Duboulay, Hist. Univ., t. V, p
î)â HISTOIRE
Saint-Gelais'. Ce pQëte évoque, dans une apparition renouvelée de la Dwine comédie^ toutes les personnes qui lui avaient été chères en ce monde. Martin Lemaistre est du nombre :
En ce point que d'eulx je faisoie deuil, Je regardai sur le costé senestre, Si apperceu clerement et à l'œil Mon feu patron et très-honoré maistre.
Las! bien le sceu aiséement oongnolstre, Et bien dis lors que c'estoit, à le veoir, Maistre Martin Maglstri pour tout voir, Interpréteur de la saincte pagine, Aigle d'honneur, philosophe très-digne.
Couronne avoit radieuse en son chief, Que Science luy avoit préparée.
Ha ! que moult fut mon mal pesant et grief. De veoir mon maistre et personne honorée Hors du siècle, sans y avoir durée Plus longuement, qui eust pu prouffiter A maintz suppostz, et eulx habiUter Sous sa discrette et très-saincte doctrine, Ainsi qu'enFans sont nourriz de tétine !
A Paris fut jadis mon directeur,
A Saincte-Barbe, en son noble collège.
Du peu que scay, il en est fondateur";
La vérité en peut bien estre piège.
Et pour conclure, et que mon dire abrège,
Régent fut-il de mes frères et moy.
Puis son sçavoir le logea chez le roy.
Où il, vivant en honneur transitoire,
Fault, convaincu par mortelle victoire.
\ . Extraits du Séjour d'honneur, et cités par Goujet , Bibliothèque françoise , t. X, p. 229.