Cité par OltrOCCHI, p. 249, note a
Le jlutulé ne 1575, 117
avait absolument rien à manger. La Providence nous envoya des muletiers qui venaient d'acheter, au village voisin, une assez grande quantité de légumes et nous pûmes calmer notre faim. Il n'y avait ni lits, ni chambres et nous passâmes la nuit dans une étable. Quant à Charles il resta dans la salle où nous avions mangé, se livrant à la prière ou faisant quelque pieuse lecture, à la lumière d'une misérable lanterne (!). »
Pendant la route, le saint ne négligea aucune de ses pratiques de piété, il ne rencontra aucun sanctuaire sans s'arrêter pour le visiter et y prier. Tout en chevauchant, il adressait à ses compagnons de pieux discours, il les excitait à aimer Dieu et les engageait beaucoup moins à songer à admirer Rome et sa magnificence, qu'à se perfectionner dans le bien et à .en revenir plus parfaits.
Après treize jours d'un si fatigant et si saint voyage, le cardinal arriva à Rome. Le souverain pontife voulut le recevoir sans retard, il connaissait son rare talent d'organisateur et il le consulta sur les meilleures mesures à prendre pour éviter les inconvénients qui pourraient résulter, pour la santé publique, d'un grand rassemblement de pèlerins et aussi sur les moyens de les loger dans les hospices. Après cette première visite, le saint se retira chez les Chartreux, à Sainte-Marie des Anges, où il se confessa et passa quelques jours dans le recueillement et la prière.
Ce jubilé avait attiré beaucoup de pèlerins à Rome ; on y compta plusieurs hommes illustres parmi lesquels nous signalerons la présence du Tasse, le chantre
1. Fornero, l'un des familiers du saint. Cité par Oltrocchi, p. 249, note b.