Lettre du 20 juin 1570. — Bib. des Barn
2. Le nonce du Pape, en France, écrivait de Tours au cardinal Rusticucci, à la date du 12 novembre 1 571 : « Je me suis arrêté à Tours... Dans l'église cathédrale, et les autres paroisses de cette ville, on a célébré des processions pour rendre grâce à Dieu de la victoire remportée par les chrétiens, sur ce puissant et commun ennemi de toute la chrétienté : les personnes bonnes et pieuses en ont ressenti vraiment une grande joie.» Quelques jours après, il écrit de Langeais, « à trois lieues de Bourgueil, où l'on préparait un logement pour la reine, » que sa majesté avait été si heureuse de cette victoire qu'elle avait aussitôt ordonné qu'à Paris, et dans toutes les églises du royaume, on célébrât de splennelles actions de grâce. — Archives secrètes du St-Siège : Nonciahire de Fratice, tom. 4.
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Le vieux pontife redisait, dans la joie de son âme, le Nunc dùuittis du vieillard Siméon, en voyant la croix du Christ triompher une fois de plus de l'islamisme et la civilisation européenne échapper aux étreintes de la barbarie la plus puissante et la plus honteuse de l'époque.
Saint Charles ne saurait se taire après la victoire : il l'a demandée dans ses prières, il voudrait que toute la chrétienté entonnât le cantique de la reconnaissance. « A l'occasion de cette victoire, que la bonté de Dieu vient d'accorder à la chrétienté affligée, je ne puis m'empêcher, écrit-il à son agent, de vous communiquer l'e.spérance que nous avons de voir Notre Seigneur publier un jubilé pour exhorter les fidèles à rendre grâce à Dieu d'un si grand bienfait (r). »
Dans les premiers mois de cette année 1 5 7 1, l'archevêque de Milan avait visité une partie de son diocèse. Son zèle fut si grand, ses courses si longues, ses prédications si nombreuses, sa vigilance si active, qu'il épuisa les forces de tous ceux qui l'accompagnaient. Son vicaire Castelli le supplia de s'épargner lui-même et les autres : « Cette application continuelle de votre esprit avancera l'heure de votre mort, lui disait-il, et votre mort sera pour nous un grand malheur. » Il fut obligé de s'arrêter : la maladie le contraignit à accorder ce que ses amis n'avaient pu obtenir. Il céda à la violence du mal et suspendit ses travaux. Le 7 juillet 157 1. il écrivait à l'évêque d'Aleria, le B. Sauli : « Par la volonté de la clémence divine, une fièvre putride m'a forcé de garder le lit le jour
1. Lettre du 24 octobre 1571 à Mgr Carniglia. — Bib. DES Barn. vol. II, del Governo.