I. Lettre publiée par BOTERO
%. Côarles et la jrtance.
expérimenté, il le prémunit contre les difficultés, contre les obstacles que le démon fera naître sous ses pas ; « mais à cause de cela, dit-il, votre espérance ne doit point défaillir, votre zèle ne doit point languir ; au contraire, ils doivent grandir et s'élever avec plus de confiance. Le Dieu tout-puissant et miséricordieux, celui qui n'abandonne jamais les meilleurs desseins, sera là présent : il vous donnera des forces inépuisables et il brisera les efforts coupables de l'ennemi. Dans les ennuis qui résultent pour nous des difficultés et des obstacles, nous recevons une consolation non commune, qui embellit nos travaux et en augmente le mérite.
« Il est impossible de vous tracer aucune règle particulière : la différence de nature, de mœurs, de caractères qui existe entre nos diocésains ne me le permet pas ; mais ce qui est de tous les temps et de tous les lieux, c'est le bon exemple. Il faut que les sujets regardent dans la vie des supérieurs comme dans un miroir, afin d'y apprendre ce qu'eux-mêmes doivent faire et dire. » Le saint insiste, en terminant, sur l'établissement des séminaires pour l'instruction du clergé et il s'applaudit des résultats qu'il en a déjà obtenus pour son diocèse.
Le grand archevêque de Milan préparait ainsi à la France des évêques vraiment dignes de ce nom. Ne pouvant amener la cour à accepter le concile de Trente, il conseillait du moins aux évêques d'en suivre les décrets, de les mettre en pratique dans leur diocèse et leur province, autant qu'ils le pourraient, sans le secours et le consentement du pouvoir civil. Plus qu'aucune autre nation catholique, la France avait besoin du concile de Trente, pour faire refleurir chez elle la discipline ecclésiastique et opposer une puissante barrière au