Duboulay, Hist. Univ., t. V, p. 6S
des sacristies et des ateliers de la ville. Là on nommait d'acclamation un roi des sots. Une horrible batterie signala l'élection de 1469; les comices furent ensanglantés, la paix publique profondément troublée. La faculté des arts, mise en demeure d'empêcher que pareille chose ne se renouvelât, défendit les déguisements et enjoignit aux principaux de tenir leurs élèves sous clef le jour des Rois. La sanction pénale qu'elle donna à son décret était de nature à le rendre efficace. Elle abandonnait ses suppôts désobéissants à la justice du bras séculier, déclarant de bonne prise pour le prévôt de Paris tous les déguisés que ses archers attraperaient dans les ruesV Mais les coutumes séculaires ne s'abolissent pas du jour au lendemain. Par un tempérament sur lequel on ferma les yeux, les regalia se perpétuèrent dans l'intérieur des collèges. Chacun eut son roi, non plus des sots, mais de la fève, etl'avénement de ce monarque d'un jour fut célébré par des représentations de farces, qui fournirent un prétexte honnête aux travestissements.
Tandis que les vieux usages étaient ainsi battus en brèche, l'humeur bizarre d'un roi novateur introduisait dans le régime universitaire des choses dont on n'avait jamais entendu parler.
Ayant remis aux mains du peupfle de Paris les armes qui lui avaient été enlevées après les désordres du règne de Charles VI, il voulut qu'il y eût dans cette sorte de garde nationale une compagnie formée par les professeurs et par tous ceux des gradués qui n'auraient pas reçu la prêtrise. Comment concilier cela avec les sta-