‹ Histoire de Saint BernardChapitre 45 sur 55 · BE L'ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

BE L'ESPÉRANCE

« Ne vous inquiétez point, » dit le Sauveur ^, mais mettez toujours votre confiance en Dieu. L'espérance qui a pour objet les choses visibles ne mérite plus ce nom. Ce n'est pas ce que nous voyons , mais ce qui est invisible , que nous devons chercher ; et, pour le trouver, h patience nous prêtera son secours. Ainsi doivent s'entendre ces paroles du Sage : « L'espérance du pervers est comme la poussière que le vent emporte; l'espérance des justes est pleine d'immortalité'*. » Attendez donele Seigneur, ma chère sœur; soyez fidèle à ses commandements ; par lui se relèvera votre espérance , et lui-même vous

les règles que saint Bernard donna à sa sœur Hombeline. (Voyez Henriquez, in lib. Cisters. et in Menolog.). Cependant Mabillon pense (|ue le saint n'est pas l'auteur decelivrc. — * Matt. XVII , 19. — 2 Heb. XI, 6. — 3 Matt. VI, 31, 34 *Sap. III, 4, 5, 13.

mettra en possession de son loynume. Attcndez-Ie avec patience; allendez-le dans l'cloij'îlicnient du péché : il viendra , n'en doutez point: et , au jour trèsprocliain de sn visite , ([ni sera celui de votre mort et de son ju;;enient , lui-nu'nie couronnera votre sainte espérance. C'est bien vainement que les lioninies livres à la corruption et au péché osent implorer la nùséiicorde de Dieu : (pi'ils changent de vie ; qu'ils connnencent du moins à s'uniender, et leur espérance ne sera plus vaine. Trop do coiiQance dans la bonté de Dieu , nous faisant persévérer dans le mal, attire sin- nous sa colère; trop d'appréhension de sa justice noiis jette dans le di'scspoir de sa miséricorde : il est un milieu entre ces deux e.\trêines. 11 faut toujours espérer le pardon de nos péchés; mais, autant (pie possible , nous ell'orcer de ne plus pécher. Ainsi le vrai serviteur de Dieu murche éfjalenicnt appny ; sur la crainte et sur l'espérance; par l'espérance élevé jusque dans les cieux, abaissé par la crainte jusque dans les enfers. Le péché , quehpic onornio qu'il puisse être, esi toujours moiinlre (jue ne serait le désesj)oir d'en obtenir le pardon.

Mettez votre espérance dans le cœur de Jésds, ma chère sœur : c'est pour elle un asile assuré ; car celui quise confie en Dieu est protégé et couvert de sa miséricorde. A cette ferme espérance joignez la pratitjue des veitus; et, dès cette vie, vous commencerez à goûter les délices ineff.ibles du Paradis. Il faut donc , très-chère rœur, avoir la haine du péché , bien espérer de la miséricorde de Dieu , détester ses fautes, ne point désespérer de son salut, faire pénitence, attendre tout de la bonté de ce gvand Dieu; et renonçant ainsi à la vie coupable , à cette vie qui donne la mort, crDire avec une paisible confiance que l'on obtieiulra la vie éternelle , à hupielîe je prie de vous condu're heureusement celui qui vous a choisie de toute éternité.

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