INTRODUCTION. XVIJ
son propliète, quand son temps fut venu! Convaincu de sa vocation, rempli de l'esprit de Dieu , ce simple moine éleva sans crainte la voix, pour rappeler les successeurs de saint Pierre, et les dépositaires des sceptres temporels, à une appréciation rigoureuse de leurs devoirs. Prêchant constamment la morale la plus sublime et la plus pure, il clierclia à ranimer, au douzième siècle, les traditions des anciens solitaires de la ïhébaide ou de la haute Egypte, et à inspirer le goût de la vie cénobiti(|ue à la société de son époque, qu'élouffaient les cadres étroits de la féodalité. Car la vie cénobitique, institution déjà affaiblie par son passage de l'Orient en Occident, avait singulièrement été altérée depuis saint Pacôme, saint Antoine, saint Hilaiion, saint Basile, et surtout depuis saint Benoît, qui avait posé sur le mont Cassin le berceau de l'ordre immense qui devait jeter tant d'éclat ( i ). Le cloître avait vu s'élever dans son sein de graves abus. La
(i) Ce fut vers le commencement du sixième siècle (jue naquit l'ordre célèbre des bénédictins, dont les religieux fournirent aux sciences historiques tant de précieuses collections, qui resteront comme des monuments impérissables d'un travail consciencieux.