LIVRE PREMIER
109! à II '^o.
Saint Bernard naquit, en 1 091, au château de Fontaines, situé non loin de Dijon, Tescelin, son père, issu d'une ancienne famille de Bourgogne, ayant passé une grande partie de sa vie dans les camps , n'avait pu s'occuper de l'éducation de son fils. D'ailleurs, à cette époque, les femmes élevaient en silence leurs enfants, leur inculquaient les premiers principes de religion, et les disposaient puissamment à la vie monastique. Les enfants n'entraient dans le monde qu'à la mort de leur mère; plus tard, venaient -ils aie fuir, c'était pour revenir à leurs premières impressions (i). Aletli de Montbar, mère de notre saint, femme pieuse et d'une foi vive, éleva son fds suivant les mœurs du temps.
1^1) Kadmor, 17/. J/ise/m. init. — (^iiaïul je 110 rite pas mi aiileiii , ji* IMiisr: génriaW-ment mes lenspigneim'iits rlie/ Mahillon.
Point d'intermédiaire, alors, entre la vie orageuse et dissolue de la haute société et celle du cloître : ce dernier genre de vie devait donc rendre ceux qui l'adoptaient, l'objet d'un très-grand respect. Ce qui prouve combien la vie monastique fut en honneur au douzième siècle, c'est l'admission de princes et de rois puissants dans des communautés religieuses {Ji^atres adscripll ) , pour participer aux prières des moines et en recueillir les fruits. Et, ne voyons-nous pas qu'eux-mêmes se revêtent, avant leur mort, de l'habitde moine. D'ailleurs, passerde la vie du monde à la vie monastique, était considéré, alors, comme un second baptême (i).
Si l'hypocrisie, plutôt qu'une vraie conversion, fit entrer , au moyen âge , certains hommes dans les cloîtres, il faut, toutefois, reconnaître que l'institution fut salutaire ; qu'elle contribua à l'amélioration d'autres hommes, entraînés étourdiment, jusque-là, par leurs passions, et qu'elle amena chez eux un changement de vie (2).
(i) Notre saint s'exprime ainsi à ce sujet : « Uiide moiiastica disci- " pliua meruerit liane prœrogativam , ut secundmn bapiisnia nun- •■ cupetur ? — Arbilror ob peifectam miindi abrenuntiationem ac « singulaieni excellentiam viue spiritualis , qii.t pia?n)inens universis ■■ vilœ hiiman.'E generibus hujus modi conversalio professores et ama- << toies siios angelis siniiles , dissimiles honiiuibus t'acit, et quomodo « ia baptismale, ita et in sancti biijus secunda quadam regeneratione ■< proposili de tenebiis aeque non unius originalis , sed nniltorum '< aclualium delictorum in lumen viitutis evadinius. ■>
(2) Les cloîtres devinrent, souvent, pour des criminels, des maisons