a Litterarum sidtores cupitoresque , » Gui de Fontenay
Regnauld, Jacques, Charles, Merlin et Alexandre. Jacques mourut évêque d'Uzès; Charles, son jumeau, prit le brevet de protonotaire apostolique; Merlin fut premier maître d'hôtel de François I" et très-agréable à l'Université, qu'il eut plusieurs fois l'occasion de servir. Achille, Regnauld et Alexandre passèrent leur vie aux armées ou dans leurs terres, loin de la capitale.
Dans le même temps que les Saint-Gelais, étudièrent les fils de Jean Lemaistre, Antoine, qui fut conseiller au parlement de Paris, et Geoffroi, prévôt de Mont- Ihéry. De ce dernier est issue la famille parlementaire des Lemaistre, par cinq fils qui durent entrer à Sainte-Barbe lorsque leiu- grand-père en avait la propriété. T.e plus connu est Gilles Lemaistre, qui défendit longtemps comme avocat les intérêts de l'Université. 11 finit par être premier président au parlement , et dans ce poste élevé se signala par ses rigueurs contre le protestantisme'.
Un disciple dévoué de Martin Lemaistre, dont le nom n'a pas eu de retentissement hors des écoles, est Gilis Delf ou yEgidius Delpfius. 11 se fit théologien en Sorbonne, après avoir régenté dans les arts, et publia de nombreux ouvrage. Presque tous ses écrits ont trait à la philosophie morale. Il contribua à vulgariser la traduction latine des Éthiques donnée à Rome par le Byzantin Argyro^oulo^ Les Questions de Buridan sur les livres à Nicomaque furent égale-
Epithalamium Margaritm, épître dédicatoire à Jean et Charles de Saint-Gelais.
\. Cabinet des titres, dossier Lemaistre.
2. Édition réimprimée à Lyon, en loiT, par Jacques Maréchal, avec un commentaire de Gilbert Ci'ab.
ment imprimées par les soins de Delf. Enfin c'est à lui que nous devons le traité de 3Iarlin Lemaistre sur la tempérance. Il en rassembla les feuillets épars avec un soin pieux, s'excusant comme d'une chose hardie d'avoir complété le dernier raisonnement, que l'auteur avait laissé interrompu \ Son édition est terminée par un quatrain où se peignent sa vive admiration et sa reconnaissance pour celui de qui il tenait sa doctrine :
Ut morum sapias pulcherrima sensa bonorum,
Perlege Martini scripta probata mei.
Quid sanctis placeat, Cicero quod senserit auctor,
Quidquid Aristoteles, hic didicisse queas.
Ce sont là des vers latins comme on les faisait en 1490; et lorsqu'à cette facture on joignait l'avantage de s'appeler Delphus, on s'entendait traiter tout uniment d'Apollon. Gilis Delf reçut ce compliment de Valeran de Vaurains^.
Etienne Bonet était déjà principal de notre collège lorsque l'Écossais John Mair ou Johannes Major ^ natif d'Hadington, vint y perfectionner son instruction, qu'il avait commencée à Glasgow. Il fit son cours de philosophie sous Jean Boudlache, lequel quitta Sainte- Barbe peu de temps après pour aller prendre la direction des grammairiens de Wavarre*. Il est à noter que ce Bouillache fut curé de Saint-Jacques la Boucherie, quoique
\ . Édition réimprimée à Paris, chez Poncet Lépreux. 1513.