PIÈC8S
dftna une discussion savamment raisonnée, dé? montre eopabien cette opinion est dénuée de tonte probabilité.
Voilà tout ce que nous avons pu recueillir sur la naissance, la patrie et la famille de S. Bénézet,
JWfP»
De la vocation de S. Bénézet.
On trouve, dans les archives de la ville d’Avignon, qn parchemin fort curieux contenant le récit de la vocation et des miracles de S. Bénpzet, et le procès-verbal de la fondation du pont r cette pièce, de l’avis des paléographes les plus distinr gués, date des dernières années du xn* siècle ou tout au moins des premières années du xiu* ; elle
JUSTIFICATIVES. m
fat rédigée, comme nous l’avons dit an chapitrç second de celle histoire, à la requête de Raymond Ponsère, Frère de l'Œuvre du Pont, elle p$t écrite tout entière en langue provençale. Noue et) avons déjà extrait les dépositions des témoins, traduites en français par Nouguier ; voici main? tenant, dans son texte original, la partie de ep document qui concerne la vocation de notre Saint et la fondation du pont.
« Anno Domini MCLXXVII, Ion pont cou?
menset. San Benezet usi quant si déclara dentra aquest escrit, en aquel jour qu'amelou goulel fou nueeh, un enfes, qu’avie nom Benezet, las fedas de sa mairé gardava en pasquié, aqui aparteiqe» très ves dit Jpsu Crjsti < Benezet fieou miepu, auï la vos de Jésu Crist. — Et qui es-tu, Sener, que mi parles? ta vos ausi iou, maï non te vezi. —• Auses doun, Benezet, e non aies pavour ; iou sieou Jesu Crist qui sol a la paraulou aï orea ciel
e terrou et la mar, et tootas las causas que li sount. — Senor, que vol que fasia? — Iou vol que laissas las fedas que gardai ; car tu mi faras pont su lou flumi de Rosé. — Senor, lou Rosé non saï, e las fedas de ma maire non ausé laïssar. — Non t'aï dich que creses ; ven doun hardidamen qu'ieou ti faraï régir las fedas tieounas, e daraï ti un coumpagnoun que te condurraentréa Rosé. — Senor non aï mai très micalês, e corne faraï pont sobra Rosé ? — Benezet, aïsi qu’ieou t’ensignaraï. »
» Adoun s’en ane Benezet, e fugué obeïssen a la vos de Jesu Crist qu’ausie, mai noun lou vesié ; e puï va rescontra l’angel en forma dé pelegrin portan soun bastoun, e s’es porta que li va dire : Ven apres ïeou ; ce que ïeou t’enviafaï dentro al lioch ounte faras lou pont de Jésus, e moûstraraï ti corne tu faras. Arou soun a la ribota del flumi vèsen Benezet de grand pavourvà si faire, e va
dire en engun maniéré per aïsi far pont : Va li dire l’angel : non aies temour ; car lou San Esperit es en tu, e regarda on debes passar, et vaï a la citta d’Avignon, e mostre te a l’evesquee al popol sieou.
»Dic aïsi, va avalir l’angel davan ses cils; adoun s’en va Benezet à la nau, e va pregar el nauchier, per l’amour de Dieou e de nostra Dona Santa Maria, que lou passest a la citta, car a faire avia. Va li respondre lou nauchier qu’erou Jusieou : si vos passar, tu mi daras très déniés tan qu’au fa les altres. Benezet va lou pregar un altra ves per l’amor de Dieou e de Nostra Dona Santa Maria que lou passest aoutra. Ves en lou Jusieou dis li : Ieou n’aï ren a faire de Maria, quella non a poude ne en cel ne en terra ; maï vole très déniés que ta Maria ; car sount proun de Marias. Ausen aïsso Benezet vaï li dounatres micales qu’avié ; lou Jusieou ves que non poudra plus aver, pren las très micales e passet lou.
t3$ wècw
» Benezet, entren din la citta d ; Aviguon, va trouer l’evesque predicant son popol, va li dire en aile va» ; Ausesf mi, e entendes mi, car Jesu Grjst m’a tfansmes a vous per aqqçsta causa qu’ieou fasse pont sobré Rosé. L’evesque ausen sa yos regarde lou per grand esqueri e grand derisori, va transmetter al prebostviguier délia citta, que venguest e que l'escourtiguest e que li toi» que los pes e los man que malyais home es.
Ausen lou Penezet e tou plan va dire: Lou mieeu Senor Jesu Crist m'a tramest en aquesta citta, que ieou fasse pont sobré Rosé. Elou viguié li va dire : Tu tan vile persona sies e ren non as, e tu dises que tu faras pont? ni Dieou, ni san Petrou, ni san Paoul, ni mai encarou Caries, ni nengun aoutres non lo poguen faire, ni non esmaravillas ; e pero ieou save que faire conyien de petra e de caoux ; daraï ti una peïra que ieou ai al palatio mieou; e se tu la podes maoure ni portar, ieou crese que lou pont pourras faïré.
» fienezet confiseuse aNostre Sepor, retpurne a l’evesque ; dis li que aïso faire ; l’evesqqe 5 Aïen doun e vesen las maravillas que tu dises. Yq ensen embe l’evesque e el popol ensieme i e fie-) nezet pren la peïra, l’una que trenta bornes non parian maoure dessus lioch, autan legieramen que si fu peïra manuale, et mes la al lioch ou lou pont 9 soun pet. Las gent vesen aïssq, aguerpon gran maravillas, e disien que gpan poderpp pq Rostre Senor en sos obras, e adpuq jpp vigui$ leu va premie souna spn ftenezet, baïsaq Ij Ins mans e lpspes, vas li gitta tre centspls ; en aqqpl lioch se furpn douna cinq rnjllia sols.
»Arou aves aousi en quai maniera, Fraïres, lou pont fan compensa ; perque toutti vos aoutris debes estre personier d’aquest gran bénéfice, e fai Dieou molt de miraclés en aquel jour, que perel, rende lou veser e los sourds fé aousi, les estropias fes anar que son des huech. ■
En 1500, lors de la dispute du pape Alexandre VI et du roi de France, au sujet des droits du pont, les avocats du souverain pontife opposèrent cette pièce aux dires et prétentions des avocats royaux, qui se rendirent à la vue de l’authenticité et de l'autorité de ce document.
La chronique martinienne, attribuée à Martin Polonus, qui fut archevêque de Gnesne et qui mourut eu 1278, dit à l’année 1177: Hocanno cœptus est œdificari ponsAvenione superRhodanum in quo hœc dicta vidi sculpta lapidi super limen sacelli ejusdem pontis : ànno 1177 pontem
PUER INCEPrr BENEDICTUS.
C’est aussi à l'année 1177 que la vocation de notre Saint èst rapportée par la chronique de S. Marien d’Auxerre: Ipsoanno 1177, dit-elle, venit apud Avenionem adolescens nomine Benedietus dicens se à Domino missum ut pontem
super Rhodanum construeret. Cette chronique est intitulée: Chronologia aborigine mundi ad usque annum 1200 ab ortu Christi. On l’attribue à un moine de l’ordre des Prémontrés, qui vivait dans les premières années du xm® siècle.
On peut également citer, à l’appui de l’opinion que nous avons suivie, l’oflice de S. Bénézet que le chapitre de Saint-Agricol d’Avignon récitait avant la Révolution, le Spéculum hisloriale de Vincent de Beauvais, YAppendix au martyrologe d’Usuard, Yffistoria Lugdunensis de Paradin, la description des lleuves de la Gaule de Papirius Masson, les Annales massilienses deGuesnay, les Annales du cardinal Baronius, la Chronologie de Gordon, le Martyrologe de Ferrari, les Antiquités des Gaules d’André du Chesne, et la Chronologie de Gauthier.
Note C.
Mort de S. Bénéttt.
L'époque de là mort de S. Bénézet, aussi bien que colle de sort arrivée à Avignon, a été autrefois lë sujet de nombreuses disputes. Nous n entreprendrons point de raconter ici toutes les querelles que se sont suscitées les uns aüx autres, à cette occasion, les divers historiens du bienheureux berger ! qu’il nous suffise d'invoquer dés autorités & l’appui de l’opinion que nous avons SüiVie en fixant la mort du Saint à l’année 1184.
La chronique de S. Marien d’Aüxérre, que nous avons citée dans la note précédente, dit à l'année 1184: Ipso anno (1184) Benedictus,
avcnlonènti» potiiie duetor, sttnéke adntôdum vità juvenig oÔiit ; éepuliûsqüe iàt iüpef pdHteih ilium mMficurh, magna ex patte bomtrMtim , db ejusdem pOhtis initia ieptein atihis circlter jam decuréis.
Au mois de janvier 1185, Rostaing dè MargUéritles, évêque d’Avignon, renouvela le règlement fait par son prédécesseur et les consuls de la ville ali Sujet dès droits à percevoir sur tout cë qüi passait sur le pont ; dans l’acte qui fut dressé à Cette occasion, il est parlé eri ces tërrhes de Saint Bénézét : Ptœ recordttliontà fràtelr Behedtctüs pontem incepit; ces mots : Ptfe ïectirdâltenls indiquent assez clairement qu’à cette époque (janvier 1185), il était déjà mort.
Les Bollandistes fixent aussi à l’année 1184 le trépas de notre Saint. M. de Cambis de Fargues est du même sentiment.
Quant au mois et au jour, la plupart des historien); désignent le 14 avril : le martyrologe d'Usuard, annoté par Jean Molan, et celui de Du Saussay, font au même jour mémoire de S. Bénézet. Avant la Révolution française, le chapitre de Saint-Agricol célébrait aussi sa fête lé 14 avril.
Suivant toutes les apparences et d’après la plus constante tradition, le saint berger mourut dans la maison qu’il avait achetée à côté du pont, à l’endroit où s’élève l’ancien hôpital qui porte son nom, derrière la chapelle de Saint-Nicolas, sur le port du Rhône.
US
Moto D.
Notre Dame de Bonne-Espé rance.
Le miracle éclatant dont parle, dans sa déposition, Raymond de Marguerittes, nous rappelle le prodige qui eut lieu à Avignon en 1373, et dont nous allons donner ici le récit, quoique cependant il n’ait pas trait à la vie de S. Bénézet. Laissons parler Nouguier, l’historien de l'Eglise, Evesques et Archevesques d'Avignon :
« En 1373, dit-il, arriva dans Avignon le miracle de N.-D. d’Espérance. G’est qu’au derrière de l’église Notre-Dame la Principale, dans une petite ruelle, il y avoit, enchâssée contre la muraille, une dévote image ou tableau représentant
la Saincte Vierge tenant son fils mort sur ses Histoire de S. Bénézet* 7
146 pièces
genoux. Or, un certain joueur étant sorti d’une maison à l’opposite, après la perte de tout son argent, et, voyant devant ses yeux cette image de la Vierge, transporté de rage, prit une pierre qu’il rencontra dans la rue, et, avec des blasphèmes horribles, la jeta impétueusement sur ce tableau, d’où, ô miracle ! il en sortit une grande abondance de sang ; et en même temps la tête de ce misérable se tourna derrière. U fut pris à l’instant, mené et mis entre les mains de la justice, et, sans autre forme de procès, remis entre celles du bourreau, pour être attaché à un infâme gibet, ayant auparavant fait l’amende honorable et demandé pardon à Dieu et à la Vierge au même lieu où il avait ootnmisle sacrilège. Oq l’amena, la cordeau col, marchant à rebours au devant du tableau de la Vierge, où, à genoux, reconnaissant l’énormité de son péché, la punition qu’d en avait reçue et celle qu’il en attendait, frappant sa poitrine et fondant en larmes, demanda humblement
pardon à Dieu et à la Vierge, en présence d’on grand nombre de peuple qui y était accouru de toute part. La Sainte Vierge témoigna avoir à gré aa repentance, car, en même temps qu'il eut achevé sa prière, sa tète fut remise en sa première place; et le peuple, admirant les miséricordieuses bontés de cette Advocate des pécheurs, bénissant Dieu et son nom, se prit à crier miracle et grâce tout ensemble* que ce misérable obtjnt facilement de ses juges, et fut renvoyé pour faire pénitence.
» Cette maison fut changée en une chapelle nommée IV.-D, de Bonne Espérance pour le miraole arrivé et l’espérance que nous devons avoir d’obtenir le pardon de nos fautes par l’intercession de cette glorieuse Vierge. La pierre, enfermée dans des cercles de fer et attachée à une chaine, a demeuré longtemps pendue au devant de ce tableau. La dévotion du peuple et ses largesses dans cette chapelle furent si grandes, que le pape
Grégoire XI, par une bulle de la même année, du 22 octobre, commet au cardinal Flandin, du titre de Saint-Eustache, l'usage et l'emploi des oblations, dont une partie fut affectée pour l’entretien des religieuses de N.-D. des Miracles. »
L’église de N.-D. la Principale était autrefois église paroissiale et collégiale; c’est aujourd’hui l’église des Pénitents blancs. Dans la nef de droite, au fond de l’abside, se trouve l’autel de N.-D. de Bonne Espérance, qui fut élevé à l’endroit où eut lieu le miracle; la pierre qui avait été suspendue comme ex voto devant l’image de la Mère de Dieu a disparu ; on y voit pourtant encore scellés dans la muraille les fers et les chaînes auxquels elle était attachée.
Note E.
Privilèges do Pont.
1° Faveurs spirituelles accordées aux bienfaiteurs de l’Œuvre du Pont.
Il n’est pas hors de propos de donner ici, dans son texte original avec la traduction française en regard, le tableau des Indulgences et autres faveurs spirituelles accordées à l’Œuvre du Pont d’Avignon ; ce tableau se voyait jadis dans les salles et dans l’église de l'hôpital Saint-Bénézet.
Ulgitizêd
HÆ SUNT INDULGENT^ CONCESSÆ A DOMINO PAPA BENEFACTORIBUS PONTIS AVENIONIS ET HOSPITALIS.
DD. Papa Innocenlius, et DD. Papa Alëxander concesserunt unum annum et quadraginta dies;
DD. Papa Clemens IV duobus privilegiis duos annos et octoginta dies ;
DD. Papa Bonifacius unum annum et quadraginta dies ;
DD. Papa Urbanus unum annum et sexaginta dies ;
DD. Papa Clemens V quadraginta dies.
Duodecim cardinales unusquisque quadraginta dies singulis diebus, misericorditer remiserunt.
Item peccata venialia et oblita offensasque patrum et matrum sine manuum injectione.
Remissie item conceditur de retentionibus votorum exceptis Hierosolimitano, et religionis, et castitatis. Item de transgressione juramentorum.
4Si
VOICI LES INDULGENCES ACCORDÉES PAR LE SOUVERAIN PONTIFE AUX BIENFAITEURS DU PONT ET DE L’HÔPITAL
p’avignon.
N. S» P. le pape Innocent et N. S. P. le papè Alexandre ont accordé un an et quarante jours ;
N. S. P. le pape Clément IV a accordé par depif privilèges deux ans et quatre-vingts jours ;
N. S. P. le pape Boniface, un an et quarante jours ;
N. S. P. le pape Urbain, un an et soixante jours;
N. S. P. le pape Clément V, quarante jours ;
Douze cardinaux ont bien voulu accorder chacun quarante jours pour chaque jour.
Est accordée aussi Indulgence pour les péchés véniels oubliés et pour les offenses envers les pères et mères, qui n’ont pas été des voies de fait.
Est accordée aussi Indulgence pour le non accomplissement des vœux, sauf le vœu du pèlerinage à Jérusalem, celui d’entrer en religion et celui de chasteté. Est encore accordée l’Indulgence pour la trans» gression des serments.
Remissio item conceditur de injunctis poenitentiis quas per impotentiam implere nequiverunt.
Item sacerdotibus et clericis qui istud negotium bene et fideliter tractaverint, quidquid in divinis olficiis omiserint, est eis remissum a DD. Papa.
Item pœnitentias male factas ; item illi qui jejunare non poterunt.
DD. Archiepiscopus Aquensis cum suffraganeis suis concessit ducentum dies;
DD. Archiepiscopus Arelatensis cum suffraganeis suis ducentum dies ;
DD. Archiepiscopus Ebredunensis cum suis suffraganeis ducentum dies;
DD. Archiepiscopus Narbonensis cum suffraganeis suis ducentum dies omnibus remittit.
Item abbas Cluniacensis, abbas Cisterciensis, abbas Præmonslratensis, abbas S. Andreæ, abbas S. Victoris, abbas Grassæ, abbas S. Ægidii, abbas
Est accordée la remise des pénitences imposées que l’on est dans l’impuissance absolue de faire.
N. S. P. le pape accorde la rémission de toutes les omissions, qu’ils pourront avoir faites dans les offices divins, aux prêtres et aux clercs qui auront bien et fidèlement traité cette œuvre.
Même Indulgence pour les pénitences mal faites et pour tous ceux qui ne pourront jeûner.
Mgr l’archevêque d’Aix avec ses suffragants a accordé deux cents jours ;
Mgr l’archevêqued’Arles avec ses suffragants aussi deux cents jours;
Mgr l’archevêque d’Embrun avec ses suffragants aussi deux cents jours ;
Mgr l’archevêque de Narbonne avec ses suffragants accorde à tous deux cents jours.
De même, l’abbé de Cluny, l’abbé de Citeaux, l’abbé de Prémontré, l’abbé de S. André (de Villeneuve), l’abbé de S. Victor (de Marseille), l'abbé de Grasse, l’abbé de Saint-Gilles, l’abbé de Montmajour, le
Montismajoris, prior Cartusiee, Hospitalarii S. Joannis Hierosolimitani, Fratres Minores et Prædicatores, et omnes transeuntes per dictnm pontem, omnium bonorum quse fiunt et fient, tanquam membra, omnes benefactoree dieti pontis faciunt participes et consortes.
Summa omnium Indulgentiarum à summis pontificibus concessarum : quadraginta et una • quarantena pro qualibet eleemosyna.
Summa missarum, decem millia et amplius.
Summa Indulgentiarum cujusvis hebdomadæ.
Singulis diebus quibus erogatur eleemosyna, 77 anni et dies 25.
Summa menstruarum Indulgentiarum : qui quolibet die præbet eleemosynpa 300 et pcto pnni, insuperque centum dies.
Summa Indulgentiarum annitotius: qui quolibet anni die eleemosynam impendit anni ter mille et quatuordecim ac insuper diés 45.
prieur de la Grande-Chartreuse, le grand-maître des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, les Frère* Mineurs, les Frcres Prêcheurs et tous les religieux qui passent sur ledit pont, rendent tous les bienfaiteurs de ce pont participants de tous les biens qui se font et se feront dans leurs ordres comme s’ils en étaient membres*
Somme de toutes les Indulgences accordées par les souverains pontifes : quarante et une quaran* tainespour chaque aumône.
Somme des meàses : dix mille et plus*
Somme des Indulgences pour chaque semaine:
Chaque jour que l’on fait une aumône, soixante» dix-sept ans et vingt-cinq jours*
Somme des Indulgences pour chaque mois : Celui qui fera l’aumône chaque jour pourra gagner trois cent huit ans et cent jours.
Somme des Indulgences de toute l’année : Celui qui fera l’aumône chaque jour de l’année pourra gagner trois mille quatorze ans et quarante-dnq jours.
Has Indulgentias confirmavit Dominas Papa Joannes XXII.
2° Diplôme de Guillaume de Forcalquier.
Ce diplôme est revêtu de la signature et du sceau pendant de Guillaume ; il porte :
Præsentibus hoc præsenti scripto cnnctis notificetur quod ego GulielmusDei gratia cornes Forcalquerii, auditis miraculis et virtutibus quas D. N. J.-C. in sancta domo pontis Avenionis operatur, cupièns bonorum ejusdem domus esse particeps, et in remissionem peccatorum meorum, si aliqua jura seu usatica in transitum jam dicti pontis habeo vel habere debeo qualicumque modo : totum Deo et sanctæ domui, et in augmentum beati operis pontis quod 6. fienedictus Dei admonitu et voluntate incepit, bono animo bonaque mente, dono et remillo in præsenti et in futuro.
N. S. P. le pape Jean XXII a confirmé toutes ces Indulgences.
2° Diplôme de Guillaume de Forcalquier .
Ce diplôme est revêtu de la signature et du sceau pendant de Guillaume ; il porte :
A tous présents soit notifié par cet écrit que moi, Guillaume, par la grâce de Dieu comte de Forcalquier, ayant ouï les merveilles et les vertus que N. S. J.-C. opère dans la sainte maison dupont d’Avignon^ désirant participer aux biens de cette maison, et pour la rémission de mes péchés, si j’ai ou dois avoir quelque droit ou jouissance de quelque manière sur le passage dudit pont, je donne et remets, pour le présent et l’avenir, de bon cœur et bonne intention, tout à Dieu et à cette sainte maison, et en augmentation de l’œuvre pie du pont que le B. Bénézet entreprit par l’avertissement et la volonté de Dieu.
188 pièces
Insuper verô eodem modo eonoedo quod si per feuda nostra seu per terram nostram ligna vel blada, aut aliquæ res, ad sanctum opus prædicti pontis necessariæ transierint; quidquid in iis rebus propriis sæpe dicti pontis transierit, quidquid in iis per pedagium vel aliquod usaticum quærere potero, ut delicta mea oblivioni tfadantur sanctæ domui prænominateè per eeterna tempora remitto.
Deindeverô cunctis bajulis meis notifico quod si qui per castra mea et villas, bladi bannum vadant, blada quæ propria prædictæ domus et operis fuerint, non pro banno illo disturbent, sed libéré abire permittant.
Doipum si quidem istam, omnesque res domus et omnia ad ejusdem servitium pertipentia per terram nostram et amicorum nostrorum eundo et redeundo, in nostro recepimus ducatit et eusto* dia, omôiumque amicorum meorum et fideliwn firmâ securitate et salvacia.
Déplus et de même manière) si par nés fieft ou nos terres il passe dubois, du blé ou autre chose né* cessaire à la sainte Œuvre dudit pont, et que je puisse rechercher quelque chose par droit de péage ou de jouissance sur tout ce qui passera appartenant audit pont, je veux bien céder le tout pour toujours à ladite sainte maison, afin que mes péchés soient oubliés.
Je notifie ensuite à tous mes préposés de ne point tracasser pour les droits et de laisser librement aller ceux qui,dans mes châteaux ou campagnes, viendront prélever des droits sur le blé ou chercher du blé pour lesdites Œuvre et maison.
En conséquence, nous prenons sous notre domination et notre garde, sous la sûreté et la sauvegardé de ceux qui nous sont fidèles et amis, cette maison, tous ses biens, tout ce qui concerne son service qui passera par nos terres et celles de nos amis.
Datum apud Manuescam anno Dominicæ Inearnationis MCCII mense novembri.
3° Diplôme» des comtes de Toulouse.
Notum sit omnibus quod anno Dominicæ Incarnationis MCCXXXVII, scilicet XI calendas junii, accesserunt coram D. Raymundo-, Dei gratia comité Tolosæ et marchione Provinciæ, Hugolanus Persona, præceptordomuspontisRhodani Avenionensis S. Benedicti, et Petrus Trinsacius et Petrus Garetis, Fratres ejusdem pontis, offerentes eidem D. Comiti quoddâm instrumentum bullatum bulla Illustrissimi D. Raymundi Dei gratia ducis Narbonæ, comitis Tolosæ, marchionis Provinciæ, filii reginæ Constantiæ,quondam patris felicis memoriæ ejusdem D. comitis supradicti ; in quo quidem instrumente continebatur ducatus libertas et immunitas, data a dicto pâtre D. comité et solemniter cônfirmataStephano
Donné à Manosque, l’an de rincarnation de N. S. 1202, au mois de novembre.
3* Diplômes des comtes de Toulouse .
Qu’il soit notoire à tous que l’an de l’Incarnation de N. S. 1237 et le il des calendes de juin, par devant Mgr Raymond, par la grâce de Dieu comte de Toulouse et marquis de Provence, ont paru : HugolainPersona, commandeur delà maison du Pont Saint-Bcnétet d’Avignon, Pierre Trin3ac et Pierre Gareti, Frères dudit pont, présentant audit seigneur comte un acte scellé de la bulle de l’illustrissime seigneur Raymond, par la grâce de Dieu duc deNarbonne, comte de Toulouse, marquis de Provence, fils de la reine Constance et d’heureuse mémoire père de mondit seigneur le comte : dans cet acte est relatée la liberté et franchise du duché accordée par ledit comte
Qigitized by-*
quondam priori pontis supradicti et pei 1 ipsum priorem ponti et fratribus pontis tam præsentlbus quam futuris.
Quiaverô dictum instrumentum erat antiquum et etiam fila quædam in quibus bulla pendebat erant rescissa, et fere quasi omnia vetustate corrupta, præceptor et Fratres prœdicti pontis, eidem D. comiti supplicarunt humiliter et devote, ut dictum instrumentum amore Dei, reintegrari, transcribi et bulla sua confirmari præciperet cujus instrument! ténor talis est :
Notumsit omnibus præsentibus et futuris quod nos Raymundus Dei gratis dux Narbopœ, cornes Tolosæ, marchio Provinciæ, filius reginae Constantin, pro remedio animas nostree et animarum parentum nostrorum et prædecessorum, siout patér noster bonæ mémorisé D. Raymundus, dux Narbonæ, cornes Tolosæ, marchio Provins», jam donavit, ita et nos donamus Deo et pont!
Rhodani Avenionis et donationem à pâtre nostro
Digitjzed-by
JUSTIFICATIVES. m
le père et solennellement confirmée à Etienne, ja&i prieur dudit pont et par lui aux Frères du Font présents et à venir.
Mais parce que ledit acte était vieux, que les fils auxquels tenait la bulle étaient presque tous coupée et pourris, le commandeur et les Frères dudit Pont ont humblement et respectueusement supplié ledit seigneur comte d'ordonner, pour l'amour de Dieu, de renouveler, transcrire et sceller de sa bulle cet acte dont la teneur suit :
A tous présents et à venir: qu’il soit notoire que nous, Raymond, par la grâce de Dieu duc de Narbonne, comte de Toulouse, marquis de Provence, fils de la reine Constance, pour le soulagement de mon âme et de celle de mes parents et de mes prédécesseurs, ainsi que l’a fait notre père de bonne mémoire Mgr Raymond duc de Narbonne, comte de Toulouse et marquis de Provence, nous donnons à Dieu et au pont du Rhône d’Avignon, et nous confirmons la do-
factam confirmamus tibi Stephano priori et per te ponti et Fratribus Pontis, præsentibus et futuris, ut omnes resprædicti pontis sint sub ducatu nostro, protectione et tutela ; et ut in terra nostra et potestate, Fratres pontis per terram vel per aquam transeuntes de animalibus vel quibuslibet aliis rebus suis, ad usum operis et domus pontis, pedagium, tollam, questam, seu aliud quodlibet usaticum dare non teneantur ; sed liberi et immunes ab omni exactione permaneant.
Et quod bajulus vel aliquis homo noster, nomine prædictarumexactionumaliquidabeis accipere de cœtero, vel extorquere nullo modo præsumat.
- Cujus beneficii à pâtre nostro priori et aliis Fratribus pontis collati perennem memoriam et firmitatem, et quod nullus nostrorum sit ausus contra donationem prædictam venire, chartam præsentem inde fieri et auctoritate bullæ nostræ muniri volumus et mandamus.
'Digiti^efLby.
ÜQOglç..
nation faite par notre père à toi, prieur Etienne, et par toi au pont et aux Frères du pont, présents et à venir, afin que toutes les propriétés dudit pont soient sous notre domination, protection et tutelle; et que dans nos domaines et juridiction les Frères dupont portant par terre ou par eau leurs animaux ou tout autre des choses a usage à l’Œuvre et maison du Pont, ne soient pas tenus d’acquitter péage, droit ou tout autre impôt, et qu’ils soient libres et exempts de toute exaction.
Et que nul préposé et aucun d’entre nos gens n’essaie pas, au nom desdites exactions, de recevoir d’eux ou de leur extorquer quoi que ce soit.
Et pour mémoire éternelle et sûreté de ce bienfait accordé par notre père au prieur et aux autres Frères du pont, et afin que nul des nôtres n’ose s’élever contre ladite donation, nous voulons et ordonnons que la présente charte soit dressée et qu’elle soit munie de l’autorité de notre bulle.
199 wècw
Datum apud Montent Favura anno Dominiez Incarna tionis MCCIII mense septembri, ia prawntia DD. Uticensis epiacopi, Rostagni de Sabrano comestabuli, Rostagni de Codoleto, Ray* mundi Torquerii et Stephani, prions pontis.
Çesdiplômes ont été publiés par les Bollandistes et par Th- Raynaud, sous le titre d & Jura Pontis', ils avaient été conservés par le savant Henri de Suarez, docteur in utroque jure et neveu de l’illustre évêque de Vaisop.
Donné à Montfavet, l’an de l’Incarnation de N. S. 1203, au mois de septembre, en présence de Mgr l’évêque d’Uzès, du connétable Rostaing de Sabran, de Rostaing de Codolet, de Raymond Torquier et d’Etienne, prieur du pont.
loto F.
Les tours du pont.
La tour de Villeneuve, à laquelle autrefois venait aboutirlepont, fut construite, en 1307, par Philippe le Bel, qui voulait mettre son territoire en sûreté contre les atteintes de Charles 11, roi de Sicile, à qui il avait cédé la ville d’Avignon. Les papes, devenus maîtres d’Avignon, voulurent aussi mettre cette cité à l’abri d’un coup de main de la part du roi de France ; ils firent bâtir à l’entrée du pont une tour opposée à celle de Villeneuve ; mais les agents du roi très-chrétien ne leur permirent pas d’achever cette construction. Il fallut toute l'énergie du cardinal Julien de la Rovère, légat et archevêque d’Avignon (plus tard pape sous le nom de Jules 11), pour terminer
la bâtisse de cette tour et la garnir de fortifications et de machines de guerre. Cette tour faisait partie de l’hôpital du Pont; en 1736, on établit, même dans son enceinte, la salle du conseil d’administration ; on ferma la porte qui établissait communication avec le pont, et on grava sur le mur l’inscription suivante :
SANCTUS BENED1CTUS