‹ Histoire de Saint François d'AssiseChapitre 3 sur 23 · MONSEIGNEUR PARISIS, ÉVÊQUE D'ÀRRAS · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR PARISIS, ÉVÊQUE D'ÀRRAS

L'Histoire de saint François d'Assise, par J. II. S. DAURIGNAC, a toutes les qualités des précédents ouvragos du même auteur: style convenable et pur, doctrine exacte et solide, manière de raconter sans longueurs et sans lacunes, qui paraît tout dire en ne disant que ce qui est vraiment digne d'intérêt; elle a de plus un mérite particulier, bien précieux pour tant de lecteurs qui se fatiguent si vite, c'est la multitude des petits récits, qui se succèdent sans dépendre les uns des autres, et sans pourtant nuire à l'unité de l'ensemble. Pour ceux qui veulent bien connaître le grand thaumaturge d'Assise, son histoire a le charme d'un roman, tant les merveilles s'y pressent; pour ceux même qui ne chercheraient qu'un délassement accidentel, c'est un vrai livre d'anecdotes, mais quelles anecdotes! C'est une galerie où sont esquissées séparément les plus prodigieuses victoires. Dieu veuille accorder beaucoup de succès à cet excellen ouvrage, car ceux qui le liront en deviendront meilleurs!

A Oppy, en cours de visite pastorale, le 4 octobre 1861, fête de saint François d'As>ise.

f P. L., Èv. d'Arras, de Boulogne et de St-Omer.

L'histoire de saint François d'Assise sera-t-elle accueillie avec autant de bienveillance que celles de saint François Xavier, de sainte Jeanne de Chantai et de saint Ignace de Loyola? Dans un temps où le rationaliste s'est emparé de tous les esprits, même de ceux qui en ignorent le nom, pouvons-nous présenter les faits surnaturels dont se compose cette histoire, sans nous faire accuser de témérité par quelques-uns, et sans exciter de la part des autres le sourire moqueur de l'incrédulité ?

On croit volontiers à l'intervention des esprits, lorsqu'il s'agit d'une table dansante, d'un chapeau tournant, d'un crayon écrivant; mais on se juge esprit trop fort pour ajouter foi aux pieuses légendes qui nous racontent la poétique et touchante intervention des esprits célestes dans la vie d'un saint personnage, dont les miracles et la sainteté sont reconnus et attestes par l'Église.

On accepte aveuglément, sur la foi d'un nouvelliste de talent, l'apparition des spectres évoqués par le médium le plus en vogue ; mais on ne peut accepter le récit d'une apparition de Notre-Seigneur ou de sa très-sainte Mère, en faveur d'une âme dont ils sont la seule pensée, la seule occupation, le seul amour. Que de chrétiens — et de chrétiens pieux — craindraient d'être taxés d'ineptie, s'ils paraissaient ajouter foi à des manifestations de la puissance et de l'amour d'un Dieu !

Que ces chrétiens nous pardonnent ; ce n'est pas pour eux que nous avons écrit la vie si extraordinaire de saint François

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