investi relativement à la nomination des futurs principaux ^ ; il failut encore obtenir du roi les lettres d'amortissement, nécessaires

1 . Il est nommé avec ce titre dans le testament de Nicolas Dugast, 13 décembre 1SS6.

2, Arrêt du 9 décembre 1S56. dans Félibien,t. IV, p. 770.

toutes les fois que l'on voulait convertir du bien en propriété perpétuelle pour des établissements de mainmorte, Robert Dugast était du nombre des gens de lettres que protégeait le cardinal de Lorraine. Ce grand personnage, tout-puissant auprès de Henri II, fît accorder gratis l'amortissement de Sainte-Barbe, à condition que la mémoire du roi serait conservée dans les prières du collège ^ Cette obligation est ainsi exprimée dans les considérants de l'ordonnance royale, rendue en février 1 557 : « Nous, inclinans à la dévotion et prière dudit suppliant, et aussi afin que soyons participans aux prières et bienffaits qui se feront audit collège, avons amorty et amortissons, etc. »

Tout étant terminé au printemps de l'année 1 557, il ne restait plus qu'à préparer la cérémonie d'inauguration du nouveau régime, lorsque, par suite d'événements imprévus, il devint nécessaire de différer encore.

Pendant le rectorat d' Audouart, un projet bien sage futdisouté dans sa chambre à Sainte-Barbe. Pour mettre un terme aux altercations sans cesse renaissantes qu'on avait avec les religieux de Saint-Germain à cause du Pré-aux-Clercs, quelqu'un proposa d'en vendre les parties les plus rapprochées de l'abbaye à des spéculateurs, qui les demandaient pour bâtir dessus ^ La chose échoua par la coalition des universitaires pur sang avec les théologiens, et voici ce qu'il en résulta sans beaucoup attendre.

1. Archives de l'Empire, X. 8610, fol. 24. L'intervention du cardinal de Lorraine est attestée par le vieil inventaire des titres de Sainte-Barbe, ibid. S. 63ol bis.

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