Archives de l'empire, S. 1509, n
on crut voir en lui plus tard le titre même de la fondation.
La région située au levant de l'hôtel des Coulons resta toujours étrangère h l'ancienne Sainte-Barbe. Elle se présentait sur la rue de Reims et sur le coin en retour de la rue des Sept- Voies par un jardin qui appartenait au collège de Reims. Après ce jardin il y avait une maison louée à des particuliers par les boursiers de la Sorbonne, qui en étaient propriétaires \ Deux autres maisons de la propriété du collège de Montaigii faisaient suite, l'une sui'la rue des Sept -Voies, l'autre au coin de la rue des Chiens. En continuant, sur la rue des Chiens se trouvaient encore le Château-Festu, dont le nom rappelait l'existeùce antérieure d'une grange ou remise en chaume , probablement la première construction qui s'éleva sur le terrain, lorsqu'il n'était encore qu'un clos de vigne; ensuite une partie de mur percée d'une porte, qui était le derrière de l'hôtel des Coulons; enfin un petit jardin où les boursiers de Montaigu venaient prendre leur récréation. Ce jardin faisait hache sur la propriété des Chalon ; sa clôture sur la rue allait joindre un autre mur fermant un espace vide' qui régnait entre le jardin et l'hôtel.
Ainsi était distribué au milieu du quinzième siècle le terrain dont Saint-Barbe couvre aujourd'hui toute la superficie. Pour l'inteHigence de ce qui suivra, il est à propos d'en décrire également les environs.
Devant l'hôtel de Chalon, de l'autre côté de la rue des Chiens, se présentait de flanc la chapelle de Saint-
t. Acte de 1407 pour Montaigu, déjà cité.
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Symphorien , antique édifice d'architecture romane, avec un portail richement décoré. Elle avait été desservie anciennement par les religieux de Sainte-Geneviève ; mais depuis les guerres civiles on avait cessé d'y célébrer l'office. Toutefois, par habitude, le peuple y venait encore en dévotion le 22 août, jour de la fête du saint. Les marchands, qu'on rencontre toujours où se porte la foule, y venaient aussi, de sorte que tous les ans il se tenait là une sorte de foire sur un petit parvis qui précédait l'église*.
Derrière le chevet de Saint-Symphorien s'élevaient le Petit et le Grand-Vézelay, deux hôtels dont l'un servait de résidence aux abbés de Vézelay lorsqu'ils venaient siéger au conseil du roi, et l'autre était destiné à ceux des profès de l'abbaye qu'on envoyait prendre leurs grades à l'Université. Un autre hôtel abbatial, celui des supérieurs du 3Iont Saint-Michel, longeait le flanc méridional de Saint-Symphorien, avec un corps de logis sur la rue des Cholets et sa façade sur la rue Saint-Etienne des Grès. Devant cet hôtel, par conséquent de l'autre côté de la même rue Saint- Etienne, s'ouvrait la grande porte de Lisieux, l'un des collèges de Paris les plus importants par le nombre de ses boursiers, après Navarre. Il occupait l'emplacement où ^'élève aujourd'hui le fronton de l'École de droit, et la plus grande partie de la place du Panthéon. Le coin de la rue des Cholets opposé à la maison du Mont Saint-Michel était formé par la chapelle des Cholets , qui avaient leurs bâtiments d'habitation
i. Enquête faite en 1533 à la poursuite de Montaigu, Archives de l'empire, S. 6515.
sur les deux rues. On appelait Cholets les boursiers, tous élèves en théologie ou destinés à le devenir, d'un collège institué par le cardinal Cholet, qui fut légat en France et joua un grand rôle au treizième siècle.
Au-dessous des Cholets étaient les murs de derrière de l'hôtel des évéques de Langres. Une porte donnait passage à travers les cours de cette vaste propriété jusqu'à la rue Saint-Jacques. C'est le fonds sur lequel est bâtie la plus grande partie du lycée Louis-le- Grand.
Au bas de la rue des Cholets, sur la rue de Reims, se développait la façade d'un autre hôtel, celui des évêques du Mans, qui fut rebâti « de très-riche édiffice^ )) et converti en collège en 1528. Sur le flanc du même hôtel débouchait la rue Chartière, ou de la Charterie , nom encore incertain au quinzième siècle, et qu'ignoraient même la plupart des gens du quartier. En 1497 un chaussetier de la rue Galande, appelé à déposer dans une enquête, avouait cette ignorance, quoique depuis quarante ans il montât par là pour aller porter de Touvrage à Lisieux et à Sainte- Barbe ^
De l'autre côté de la rue Chartière, sur la totalité du terrain compris entre cette rue, celles de Reims, des $ept-Voies, du Four et d'Ecosse, s'était étendu autrefois le palais construit pour les ducs de Bourgogne, lorsqu'ils séjournaient à Paris. De là le nom de rue au Duc de Bourgogne, qui fut porté jusqu'au dix-septième siècle par la rue de Reims, sur laquelle
i. Corrozet, Les Antiquitez de Paris, édition de 4S33. 2. Archives de l'empire, domaine de Reims, S. 6559.
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cet édifice avait son entrée principale. Le duc Philippe, qui mourut en 1404, ayant, dans les derniers temps de sa vie, transporté sa demeure au quartier des Halles, l'hôtel qu'il délaissait, après être échu par héritage au comte de Xevers, fut acquis par une communauté d'étudiants champenois pour y former un collège. Ce fut le collège de Reims. Les insurgés du parti bourguignon le pillèrent et le dévastèrent pendant les massacres de 1 4 1 8 ; mais la rage populaire fut impuissante contre sa forte structure. Nous savons que sous Charles VII il présentait encore, sur la rue Chartière, un corps de logis et un mur crénelé, fortifié d'une tour à l'un de ses bouts. Un autre mur était construit en sens inverse, sur l'alignement qui formait naguère le fond de la cour de Reims. Ce mur séparait l'hôtel proprement dit de ses communs ou bassecour. Très-peu de temps après la fondation de Sainte- Barbe, un chanoine d'Amiens loua la basse-cour de l'hôtel de Bourgogne pour y bâtir et. y placer une pédagogie de plein exercice, copiée sur celle de Geoffroi Lenormant. Telle est l'origine du fameux collège Coquerel ou Coqueret, ainsi appelé du nom de son fondateur.
En remontant la rue des Sept-Voies depuis la rue de Reims, on ne trouvait rien de remarquable jusqu'à ce qu'on eût atteint Montaigu. C'était un collège déjà ancien, doté pour l'entretien de quelques boursiers auvergnats, mais qui n'avait point encore acquis la renommée qu'il eut plus tard. Resserré par les hôtels de Vézelay, il se développait à peine sur la rue des Chiens. Il avait pour vis-à-vis le collège Fortet, maison d'une importance encore moindre, dont un bâtiment I 2
subsiste encore au n° 21 de la rue des Sept- Voies. Au-dessus de Fortet venaient l'hôtel des seigneurs de Marly, puis le cimetière des pauvres étudiants de l'Université, puis encore la grande porte de l'abbaye de Sainte-Geneviève, qui s'ouvrait au bout et dans l'axe de la rue Saint-Étienne-des-Grès.
La rue des Sept-Voies se prolongeait, en suivant l'abbaye et la clôture de son verger, jusqu'à l'enceinte de Paris. Les rues des Fossés Saint-Jacques et de la Vieille-Estrapade marquent encore dans quelle direction régna le mur de ville. Au delà, tout le plateau était couvert de jardins et de courtilles où l'on accédait par l'une des deux, portes Saint-Jacques ou Saint- Marcel. Quelques centaines de pas de plus vous mettaient sur le revers de la côte, au-dessus de la vallée de la Bièvre, délicieuse lorsque les tanneries n'avaient point encore infecté les eaux de la rivière et que les habitations clair-semées du faubourg Saint-Marceau se perdaient entre les vernes et les saules.
Ainsi, du plus éloigné des collèges qui viennent d'être nommés, il n'y avait pas un quart d'heure de chemin à faire pour être transporté en pleine campagne. De là la fréquence de l'école buissonnière, la facilité qu'avaient les mauvais élèves d'aller, pendant le temps des classes, dormir derrière les haies qui bordaient les chemins, ou jouer aux jeux défendus dans les tavernes ténébreuses de la banlieue.
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