Duboulay, Hist. Univ.^ t. VI, p. 1M
2. Epitome commcntaiiorum dialecticx inventionis RodnIpJii .J^f'icnlse per Bartlinlnniœuin Latonuiin nrlnnetiacm^ avec une épîlre dedicatoire à Antoine de Gouvea, datée du 16 septembre 4 533.
Sophie de 1531 à 1534. On lit dans Tintéressanle histoire de sa vie, écrite récemment par M. Waddington *, que , tandis qu'il préparait ses examens de licence, il allait assez souvent à Sainte-Barhe , et que c'était pour assister aux leçons de Jean Penna, le maître sous qui saint Ignace fit sa philosophie.
M. Waddington a certainement péché par excès de confiance en acceptant sans contrôle, pour les visites de Ramus à Sainte-Barbe, le témoignage de l'abbé Goujet, car le seul fondement de celui-ci pour affirmer le fait est un contre-sens commis par lui sur le texte de l'auteur qu'il allègue à ce propos *.
Il est à craindre que M. Waddington n'ait péché encore par témérité d'induction en établissant de son chef entre Ramus et Jean Penna un commerce qui n'a pas pu exister , car Jean Penna suivait la doctrine d'Aristote, dont Ramus était sur le point de se déclarer publiquement l'adveisaire, n'attAidant pour cela que le moment de son examen. Ainsi, à première vue , il ne resterait rien de l'anecdote introduite dans la nouvelle vie de Ramus. Cependant il est permis de la conserver si l'on y substitue le nom de Barthélemi Latomus à celui de Jean Penna. Tant que Ramus vécut, il se glorifia de procéder de Sturm et de Lato-
1. Ramus, sa vie et ses écrits, p. 21. In-8o, Paris, Meyrueis,
2. Goujet cite le discours prononcé à Sainte-Barbe, en 1557, par Léger Duchesne, qui nomme seulement, parmi les élèves célèbres du collège , Antoine de Gouvéa, adversaire de Ramus : oc Antonius Goveanus, de cujus incredibili doctrina nemo dubitat, qui illius festiva epigrammata, argutum conclusionum librum , acutam in P. Ramum disputationem, graves in jus civile commentarios viderit. »
mus pour la métliode d'analyse qu'il appliquait aux auteurs de l'antiquité \ Cette méthode lui était déjà familière avant qu'il eût obtenu ses grades. N'y a-t-il pas lieu de conjecturer d'après cela que, tandis que la nouvelle dialectique fut professée dans notre collège, Ramus, pour venir l'entendre, se déroba le plus souvent qu'il put aux leçons exclusivement aristotéliques de Navarre?
Le cours du professeur allemand eut plus de retentissement qu'on ne l'aurait désiré à Sainte-Barbe. 11 attira l'attention de François I*^"^, et décida ce prince à faire une chose devant laquelle il avait reculé jusquelà. Le collège de France fonctionnait depuis 1530, ne consistant encore qu'en deux chaires, l'une d'hébreu, et l'autre de grec. Budé pressait le roi d'ajouter à cet enseignement celui du latin ; le roi objectait les plaintes que les principaux ne manqueraient pas d'élever contre «me extension dans laquelle ils verraient une concurrence funeste pour l'exercice des collèges. Enfin la chaire de latin fut créée en faveur de Latomus. Les criailleries dépassèrent ce qu'on avait prévu; Latomus n'en resta pas moins professeur royal, et rétribué des deniers publics, il réunit autour de lui encore plus d'auditeurs qu'il n'en avait eu étant à solde des Gouvéa ^
La retraite de Strébée auprès de l'évêque de Lisieux eut lieu dans le même temps que celle de Latomus, de sorte que ce fut comme une conspiration des grands