Chapitre uingt-sirïème
les évêques à résider, à moins d'en avoir reçu une dispense écrite (r). »
Grégoire XIII tenait surtout à la présence du cardinal Borromée, il espérait retirer de ses entretiens les lumières dont il avait besoin pour gouverner l'Eglise. Le cardinal ne se pressa point de quitter Milan ; s'il eût consulté les intérêts de sa santé, les agréments et les facilités du voyage, il eût pu partir, dès le mois d'octobre; mais avant de se mettre en route, il voulut pourvoir à tous les intérêts de sa chère Eglise. Dans une première lettre à ses diocésains, en date du 10 septembre 1574, il les engageait à se rendre à Rome pour profiter de l'indulgence du jubilé. Il y parle de la ville sainte avec enthousiasme, il se plaît à citer de longs extraits des homélies de saint Jean Chrysostome sur le tombeau de saint Pierre.
Les quinze jours qui précédèrent son départ furent employés à un travail continuel, il prépara des recommandations pour ses vicaires forains, il écrivit un nombre considérable de lettres, d'instructions de tous genres, il voulut tout régler comme s'il devait mourir. Il ne prenait aucun repos, ni le jour, ni la nuit et souvent il ne mangeait pas le soir. Lorsque ses serviteurs venaient l'avertir que son souper était prêt, il répondait : « C'est trop tôt! » et il continuait à travailler. Vers minuit, on l'avertissait de nouveau : « Il est trop tard, » disait-il alors, et il n'interrompait point l'œuvre commencée.
Avant de partir, il voulut convoquer son peuple, et le 2 7 novembre, il adressa cette lettre à tous ses curés de