INTRODUCTION. XV
parceque, semblable au vovagem égaré dans les déserts brûlants de l'Arabie, elle s'est eflVayée, en descendant en elle-même, en jetant les yeux autour d'elle, de la stérilité qu'elle rencontre, de l'absence de toute végétation moiale. Si elle commence donc à comjjrendie qu'un scepticisme sec, qu'une philosophie pleine de doute et d'erreurs ne peuvent amenerque la dépravation et la ruine de la société, elle sait déjà, alors, que la main puissante du christianisme peut seule, en répandant ses principes vivifiants, soutenir l'édifice qui cioule de toutes parts , parceque le christianisme seul subjugue aussi bien le cœur que la raison. Dans ce cas, quel exemple est meilleur à suivre que celui que donne saint Bernard, quelle lecture est plus agréable que celle qui nous retrace l'histoire de sa vie? Car, on le sait, il domina en partie le douzième siècle, auquel il donna l'impulsion religieuse ; ce fut un de ses grands hommes, parce que celui qui aura fait et enseigné le bien sera appelé grand ( i ).
L'Église a fourni, dans tous les temps, des hommes d'élite, des hommes qui firent fleu-
(i) Saint Matthieu, cliap. V, v . 19.