Chapitre tring^cMintèmc
n'étaient plus acceptés dans les lieux où on les envoie, qu'ils reviennent à Milan, leur général les recevra avec bonté et ils seront pourvus de tout le nécessaire. »
Malgré les immenses travaux que lui donnait la réforme de son diocèse, l'archevêque ne négligea point celle des Humiliés. Il s'occupa des intérêts matériels de l'ordre, et, conformément à l'autorisation quelui donnait le bref du pape, en date du 29 mai 1568, il révisa, rectifia, approuva les ventes et les contrats faits par le général des Humiliés. Par lui-même ou par des délégués, il visita et réforma tous les couvents, prévôtés et autres lieuxdépendants des Humiliés. Il crut, — et saint Philippe Néri l'engageait àentrer dans cette voie, — qu'il atteindrait plus sûrement son but en introduisant dans les maisons des Humiliés quelques membres d'autres ordres religieux qui, par la régularité de leur vie, pourraient exercer une influence salutaire. Il conçut même le dessein de les unir aux Barnabites. Mais la réflexion et des inconvénients qu'il n'avait pas prévus ne lui permirent pas de donner suite à ce projet.
Le nouveau général des Humiliés prêtait à saint Charles un concours aussi sincère que résolu; mais leur action commune était impuissante devant le mauvais vouloir de la plupart des religieux. Les exemples de la sainteté et la grâce divine elle-même ne faisaient plus aucune impression sur ces âmes endurcies, infidèles à leurs vœux, ayant depuis longtemps foulé aux pieds la règle monastique. C'étaient des obstacles apportés à leur vie facile, ils songèrent aux moyens de les écarter. La vue du saint était pour eux un reproche continuel et un sujet constant de nouvelles craintes, ils cherchèrent à s'en débarrasser.
Les fôumtliés.
« Le mercredi soir, 26 octobre, le cardinal assistait dans sa chapelle, avec sa famille, à la prière d'usage, à une et demie heure de nuit environ. Au commencement de l'office, pendant léchant dumotet : Tempus est ut revertar ad eum qui me misit (*), les chantres en étant arrivés à ces paroles : no 71 turbetur cor vestrum neque formidet (2), on tira sur lui, à quatre ou cinq brasses du seuil de la chapelle, une arquebuse chargée de balles et de dés de plomb. La balle atteignit l'archevêque au milieu de la colonne vertébrale; par miracle, elle ne lui fit aucun mal ; elle marqua seulement son rochet d'une tache noire de façon qu'on put voir nettement la forme de la balle. Il fut encore atteint par un dé qui traversa le rochet et sa soutane de camelot; mais il n'en reçut point de mal. Ce qui ne peut s'attribuer à aucun moyen humain, mais seulement à la protection particulière de Dieu sur lui. Se sentant touché, ayant vu la flamme et entendu le bruit de l'arquebuse, il se crut blessé. Toutefois n'ayant éprouvé aucune douleur, en portant la main à l'endroit où il avait senti une secousse, il ne se dérangea pas de sa place, il fit signe aux chantres, qui s'étaient arrêtés à ce bruit, de continuer à chanter et ainsi finit tranquillement la prière.
« Après la cérémonie, on trouva à terre, derrière sa seigneurie illustrissime, la balle, un peu plus loin, un dé fixé dans une planche, et un autre dans le mur sur lequel on voyait huit autres marques de dés semblables ; derrière la porte de la chapelle, d'où fut tirée l'arquebuse, la planche portait la marque de la flamme qui l'avait brûlée en deux endroits, en y laissant des traces noires.