‹ Histoire de Saint François d'AssiseChapitre 19 sur 23 · Connus autrefois en France sous le nom de Cordeliers · texte numérisé non relu

Connus autrefois en France sous le nom de Cordeliers

DE saint nUNÇOIS D'ASSISE. 3oi

nom de Frères-Mineurs Conventuels, doni la chefs appelé

Maître général, serait confirmé dans son office par le ministre général, successeur Lmmé liai <lu saint ton latear, Il leur fut permis d'avoir des biens-fonds ; ee <j li fut autorisé par le concile de Trente \

Ainsi l'Ordre des Frères-Mineurs se renouvela lui-même dans son propre sein, aux pieds du vicaire de JétUI-Chfist, Mais cela n'arrêta que pour un instant les tendances diverses des esprits; l'Observance voulut avoir une étroite Observance, qui s'inaugura en Espagne sous la glorieuse protection de saint Pierre d'Alcantara ; les Frères de cette nouvelle famille prirent en Italie le nom de Kétormati, et en France celui de Récollets 2. En 1525, il se forma eue re dans FObservance une nouvelle transformation de l'Ordre de saint François : les Capucins 3. Ce vieux troue franciscain a conservé toute sa vigueur; il abritera encore de son ombre bien des générations faibles et soutfrantes. Il a toute sa gloire ; et dans ces derniers temps il présentait au monde avec orgueil deux hommes revêtus de la pourpre romaine, et qui résumaient l'histoire de l'Ordre : le cardinal Micara, héritier de cette éloquence populaire qui distinguait le moyen âge et qui est restée vivante en Italie, capucin puissant par ses vertus et par sa science ; et ce cardinal Orioli, un des premiers théologiens de Rome, membre de plusieurs congrégations dont il était la lumière ; intelligence vaste et forte, unie à un cœur simple et bon 4. »

Ajoutons en terminant, que le Tiers-Ordre de saint François un moment disparu en France, par suite de la

i. Sess. XXV, cap. m.

2. Ce nom vient <1^> couvents rie ftiVollpction, que l'on donnait dans L'Observance a ceux qui voulaient vivre plus parfaitement

a. Les Annales des Capucins, par IJoverio, sont un des plus beaux livres que l'on puisse lire.

suppression des ordres religieux, y refleurit aujourd'hui I avec une nouvelle vigueur, et que toutes les classes de la société s'empressent comme autrefois de se ranger sous la bannière du saint patriarche et de prendre son humble livrée.

A l'extérieur, rien ne distingue les membres de cette grande famille : un petit scapulaire noir et un pauvre cordon, voilés à tous les regards, leur rappellent seuls qu'ils doivent vivre dans le monde d'une vie plus parfaite, et que chacun d'eux, dans sa position, doit être un modèle de tontes les vertus chrétiennes. Aux jours de réunions seulement, ils revêtent la tunique primitive du Tiers-Ordre, et ceignent, par-dessus, l'humble cordon ; mais ils ne peuvent sJen revêtir que dans le vestiaire, avant d'entrer dans la chapelle destinée aux exercices de piété qu'ils sont appelés à faire en commun, sous la direction du religieux chargé de ce soin. Ils sont entrés process^'onnellement à la chapelle, ils en sortent de même, retournent dans leur vestiaire, y déposent le saint vêtement qui recouvrait celui du monde, et sont tenus de l'y laisser ; ils ne doivent l'emporter chez eux sous aucun prétexte. A la mort, ils peuvent et doivent le réclamer, afin de s'en revêtir une dernière fois pour ne le plus quitter : l'humble livrée du glorieux Fondateur doit être pour ses heureux enfants le linceul de leur dépouille mortelle et le gage de leur couronne éternelle.

Puisse ce faible travail contribuer à la gloire de l'illustre patriarche d'Assise ! Nous osons le lui offrir, tout imparfait qu'il soit, en le priant de le bénir et de nous pardonner la témérité qui nous l'a l'ait entreprendre.

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