‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 52 sur 147 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Les Gouvéa neveux. — Autres professeurs et élèves portugais à Sainte-Barbe.

Quatre neveux de Jacques de Gouvéa l'Ancien, fils d'une sœur de celui-ci et d'un gentilhomme castillan de la maison d'Ayala , portèrent le nom de leur mère,

Belliago à Coimbre, cité par Diogo Barbosa, Bibliothera lusitana, t. I, p. 636.

pour la plus grande gloire de la famille. C'est de ceuxlà qu'il faut parler d'abord.

Martial de Gouvéa, l'aîné des quatre, fut un professeur d'humanités de premier ordre. Il enseigna la rhétorique à Poitiers et à Coimbre' ; mais aupaiavant il avait fait un long séjour à Sainte-Barbe. C'est là qu'il débuta après son inceptic ; il y fut attaché d'abord aux classes de grammaire , pour l'usage desquelles il fit imprimer en 1534 une grammaire latine sur le plan de celle de Donat'. Lorsque commencèrent les cours du collège royal (depuis le collège de France), fondé par François 1", il fut l'un des auditeurs assidus de Paul Paradis, le premier qui occupa la chaire d'hébreu. Il se fit remarquer par ce savant, au point que celui-ci, composant un traité de prononciation, le mit sous la forme d'un dialogue enlreMartial de Gouvéa et Matthieu Budè, et c'est Gouvéa qui fait la leçon à Budè \ On ne se livrait pas en ce temps-là à l'étroit calcul d'après lequel nous voyons chacun réduire ses connaissances à la mesure du profit qu'il en peut tirer. Notre Portugais apprit l'hébreu pour l'unique satisfaction d'augmenter les ressources de son esprit. Son talent fut de composer des vers latins avec une facilité et une grâce que l'on comparait à celles d'Ovide. Il en avait fait un recueil dont Elle Yinet vit le manuscrit à Poitiers*. Égaré ou détruit, cet ouvrage

\ . Diogo Barbosa, Bihliothcca lusitana, t. III, p, 404.

2. Institutioiies inocto orationis partes. In-8°. Paris lb34.

3. Pauli Paradisi Feneti, hebraicarum litterarum regii interpretis , De modo legendi hebraice dialogus. In-8o. Paris, Gormont,

4. Lettre de Vinet à Schott, Hispanix bibliotheca, t. III, p. 475.

est perdu pour nous. Sa grammaire, quoique imprimée, ne se retrouve pas non plus dans nos bibliothèques.

Après Martial venait André, excellent orateur, au dire de ses contemporains , et de ceux qui ont écrit dans les temps modernes comme on écrivait au siècle d'Auguste. En s'employant à seconder son oncle , il fit dans notre collège l'apprentissage d'un métier où Montaigne témoigne qu'il surpassa tous les autres. L'expression de l'illustre penseur est « qu'il fut, sans comparaison, le plus grand principal de France*. « Il avait laissé un gros volume manuscrit des discours qu'il prononça à Sainte-Barbe. Cet ouvrage, s'il existe encore, doit se trouver en Portugal, où l'ont vu ceux qui l'ont signalé ^ 11 ne nous reste d'André de Gouvéa que seize vers ïambiques, qu'il composa pour servir d'épilogue au cours imprimé de son professeur de philosophie ^ Cette pièce ne saurait donner l'idée de son talent , car elle est d'une date après laquelle il améliora encore son instruction littéraire. Nous la citerons toutefois pour la curiosité du fait :

Andrese Goveani etLihri colloquium.

LIBER. Nefanda iiiiquœ cerno linguai vulnera. Abire nollem, sed maiiere tempora Quieta; nam nunc rion licet per invidos. Dolent (quod acre est) blaterones ethnici Quod exeara.

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