‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 154 sur 169 · Id. Tom. XIV · texte numérisé non relu

Id. Tom. XIV

Cfmpitte trcnt^ctnqiuème.

« Je vous envoie, lui dit-il, une lettre que m'écrit le cardinal de Vaudemont, frère de la reine de France ; il sera bon de la montrer, mais en secret, à Notre Seigneur, afin que Sa Sainteté voie de quels soins particuliers et de quelle diligence il faut user vis-à-vis de ces cardinauxou jeunes prélats d'Outre-Monts,qui viennent à Rome. Ils partent de chez eux bien disciplinés ou au moins animés de bonnes résolutions ; il faut veiller à ce qu'ils ne s'écartent pas de la bonne voie, qu'ils ne se gâtent pas, comme cela est arrivé pour le fils du duc de Bavière, qui en fut si mécontent ('). »

Au jeune cardinal, il exprime, avec une modestie aussi naturelle que sincère, l'étonnement qu'il a éprouvé en recevant sa lettre. « J'aurais, dit-il, plutôt besoin qu'on soutienne ma faiblesse. Néanmoins, puisque Dieu vous a inspiré de recourir à moi, je veux vous donner une marque de ma déférence. » Il lui cite l'exemple de plusieurs cardinaux sur lesquels il pourra jeter les yeux pour se former à la vertu. En premier lieu, il nomme le cardinal de Clairvaux (2), Français, « qui a vécu de nos jours, dit-il, et qui peut servir de modèle à tous les cardinaux par la sainteté de sa vie, sa fuite du luxe et son inépuisable charité envers les pauvres. Le cardinal Henri, roi de Portugal, qui vient de mourir, vous offre de pareilles leçons. Vous n'avez qu'à mettre constamment sous vos yeux les décrets du concile de Trente : dans son chapitre de la Réforme, il

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