‹ Histoire de Saint-BarbeChapitre 43 sur 110 · février iS\b · texte numérisé non relu

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2. Lettres adressées le 30 mai 1813 au ministre de l'Intérieur et au prince architrésorier de l'Empire, alors grand-maître de rUniversité.

de leurs promenades à Vaiigirard, ils s'échappèrent tous ensemble pour aller travailler aux fortifications qu'on établissait en avant des barrières, sur la ligne du midi. Grande consternation parmi ces jeunes gens, lorsque s'évanouit le simulacre du second Empire. La façon dont l'étranger profita de sa victoire ne fut pas de nature à les consoler. Us furent peut-être ceux qui virent avec le plus de douleur la France gardée par les baïonnettes étrangères. Inaccessibles aux sophismes de l'intérêt, et n'imaginant pas qu'il y eut des compensations à la honte, ils se regardèrent comme les enfants d'une patrie déshonorée. Les princes qui avaient souscrit à tant d'humiliations en restèrent responsables à leurs yeux; ils vouèrent au gouvernement de la Restauration une inimitié que contribuèrent à entretenir les encouragements de la presse libérale, et les excès du parti réactionnaire, et le spectacle public des plus honteuses défections. Alors s'ouvrit une série d'années mémorables dans l'histoire de l'instruction publique, awnées oi^i l'on vit tout à la fois les études fleurir par l'effet d'une rare émulation, et la discipline essuyer des échecs continuels de la part de l'esprit de révolte. Parmi les lycées transformés en collée;es royaux, il en est peu qui n'eurent leur insurrection, et cela dans toute l'étendue de la France. A Paris, ces désordres eurent surtout de l'éclat à Louis-le-Grand et à Sainte-Barbe. Us valurent à ces établissements la réputation d'être des foyers de libéralisme et de bonapartisme, réputation moins dangereuse à soutenir pour le collège royal qui était sous la tutelle de l'Etat, que pour l'institution qui était la propriété d'un homme déjà mal noté.

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Les alarmes commencèrent pour Sainte-Barbe aussitôt que fut arboré de nouveau le drapeau blanc. La liste d'une collecte patriotique, que les élèves mathématiciens avaient faite entre eux dans le mois dejuin, fut trouvée au ministère de l'Intérieur. On sut qu'un professeur de la maison, M. Saint-Omer, avait été l'instigateur de la souscription. Ce fut assez pour que la police envoyât faire des menaces à M. de Lanneau. On le contraignit de congédier sur-le-champ M. Saint- Omer, homme de talent;, irréprochable à tous les égards, qui n'avait agi auprès de ses élèves que pour leur ôter de la tête leur projet de s'engager dans l'artillerie.

L'Université, rétablie pendant les Cent-jours, fut attaquée, au commencement de la seconde Restauration, avec encore plus de violence que pendant la première. Le gouvernement toutefois n'osa pas remettre en vigueur l'ordonnance du 1 7 février 1 81 5. Afin d'éloigner le moment d'une décision épineuse, il prit un moyen terme, qui consista à abolir la dignité de grand-maitre. On institua à la place un conseil de cinq membres, dont Royer-Collard fut le président*. C'est à ce conseil, appelé la Commission de Vinslruc-^ tien publique^ que Sainte-Barbe eut à rendre compte du premier tumulte dont elle fut affligée dans les derniers jours de 1815. Dans cette circonstance pénible, M. de Lanneau n'eut qu'à se féliciter de son association avec son gendre. Elle fut cause qu'ils reçurent tous les deux des remercîments pour la manière dont ils s'étaient employés au rétablissement de l'ordre ^

d. Ordonnance du 15 août 1815.

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