Lettre du 4 nov. — Bip. Amb., Ms. C. S. I
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la salle du consistoire, s'entretint avec les cardinaux de ce fait, après le leur avoir raconté. « Sa Sainteté, dit Ormanetto, a montré beaucoup d'affection et de vénération pour votre personne, en parlant de la protection dont Dieu l'a entourée. Puis elle s'est plainte de la conduite criminelle des ministres du roi, qui affectent de vous desservir et de vous gêner dans vos actions. Elle a montré la connexion qui existe entre cet attentat et la publication de l'édit. C'est ainsi souvent que naissent les crimes : à cette occasion, elle rappela l'histoire de saint Thomas de Cantorbéry. Tous les cardinaux ont ressenti et partagé les sentiments de Sa Sainteté (I). » Plusieurs lui écrivirent. Nous citerons seulement la réponse du saint au cardinal Alciati : « Je remercie beaucoup Votre Seigneurie illustrissime de la lettre qu'elle a bien voulu m'écrire, de sa propre main, relativement à l'accident de ces jours passés. Je suis reconnaissant des sentiments particuliers de votre affection et je n'avais nul besoin de ce nouveau témoignage ; je suis très touché aussi des paroles que Notre Seigneur a proférées en présence des cardinaux, en leur rendant compte de ce fait. Sa Béatitude vous a dit, me raconte Votre Seigneurie, qu'à l'occasion de cette injure privée dont je fus l'objet, j'avais écrit qu'on ne s'occupât nullement de ma personne, mais qu'on songeât plutôt à l'injure publique faite à mon autorité de pasteur. L'indignation était de toute convenance, me dites-vous; je ne cesserai pas de dire, moi, que j'ai voulu faire allusion à l'offense publique du droit ecclésiastique, à l'affront de la visite de la Sca/a, à cette injure publique préméditée
I. Lettre du 5 novembre. — Bib. des Barn. vol. I del Governo.
îles humiliés. 29
dans le but d'empêcher l'action de mon ministère pastoral. Quant au fait de l'arquebuse, je le regarde plus particulièrement comme une offense personnelle; elle ne me fut point faite à l'occasion de l'exercice de mon ministère : à cause de cela et pour cela, je désire que tout soit remis à Dieu ; pour le reste, me semblet-il, il faut agir vigoureusement (!). »
Dieu sait toujours tirer le bien du mal. Il tolère paifois la malice des hommes pour faire éclater la grandeur de sa miséricorde et la vertu de ses serviteurs. Saint Charles exprime ces sentiments dans la lettre de remercîment qu'il adressa à Pie V, le 24 novembre : «Très Saint et très Bienheureux Père, je baise très humblement les pieds de Votre Sainteté, en reconnaissance de sa paternelle bénédiction et de la faveur singulière qu'elle a bien voulu me faire, en m'adressant son bref, à l'occasion de l'accident survenu ces jours passés. Combien cette faveur m'apporta de consolation! Votre Sainteté le peut imaginer facilement par ce seul fait : depuis que de nombreuses persécutions sont dirigées, de tant de manières diverses, contre mon Eglise de Milan et ses ministres, je ne trouve pas d'appui ailleurs que dans la bienveillante protection de Votre Sainteté. Aussi, je l'espère fermement, cette protection nous fera surmonter toutes les difficultés présentes : de plus la majesté de Dieu tirera les meilleurs avantages, au profit de mon Eglise, de ces mêmes événements par lesquels le démon cherche à exciter les esprits et à faire trouver plus pesant le joug suave de la croix aux serviteurs de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dans ce but, afin que