‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 53 sur 169 · Chapitre uingMnème · texte numérisé non relu

Chapitre uingMnème

Reyna, le cardinal Borromée suivit le régime du carême, il ne mangea jamais autre chose que du pain, des noix et des raisins secs. Nous arrivions toujours assez tard dans la nuit dans une auberge où nous netions point attendus. A peine descendus de nos chevaux, couverts de boue, engourdis par le froid, souvent mouillés, toujours harassés de fatigue, nous nous rendions tout droit à la chambre de l'archevêque. Là, les genoux en terre, nous achevions les prières de l'office selon le rit romain (1). Nous y ajoutions les litanies, après la récitation desquelles nous restions encore longtemps en silence et en oraison. Il nous excitait ensuite par un pieux discours : ces exercices prenaient habituellement deux heures. Nous songions alors aux besoins du corps, puis nous allions au lit. Le lendemain matin, vers les deux ou trois heures, nous nous réunissions de nouveau dans sa chambre, nous recitions la première partie de l'office, nous méditions et nous nous préparions aux divins mystères, que chacun de nous célébrait ensuite. Le tout n'était pas terminé avant quatre ou cinq heures du matin, heure à laquelle nous remontions sur nos chevaux, afin de gagner, par une course rapide, quand la nuit serait venue, une autre auberge (2). »

« Nous n'avions point de guides, dit un autre, et nous errions souvent par une nuit profonde, à travers les gorges des Apennins, sans savoir où porter nos pas. Un soir, attirés par les hurlements d'un chien, nous nous dirigeâmes vers une misérable hutte. Là, il n'y

i. En dehors de son diocèse, le saint suivait toujours la liturgie romaine, ce n'est que plus tard qu'il demanda la permission de suivre partout la liturgie ambrosienne.

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