‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 87 sur 147 · Hist. Univ., t. VI, pi · texte numérisé non relu

Hist. Univ., t. VI, pi

3. Histoire de la vie et mort de M. Jean Calvin, de Noyon, ministre de Genève.

4. Discours de M. Théodore de Besze contenant en bref l'histoire de la vie et de la mort de maistre Jean Calvin, p. 32.

de Sainte-Barbe. Deux motifs très-plausibles nous ont déterminé à ce parti. D'un côté, c'est l'estime des barbistes pour Cordier, dont nous ont fourni la preuve non-seulement les vers de Voulté à sa louange, mais encore une association qui se forma plus tard entre André de Gouvéa et lui. D'autre part, nous avons jugé que, l'une des assertions de Tbéodorede Bèze étant nécessairement erronée, la vérité avait pins de cbance de résider dans celle qui est postérieure en date , attendu que les changements introduits dans la seconde rédaction d'un même ouvrage ont toujours passé pour des corrections.

D'ailleurs des recherches auxquelles nous nous sommes livré sur l'histoire du collège de la Marche nous ont convaincu que cette maison resta sans célébrité jusqu'après 1530. L'exercice des classes y était si restreint au commencement du seizième siècle, qu'on n'y comptait que deux régents de grammaire'; et c'est là un étal de choses qui ne s'accorde pas avec une circonstance connue des premières études de Calvin , dont il sera parlé dans un instant. Sainte- Barbe au contraire, dans le temps où nous reportent ces études, était au plus haut point de sa renommée, et particulièrement recommandée à la cathédrale de Noyon (d'où l'on peut dire que^ sortit Calvin), puisqu'un dignitaire de cette église avait été l'un des régents de notre principal Antoine Pelin-; puisqu'un autre Noyonnais, Pierre Billory, élevé pour être cha-

4. Thurot, De l'organisation de l'enseignement dans l'Université de Paris au moyen âge, p. 99. 2. Ci-dessiis, p. -«9 et 101.

noine de la cathédrale , fut certainement condisciple du barbiste Démocbarès, ainsi que le prouvent ces vers du même Démocbarès :

Nescius non sum tenerœ juventae, Qua simul gratœ studium Minervae Ac satls doctos tulimus magistros, Dulcis amice \

Mettons donc toute bésitation de côté. Le législateur du protestantisme français fut élève de Sainle- Barbe , et c'est à Sainte-Barbe qu'il contracta envers Gordier cette dette de reconnaissance qu'il lui paya plus tard en termes si expressifs dans la préface de son commentaire sur l'épître de saint Paul aux Thessaloniciens ^ Voici la traduction de cette préface :

(( Vous aussi, il est juste que vous ayez votre part dans nos travaux, puisque, ayant fait sous vos auspices mon entrée dans la carrière des lettres , j'y ai assez réussi pour devenir de quelque utilité à l'Eglise du Seigneur. Lorsque mon père m'eut envoyé à Paris, bien jeune encore et n'ayant qu'un avant-goùt du latin , la Providence a voulu que je vous eusse pour professeur, pendant peu de temps, il est vrai, mais assez pour recevoir de vous la méthode rationnelle qui m'a permis ensuite d'apprendre les choses avec plus de fruit. Rappelez-vous que, de la classe de rhé-

4. Au commencement du livre intitulé : Divi Tliomœ Aquinatis commentaria in très Aristotelis libros De anima, cum duplici textus interprétations, etc. , recognita ah Antonio Demochare, Ressonco et illustrata. In-fol. Paris, Kerver, 1539. C'est encore à un îSoyonnais, Pierre Mansart, qu'a été délivré le certificat d'études de Foursy de Cambrai, que nous avons mentionné p. 101.

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