Chronique scandaleuse, ad ann
sa mort celui dont la compagnie lui avait été si agréable en son vivante
Martin Lemaistre fut réellement le dernier astre de la pléiade scolastique. Ses disciples ne sont pas les seuls qui aient proclamé son mérite : il reçut les suffrages même des classiques, dont l'influence commença' à se faire sentir de son temps. Lorsque le savant Tritbème composait son répertoire des philosophes et théologiens de renom, Robert Gaguin, malgré son dédain pour les arrangeurs de syllogismes, lui écrivit pour lui recommander de ne pas omettre Martin Lemaistre ^ Si Trithème ne tint pas compte de cet avertissement, il faut l'attribuer à une brouillerie qui ne tarda pas de survenir entre Gaguin et lui. Son silence n'empêcha pas le chef des nominalistes parisiens d'être tenu en grande estime dans toutes les universités de France, d'Espagne et d'Ecosse. Mais la forme philosophique du moyen âge ne lui survécut pas assez pour que sa renommée ait pu être consacrée par le temps. Du moment que le genre de discussion dans lequel il avait montré son talent fut banni des écoles, on cessa de le lire et de parler de lui.
Comme instituteur de la jeunesse, il est de ceux qui ont fait marcher de pair les mœurs avec l'instruction, de ceux aussi qui ont gravé dans le cœur de leurs élèves l'affection et la reconnaissance. Entre plusieurs témoignages qui prouvent cela, il convient de rapporter ici quelques vers peu connus d'Octavien de
1. David Cranston, Qaxstiones additee in libruni de FortitiuUne,