‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 48 sur 147 · Pétri Hispani siiminulx logicales · texte numérisé non relu

Pétri Hispani siiminulx logicales

k. ïliurot, De l'organisation de l'enseijj'nement, etc., p. 94.

DE SAIM'E- BARBE. Ho

François l" venait de succéder à Louis XII. Noire collège, toujours eu veine de piospérité, voyait ses classes de pliilosoplile suffire à peine, ({uoiqu'elles eussent été doublées, au nombre de ceux qui aspiraient à les suivre. Cependant une concurrence redoutable lui élait faite par deux maisons voisines, Coqueret et IMontaigu, qui partageaient avec lui la clientèle espagnole. Dans l'une et dans l'autre les subtilités de Jean Major étaient enseignées et faisaient merveille. C'était peu que l'admiration causée par la doctrine : il s'y joignait une circonstance propre à toucber au cœur les auditeurs venus de l'autre côté des Pyrénées. Le professeur de Montaigu était un Âragonais, celui de Coqueret un Valencien. La direction de Sainte-Barbe craignit que ces hommes en renom ne finissent par attirer à leur cours la totalité de leurs compatriotes : elle ne se donna plus de repos qu'elle n'eût fait la conquête de l'un d'eux ^ et elle gagna le philosophe valencien , qui inaugura son enseignement dans le vieil hôtel de Chalon à la rentrée de1515\

Ce professeur s'appelait Jean de Celaya. Fils d'un chevalier qui avait servi sous la reine Isabelle au fameux siège de Grenade, jamais il n'omit une occasion de vanter devant ses élèves sa noble origine,

i. « Explicit pi'imi traclatus summularuiu M. Pétri flispani exposilio a magistro Johanne de Celaya, Hyspano de regno Valentie, édita dum regeret in famatissimo collegio de Coqueret pro primo cursu, et ab eodem enucleatà in dive Barbare eniporio pro cursu secundo, etc. » à la fin du livre intitulé : Pétri Hispani sumnmlœ logicalcs, cuni expositionibus Johannis de Celaya, Paris, J. Dupré,

ne, HISTOIRE

les exploits de son père , l'illustration de ses protecteurs', parmi lesquels il comptait les Mendoza, les Centelle de Oliva, les Moncade, le prince don Juan d'Aragon ^ Peu d'honuiies ont eu d'eux-mêmes et de leurs travaux une opinion plus avantageuse. L'épilliète de resohuissimus , qu'il se fit donner, est vraie dans toute sa force, si on l'applique à l'imperturbable confiance qu'il avait en son mérite.

Voici ce qu'il a osé écrire dans l'une de ses préfaces : « Je sais bien que , si mes livres sont l'objet de la faveur universelle , c'est parce qu'ils sont clairs et faciles, parce qu'ils brillent à la fois par la doctrine et par la sincérité. On les explique dans tous les collèges ; ils ont mérité de devenir , par la méthode qui y règne , la base de l'enseignement ^ »

Il avait en effet une facilité rare. Pour clair* et méthodique, il peut avoir paru tel à des esprits aiguisés sur la meule où le sien avait reçu le fil ; mais sa doctrine n'est que de l'érudition accumulée avec l'art de trouver dans les textes même ce qui n'y est pas. En renchérissant sur le procédé de Jean Major, il composa une mixtion dans laquelle entraient à dose égale Oc-

\ . Adriani Galteri, Majoris nionasterii monachi, super sut preceptoris de logica^ M. Joli, de Celaya, origine et morum probitate^ à la suite de rédidon des Posteriora de 1521.

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