‹ Histoire de Saint-BarbeChapitre 1 sur 110 · Histoire de Saint-Barbe · texte numérisé non relu

Histoire de Saint-Barbe

Les étahlissements d'instruction publique à Paris après la crise révolulioiinaii e. — M. de Lanneau sous-directeur à l'Institut des Boursiers de i'Égalilé, depuis Piytanée français. — Restauration de Saiute- Barbe sous le nom de Collège des Sciences et des Arts. — Société de M. de Lanneau et de M. ]\Iielle.

Après avoir tout détruit en matière d'enseignement, pour être plus sure que ce qui se referait ne ressemblerait pas à ce qui avait existé auparavant, la Révolution légua aux régimes qui lui succédèrent beaucoup de lois sur le papier, des programmes magnifiques et l'appétit qui résulte d'une privation prolongée.

Les Écoles centrales furent la forme sous laquelle on essaya celle de ses conceptions qui tendait à remplacer l'instruction donnée autrefois dans les collèges. Mais les Écoles centrales eurent le malheur de se ressentir de la politique du moment qui les ^it éclore. On mutila les projets antérieurs, afin de détruire toute apparence de l'oppression dont on avait tant souffert au nom de l'Égalité et de la Souveraineté du peuple. On se laissa conduire par la préoccupation exclusive de ne pas faire du corps enseignant un nouveau clergé, et de ne pas usurper le droit des citoyens. La République se dessaisit, par le fait, de l'éducation de la jeunesse, et ne prit à sa charge qu'une partie de l'instruction. Le soin de débrouiller les esprits, celui d'y faire entrer les éléments des connaissances et les idées premières en toutes choses, elle laissa cela aux particuliers, sans se demander si les particuliers étaient capables de se tirer d'une tâche si difficile. Ce fut assez pour elle d'imposer la distribution des études et d'en gouverner l'esprit à partir de l'âge où la raison commence à se former. Le régime des classes fut aboli ; il y eut, à la place, des cours libres où l'on fut admis sans avoir d'autres formalités à remplir que celles de l'inscription et d'une légère rétribution que l'on payait aux professeurs. Ceux-ci furent nommés à l'examen par un jury départemental. Leur unique obligation fut de s'acquitter exactement de leurs leçons sous la surveillance de l'un d'entre eux, qui était le président de l'École.

La création de cinq Écoles centrales avait été décrétée pour Paris. 11 n'y en eut jamais que trois : celles du Panthéon, des Quatre-Nations et de la rue Saint-Antoine , établies respectivement dans les ci-

devant Abbaye de Sainte-Geneviève, Collège Mazarin et Noviciat des Jésuites,

Outre ces établissements, la capitale posséda l'Institut des Boursiers de l'Egalité (ancien collège Louisle-Grand), exclusivement réservé aux jeunes gens dont l'éducation était payée soit par les fondations anciennes, soit par le gouvernement*. Là un corps de professeurs appartenant tous à la ci-devant Université s'essayaient péniblement à oublier les vieux programmes, afin de se conformer au vœu des lois. La plupart des élèves n'apprenaient guère autre chose que le français, l'histoire et les sciences exactes ou naturelles. Quelques-uns seulement, qui désiraient acquérir la connaissance approfondie de la littérature, suivaient les Écoles centrales. Tous, étant pensionnaires, accomplissaient leur travail sous la surveillance de sous-maîtres.

M. Champagne, que la Révolution avait rendu principal de Louis-le-Grand en 1791, garda le gouvernement de la maison sous tous les régimes qui suivirent, et se trouva en dernier lieu directeur de l'Institut des Boursiers. C'était un homme d'un esprit très-orné et passionné pour son état, mais dépourvu des façons qui imposent à la jeunesse. Il déploya une activité et un courage à toute épreuve pour défendre l'existence de l'étabUssement contre ceux cpai parlaient de le détruire ; il l'empêcha de succomber à la langueur produite en 94 par la suspension provisoire des bourses et par la présence d'une partie des élèves sous les drapeaux. Lorsque les circonstances lui eurent permis de le

Page 1