‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 50 sur 169 · CHAPITRE VINGT-SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIEME

Le Jubilé de 1575.

Grégoire XIII appelle à Rome les cardinaux pour l'ouverture du jubilé. — Dispositions du saint. — Ses exhortations à ses diocésains avant son départ. — La route et ses pèlerinages. — Son mode de voyager. — Arrivée à Rome. — Ce qu'il fit dans la Ville éternelle pour gagner l'indulgence du jubilé. — Saint Pnilippe Néri refuse Baronius à l'archevêque de Milan. — La vénération de Baronius pour le saint.

— Les nombreux pèlerins de Milan. — Conseils de saint Charles au pape. — Le saint admire la vertu de Grégoire XIII.

— Le cardinal de Sainte-Praxède. — Il annonce à ses diocésains la faveur du jubilé pour Milan. — Piété et zèle des Milanais décrits par le saint lui-même. — Il inaugure à Milan l'indulgence des sept grandes basiliques.

1 'ANNÉE sainte du jubilé, que les papes ont coutume d'accorder tous les vingt-cinq ans aux fidèles qui visitent Rome, allait sonner. Saint Charles ne pouvait rester indifférent à cette grâce insigne : pour jouir plus pleinement des dons de Dieu et pour gagner l'indulgence plénière du jubilé, il avait résolu de visiter la Ville éternelle, dans le courant de l'année 1575. Grégoire XIII, voulant donner à l'ouverture de cette solennité un éclat extraordinaire, convoqua autour de lui pour cette circonstance tous les cardinaux ; il tenait aussi à les interroger sur les besoins de l'Eglise de Jésus-Christ, dans les divers pays de l'Europe où ces princes de l'Eglise

Le 3[uftilé Pc 1575. 1^3

avaient leur résidence. Ils furent invités à se trouver à Rome, un peu avant les fêtes de Noël. Cette convocation dérangea les projets de l'archevêque de Milan, il « avait formé le dessein de faire ce voyage pour satisfaire à sa seule dévotion, de s'arrêter à Rome seulement le temps nécessaire pour baiser les pieds du saint père, pour visiter les saintes églises et les lieux de dévotion, puis de revenir aussitôt dans son diocèse. >> Il avait décidé de consacrer à ce pèlerinage une partie des mois de septembre et d'octobre; c'était le temps des vacances, entre la fête patronale de sa cathédrale, le 8 septembre, et la Saint-Martin, ouverture de l'Avent ambrosien ; il lui était plus facile de s'absenter. L'appel du pape le troubla un instant. « Pour ce qui me concerne, écrit-il à Mgr Carniglia, je ne vois pas à quoi peut servir ma présence à Rome, comme cardinal et encore moins comme évêque, pour régler les mesures à prendre pour l'année sainte... Mais puisque l'intention de Sa Sainteté est que je me trouve à Rome, au commencement de l'année sainte, et que je rentre ensuite dans mon diocèse avant le carême, je ne puis faire autrement que de me soumettre au jugement et à la volonté de Sa Béatitude. » Mais les scrupules de l'évêque paraissent aussitôt : « Je ne vous dirai qu'une seule chose : si Notre Seigneur n'est pas disposé à appeler par bref à Rome tous les cardinaux italiens — dans ce cas, ce bref servirait de permission, — je ne ferais pas ce voyage sans une permission écrite, pour me conformer au concile de Trente et au décret de Sa Sainteté sur la résidence, ce vovaofe devant avoir lieu dans l'Avent et au moment de la solennité de Noël, temps pendant lequel le concile de Trente oblige en conscience

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