‹ Histoire de Saint-BarbeChapitre 86 sur 110 · Lettre du 17 mars · texte numérisé non relu

Lettre du 17 mars

coutumes du festin ? Il importait que la fraternité des •anciens ne fût point exposée à une épreuve dangereuse, parce que dans la fraternité des anciens résident l'honneur et la vie du Collège. Celui, aux mains de qui étaient remises les destinées du Collège crut faire son devoir en outre-passant son droit. Au nom de l'amitié, il tint éloignés les uns des autres ceux que l'amilié aurait dû réunir.

A Sainte-Barbe, il agit avec non moins de décision et de fermeté. Il y avait de la fermentation, surtout parmi les maîtres d'étude; les discussions commençaient. 11 exisrea le silence d'une manière absolue. Il dit à ces jeunes gens qu'il concevait leur émotion ; que malgré son âge , il ne serait pas celui qui leur prêcherait l'indifférence en matière de patriotisme et d'humanité ; mais que des familles appartenant à tous les partis lui avaient confié leurs enfants, que toutes les convictions politiques devaient être respectées par ses collaborateurs, comme elles l'étaient par lui-même, et qu'il ne souffrirait pas, à ce moment moins que jamais, que des débats irritants fussent provoqués parmi les élèves par l'exemple des maîtres. Afin d'être plus sûr qu'il serait obéi, il fit signer l'engagement que chacun prit de se taire. De cette façon les temps difficiles purent être traversés sans manifestation d'aucune crainte, sans désaveu des actes antérieurs, sans épuration du personnel employé, sans ingratitude pour les services rendus.

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