‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 156 sur 169 · Chapitre trente=cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre trente=cinquième

utile? Vous le comprenez, l'illustration de votre naissance, la grandeur de votre dignité, l'abondance de vos richesses, la fleur de la jeunesse et, ce qui est le principal, votre intelligence pour l'action, tout cela vous rend plus apte à donner aux autres le bon exemple. Un jour, je le souhaite, ce très vaste et très noble royaume de France refleurira: alors votre science, votre vertu, votre zèle feront renaître les grands gestes et la fécondité de l'antique piété. Appliquez votre esprit, Charles, à cette très digne pensée, appliquez à son exécution toute votre activité, votre industrie et votre âme; oui, très digne pensée pour la réalisation de laquelle vous ne devez pas seulement supporter des travaux et des veilles, mais encore répandre votre sang, donner votre vie elle-même. Quoique je sache que vous compreniez très bien ces choses, je vous les écris néanmoins non pas que j'estime que vous ayez besoin de mes exhortations, mais plutôt comme un témoignage de mon amour pour vous et de l'opinion que j'ai conçue de votre vertu (1). »

Il n'abandonnera pas le jeune évêque, il le suivra, le dirigera dans les principales fonctions de son ministère épiscopal ; il mettra son expérience à son service. Dans une touchante lettre, il l'encourage à faire la visite de son diocèse, « c'est le meilleur moyen, dit-il, de bien garder et de bien gouverner son troupeau, » mais il l'exhorte à remplir ce devoir par lui-même, s'il veut en retirer des fruits plus abondants : connaissant mieux le mal, il est plus facile d'y apporter un remède prompt et efficace. Ce conseil est conforme aux sages décrets du concile de Trente. En père prévoyant et

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