il/o«;7e.7r du 8 dccembre
DE SAIME-BARBE. -I45
ces messieurs eurent été témoins de l'ordre qui régnait et de l'attachement de tous les maîtres à leur devoir, lorsqu'ils eurent parcouru ces admirables dossiers où l'état moral et intellectuel des élèves était consigné dans un style saisissant, avec la plus ponctuelle exactitude et un esprit d'observation digne d'un philosophe, lorsqu'ils eurent considéré l'énervement inévitable d'mie autorité qui, dans un temps de trouble universel, était contrainte de se dérober sous un préte-iiom, leur rapport fut tel que l'interdiction, prononcée d'abord, fut levée sur-le-champ. Un second arrêté rejeta la faute sur le compte des familles, et ne parla plus des élèves dont on avait en premier lieu ordonné l'expulsion*.
Cependant une violente polémique s'était engagée entre les journaux de l'opposition et les Débats. Le Coiistilutionnel fut celui qui combattit avec le plus d'énergie pour Sainte-Barbe. Il dit des choses justes, auxquelles il ne fut pas répondu ; il commit quelques inexactitudes relativement au régime des anciens collèges, et par là il prêta le flanc à la riposte ^ Le tenant des Débats fut l'abbé de Féletz, qui prit la place de M. Dussault, et pour cause. L'abbé de Féletz avait étudié dans la Communauté de Sainte-Barbe à une époque où la règle qu'on y observait lui permit d'avancer des choses dont M. Dussault n'aurait point osé faire honneur à son temps.
Le Bon Français ^^\\\STé?,ev\é que le Constitutionnel, s'attacha à faire ressortir la différence qu'il y avait entre la nouvelle Sainte- Barbe, qui était une institution
\. iJ/o/z/Ve«r du 13 décembre.
2. Constitutionnel des 7, 12 et 14 décembre; Débats du 10 et du 13 décembre. ^
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destinée à former des citoyens, et l'ancienne, qui avait été un séminaire \
La Gazette de France accueillit par impartialité une lettre plaisante signée : « La moitié plus un des nouveaux barbistes », qui répondait à une autre lettre de « Un abonné, ancien élève de la Communauté de Sainte-Barbe », insérée la veille dans la mêmefeuille^
"Le Journal général de France ^uhXm le meilleur morceau qu'ait inspiré cette controverse \ Ce fut une lettre d'Eugène Scribe, qui cacba sa jeunesse (il avait alors vingt-cinq ans), et l'autorité récusable d'un vaudevilliste, sous le masque d'un père de famille élevé dans Tancienne Communauté. Sainte-Barbe doit enregistrer dans ses fastes ce témoignage du dévouement d'un fils qu'elle a toujours trouvé auprès d'elle dans ses tribulations :
(( Et moi aussi, Monsieur, je suis un ancien barbiste. Je viens de lire la réclamation morale et classique insérée dans le Journal des Débats de vendredi dernier, et j'ai pensé pleurer de joie en reconnaissant le style et la manière de notre ancien professeur de troisième *. C'est lui-même, j'en suis sûr! Je n'ai éprouvé qu'un regret, c'est que son discours ne fût point écrit en latin. Je sais bien qu'il s'en rapproche beaucoup, et qu'on ne peut pas dire que ce soit tout à fait du français. Enfin, je vous l'ai dit, je suis barbisle; je tiens aux anciens usages ; et quoiqu'il y ait du bon dans Racine et dans Voltaire, j'ai pensé, avec notre