‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 49 sur 147 · Dédicaces de ses divers ouvrages · texte numérisé non relu

Dédicaces de ses divers ouvrages

'à. Prologue du livre intitulé: Clarissimi resolutissimiijue ac proinde dnctissimi dnctoris pari.siensis Jotinnis a Celaya, Valentini, scripta quam brevissima pariter et absolutissima , adde etiam et omnium quae hactenus scripta sunt facile clarissiiua, in quartum volunicn sententiarum , etc. Valence, Juan Joffre, 1528.

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kham, Duns Scot et saint Thomas', et pour cela il afficha la prétention d'un chef d'école.

Quant à sa méthode, elle était celle de la secte confie laquelle Vives a épuisé le sarcasme dans son traité In pseudodialecticos. Lui-même a fourni plus d'un trait à cette curieuse satire, qu'il faut avoir lue pour imaginer à quel degré d'aberration peut conduire le raisonnement lorsqu'il creuse sans fin la matière de la pensée. Les choses n'étaient plus les choses, et les termes pour les exprimer devenaient, par les limites dans lesquelles on renfermait leur acception , d'un usage presque impossible. 11 n'était plus permis de dire qu'une source commençait à couler deux ou trois heures après qu'elle avait été mise à découvert, ni qu'un arbre finissait de fleurir au moment où il avait perdu la plus grande partie de ses fleurs. Une phrase comme celle-ci homlnis qidlibet asinus n'avait pas le même sens que si quilïbet asinus était placé avant hominis. La ^vo\yo?\i\o\\astrum i^idens estomnis homo était fausse, tandis que la proposition oninis homo videt astruméisàt vraie. Que dire de ces théorèmes algébriques qu'on proposait aux élèves pour servir de ma-

i . Trinas

Arguta, mîruixi est, continet arte vias. Pervius huic Ockham, subtilis secta, Thoinistas Insequitur studio : sic via trina patet.

Vers d'Adrien Gaultier, moine de Marmoutiers, à la tin du livre intitulé : Expositio M. Joh. de Celaya^ Falentini^ in librum Predicabilium Porphirii,- cuin qiiestionibus ejusdem secundum triplicem viam beati Tliomœ , realium et nnminalium ; et à la fin : Edita duni regeret Parisius in famatissinw collegio dive Barbare^ pro cursu secundo. Paris, Henion Lefèvre, tS16.

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tière à leurs disputes : Desinit angélus non A quoclUbet A et B angehis non esse; ou : Tantuni ciijuslibct Jwminis prseter sorteni,, quilihet non asinus C et alterum C ipsiusmet honiinis nigriini contingenter incipit esse. Était-ce là du goth on du vandale? comme s'écrie Louis Vives. Mais la jeunesse s'imprégnait facilement de ce jargon, et à la grande satisfaction des principaux, elle arrivait aux examens avec une science qui était toute dans la mémoire, et pleine de ressources pour ne jamais rester court.

Jean de Celaya resta sept ans à Sainte-Barbe, le temps nécessaire pour professer deux cours complets de philosophie. On ne saurait contester son immense succès. K la fin de chaque année il trouva des éditeui^s pour imprimer ses leçons, et se fit donner des privilèges pour protéger ses droits d'auteur, qui, bien loin d'avoir la perpétuité que quel(|ues-uns réclament aujourd'hui, ne duraient alors que deux ans^ Ses leçons furent répétées dans la première division du collège (Celaya était attaché à la seconde), répétées encore à Beauvais, à Coqueret, à Lisieux, suivies par

\. Il y a un privilège de cette sorte, décerné par le prévôt de Paris, en tête de l'exposition de Porphyre indiquée ci-dessus. Cbevillier (De l'origine de l'impriraerie de Paris, p. 395), en cite un tout pareil , qui accompagne les Insoluhilia , autre traité de Celaya (1517), que nous n'avons pas pu trouver ; naais deux autres ouvrages de cette même année 4 51 7 nous ont passé sous les yeux : 1° Expositio M. Jo. de Celaya^ Valentini, in octo libros phlsicorum Aristotelis, cam questionibus ejusdem secundum triplicem viam beati Tliomse , realiiun et nominalhun , publié dum regeret in famatissimo dive Barbare gymnasio, pro citrsu secundo. Paris, Hemon Lefèvre; 2° Expositio M. Joh. de Celaya^ Valentini , in quattuor librns de c<vlo et mandn Aristntelis , ciim questionibus ejus-

les novices de Marmoutiers, qui désertèrent, pour les entendre, les cours du Plessis, où ils se rendaient d'habitude.

Nous connaissons les professeurs qui furent ses doublures à Sainte-Barbe. Il semble les avoir choisis lui-même, en ayant soin qu'ils fussent dignes par leur naissance de marcher à côté d'un hidalgo comme lui. L'un était un gentilhomme portugais sur qui nous aurons Toccasion de revenir, l'autre un gentilhomme autunois du nom de Jean Quintin. Ce dernier publia en 1 5!iO une seconde édition du commentaire que le maître avait attaché au traité des Prédicaments'. Comme il se permit de donner plus d'étendue aux solutions des nominalistes, il compara son action à celle d'un désœuvré qui conduirait un filet d'eau à la mer afin de la grossir, et ce détour n'est pas le seul dont il ait usé pour qu'on lui pardonnât sa témérité. Toutefois les compliments qu'il adresse à Celaya peuvent passer pour sobres relativement à ceux qui décorent les éditions données par Celaya lui-même. Un trait caractéristique de cette petite école est d'avoir

dein^ dédié à Mathurin Morel. Paris, Hemon Lefèvre; rcimprimé l'année suivante, 1518, sans changements. Il y a en outre pour I5d8, une Expositio M. Jn. de Celaya^ in libros Aristotelis de generatione et corruptinnc ^ et les Magna exponihilia M. Jo. de Celaya , cum parvis ejusdeni , niiperrime impressa atrpie ab eodem sue integritati restituta.

\ . Expositic M. Joannis de Celaya^ Valentini , in lihrum predicamentorum Aristotelis cum ques'tionibus ejusdem secundum viam triplicem , etc., novissime accuratiori lima revisa., cum nonnullis odditionihus pro lucidiori intelligentia vie nominalium Joannis Quintini Hedui , ejus discipuli ; et à la fin : Dum regeret Parisius in famatissimn cnllegin dive £arhare,Varh, Prégent Calvarin, 1 520.

poussé la louange même au delà de l'hyperbole. Le philosophe valencien parlait de son génie avec tant de conviction, il se donnait pour l'auteur de tant de découvertes, que ses auditeurs tombaient dans l'extase, plaignaient les générations auxquelles il avait manqué, et se demandaient sérieusement ce que deviendrait la science lorsqu'elle aurait cessé de s'exprimer par l'organe d'un si grand homme'. Ils forgèrent sur son ïiom V a.(}']ec['i? célaïque, pour désigner sa doctrine*.

Bien des gens cependant tournaient en risée et ce naïf enthousiasme et le personnage dont l'outrecuidance l'avait excité. Un professeur allemand, nommé Gervais Waim, prit la chose au sérieux et se fâcha. H traita Celaya de charlatan, d'ergoteur qui n'était bon qu'à proposer des logogriphes, et pour le lui prouver, il le réfuta d'un bout à l'autre sur l'interprétation des Seconds analytiques \ Celaya répondit à Waim qu'il était un envieux, un âne, une brute, et qu'il ne fallait pas moins que sa prodigieuse ignorance pour avoir attaqué ce qui était au-dessus de toute critique*.

i . Épîlre de Jean Ribeyro à maître Gontier, Parisien , son ancien condisciple, après Vexplicit du commentaire de Celaya suites Summulx de Pierre d'Espagne.

2. Epître de Ribeyro, à la fin du commentaire des Physica; Vers de Gautier, moine de Marmoutiers , et de Jean Riclier, Sénonais, à la suite du commentaire sur les Exponibilia.

3. Tractât us noticiarum Gervasii JVaiin, Suevi ; ejusdem questiones in libros posteriorum resolutionum Philosophi. Paris, Coni-ad Resch, d519. .

4. Avis au lecteur, en tète du commentaire intitulé : Expositio M. Joannis de Celaya , Valentini ^ in libros posteriorum Aristntelis^ cum questionibus ejusdem secundum varias doctorum sententias , Thomx^ Scoti ^ Okam, Gregorii de Ariminio et alinrum dnctorum nominalium , per eundem nuperrime revisa et aucta ; et à la fin :

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La querelle se prolongea sur ce ton, enveninnée à mesure par les injures qu'y mêlèrent les élèves de l'un et de l'antre. H n'y a pas d'apparence qu'elle ait eu du retentissement dansl'Cniversité, trop occupée alors par les questions que firent naître le Concordat et la publication des doctrines de Luther. La Sorbonne afTecta de tenir la balance égale entre les deux antagonistes, en les mettant l'un après l'autre à sa tête dans l'année où ils reçurent la licence en théologie ^

Celaya alla jusqu'au doctorat. Après qu'il eut marqué la dernière année de son séjour à Paris par la publication d'un commentaire sur les Éthiques^, il retourna à Valence en 1 524, emportant l'opinion qu'il avait régénéré pour des siècles cette philosophie scolastique qui allait périr misérablement entre les mains de ses disciples.

Pour achever de le peindre, nous dirons une chose qu'il fit à Valence, et qui lui assure sa place dans les annales du vandalisme. Voyant se propager le goût des antiquités, et mortifié peut-être de ce que les savants s'adonnaient à la lecture des anciennes inscriptions plutôt qu'à celle de ses livres, il représenta

Edita du m rcgeret Parisins, in famatissimo collegio dive Barbare, pro cursti secundo, anno Domini MT>X.\I. Paris, Hémon Lefèvre.

i . Pvegistre des licences en Sorbonne (Ms. de la Bibliothèque impériale, fonds Sorbonne, n° 1277), à l'an 1322.

2. Aurea expnsilin clarissimi artium et théologie professoris magistri Johannis de Celaya , Falentini , doctoris parisiensis , in decem libros Ethicoruni Aristotelis, Argyropilo Bysantio traductore, cum fjuestionibus atque dubiis varias diffîcultates morales et théologiens enodantibus . Paris, Emon Lefèvre et Pierre Viart , avec privilège en date du 2 avril 1522 (v. st.).

comme une abomination que des chrétiens passassent leur temps à déchiffrer les monuments de l'idolâtrie. Il eut le triste avantage de persuader les autorités de Valence, de sorte que dans cette ville, où abondaient les ruines de l'époque romaine, toutes les pierres portant trace d'écriture furent recueillies pour étie employées à la fondation d'un pont que l'on avait décidé de construire ' .

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