Tome II, p
lia HISTOIRE
ii'v avoit point fait de visite, les revenus s'en étoient allés en réparations courantes, sans devis, sans quittances par devant notaires, et en appointements tels que le principal et le procureur avoient bien voulu se les doimer. Ils étoient les seuls créanciers du collège, et créanciers d'une rente de plus de mille francs au denier vingt. Je la mis au denier cinquante : c'étoit le taux de ce temps-là ; Dieu sait comme ils crièrent. J'y établis huit boursiers; et pour rendre cet établissement solide, je fis des statuts tant de discipline que d'économie. Ils ont servi à policer d'autres collèges, et le nouvel historien de la ville de Paris* a cru devoir les insérer dans son ouvrage, pour apprendre au lecteur l'état moderne de ce collège.
« Le procureur et le principal, faciles de n'être plus les maîtres autant que, mal à propos, ils l'avoient été jusque là, firent d'abord difficulté de se soumettre. Leur résistance ne fut pas longue : pour peu qu'elle eût duré, je les aurois destitués, comme ayant mal administré le bien de cette maison depuis plus de vingt ans qu'ils en étoient officiers. M. de Mailly avoit de la répugnance à leur faire grâce : heureusement pour eux une affaire plus importante le détourna de celle-là', b
La constitution de l'abbé Legendre n'eut pas plus de vertu que les autres qui l'avaient précédée. Après avoir été observée quelque temps, elle tomba en désuétude. Ainsi qu'on l'a indiqué précédemment, il*vint en dernier lieu un principal qui accapara tous les offices de la maison.
i . Félibien.
2. Mémoires de Ltuis Legendre, abbé de ClaiiTontaine, 1. Vil, à l'an 1729.
DE SAIATE-BARBE. H3
Si Reims ne brilla jamais delà splendeur d'un grand collège, il eut néanmoins sa célébrité^ et ne cessa jamais d'être affeclé à Fétude. L'opinion de Legendre sur la beauté du lieu fut celle de tout le monde dans l'ancien temps. Les logements étaient réputés appartements de princes au xv® siècle. Dévastés par les émeutiers du parti bourguignon en 1418, on les re^aura peu de temps après pour y loger les religieuses de Poissy, qui étaient venues chercher un refuge dans la capitale'. Si, comme on a lieu de le conjecturer, c'est dans cette communauté que se retira sur ses vieux jours la célèbre Christine de Pisan, le collège de Reims serait le lieu d'où cette femme poète et patriote salua de ses vers l'avènement de Jeanne d'Arc ^
Après avoir été diminué, par la création du collège Coqueret, de tout ce qui avait formé les communs de l'hôtel de Bourgogne, le collège champenois resta encore l'un des grands emplacements de l'Université. Il s'étendait de la rue des Sept-Voies àlarueChartière, et contenait entre ses bâtiments une longue cour bordée d'arbres. Les savants de la Renaissance comparaient cela aux jardins d'Acadème ou au Lycée d'Athènes. Quiconque était admis à faire un cours extraordinaire dans r Université ambitionnait la faveur d'obtenir la grande salle de Reims. Le corse Justiniani, appelé en France par François 1", y donna des leçons publiques d'hébreu et d'arabe, et l'introduction à la grammaire de Moïse Kimahi, imprimée en 1 520 par le
1. Registres des Cens de Sainte-Geneviève, aux Archives de l'Empire, S. 1628 et 4629.
2. Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle, t. V, p. 3.
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même orientaliste, est datée du /j^céeàe^eims^. Sous Charles IX on alla y entendre Minos Claude Mignaull) commentant le Tliéagène de Platon*. Là aussi furent professés pendant très-longtemps une partie des cours du Collège Royal (Collège de France), qui n'eut pas • d'abord de domicile à lui. On voit cela par plusieurs des haranguef de Denis Lambin. Il est probable que Théodore Marcile et Pierre Valens (Starck de Gro- ^ iîingue\ autres professeurs royaux qui logèrent dans ce collège du temps de Henri IV, y firent encore des leçons \
Au rapport de Dubreul, le collège de Reims fut incendié le 9 octobre 1 550 *. Le dégât dut être bientôt réparé, car en 1 552 on y donna, en présence de Henri H et de sa cour, la première représentation d'une tragédie et d'une comédie de Jodelle , toutes deux en vers français. C'était Cléopdlre captive et Eugène ou la rencontre. Le théâtre fut dressé dans la cour ; des jeunes gens de qualité s'étaient chargés des rôles. Le roi témoigna la satisfaction que lui causa ce plaisir nouveau, en faisant compter à l'auteur une somme de 500 écus d'or\
Quantité de personnages marquants ont habité celte maison. Aux noms qui viennent d'élra cités, ou qui l'ont été auparavant dans le cours de cette histoire, ajoutons celui du célèbre théologien Claude d'Es-