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1712-1731.—Les années de caime et de prospérité.
Après tant de secousses, la population de St-François allait jouir d’une vingtaine d'années de repos, pour réparer ses pertes et se fortifier aux luttes de l'avenir.
En 1712 Joseph Crevier, seigneur de St-François, concéda à François Bibaud une terre située dans sa seigneurie, Bibaud était né en Canada ; son petit-fils fut l'historien Bibaud.
Le 29 février 1712, à Québec, devant le notaire Dubrzuil, est faite une convention, en vertu de laquelle la terre cédée aux Abénakis par Jean-Baptiste Crevier sieur Deschenaux, retourner1 en la possession de celui-ci lorsque les Sauvages abaidonneront le poste de Saint- François. Sont présents au contrat: le gcuverneur Vaudreuil et les Pères Jésuites, au nom des Sauvages.
Le 14 novembre 1714, ia paroisse fut érigée canoriquement. !e premier cahier des -actes de naïissance., mariages et sépultures, déposé d’abord aux archives des Trois-Rivières, a été transporté à Sorel après da création du district judiciaire de Richelieu.
Le 3 mai 1715, le seigneur Joseph Crevier accorde, à titre de censitaire à Jean-Baptiste Dugast, curé de St François, dix arpents de terre de front, à partir du chenal Tardif jusqu’à La Lussaudière. A droiteet à gauche de ces dix arpents, les terres n'étaient pas encore concédées. Voyez plus loin, année 1723.
Le missionnaire résidant à St-François était le Père Joseph Aubéry, ‘un homme de grand valeur, un savant, le même que Châteaubriand a rendu célèbre scus le nom du Père Aubry. D’après ce que l’on raconte, vers 1715, les Sauvages délibérèrent pour décider si Samuel Gill épouserait une Abénakise ou une Canadienne ; comme ils hésitaient, le Père Aubéry consulta les sentiments Ge Gill et de Melle James-et les voyant d'accord, maria les deux jeunes gens. La tribu s'en montra satisfaite, parce qu'eile possédait de cette façon une familie de langue anglaise, habituée à la vie et aux coutumes des enfants des bois.
Les Abénakis de Bécancour et de St-Fran;ois refusaient, en 1716, de vendre leurs pelleteries aux Anglais, même à des conditions plus favorables que celles que leur offraient les Français, et ils déclaraient qu'ils préféraient attendre l'heure où le commerce avec la France serait fait sur un principe nlus large.
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M. de Tonnancour, des Trois-Rivières, subdéiégué de l’intendant de la Nouvelle-France, décide, le 8 juillet 1720, que Pierre Niquet, habitant de St-François, et Françoise LeMoyne sa femme, ont le droit de céder à Jean-Baptiste Jutras dit Desrosiers, leur petit-fils, tous leurs bien-fonds et immeubles situés sur le chenal Tardif, et tout ce qui leur appartient dans la seigneurie de St-François, titre de donaison. Ce jugement fut annulé, le 6 octobre 1722, par un acte devant Lacetière, notaire à Québec. Etaient témoins : Charles Debled, marchand ; Louis du Tissené, étudiant, tous deux de Québec. Niquet, présent, ne sait signer, Les signataires sont : ‘ Jean-Baptiste Joutras Derosiers, Françoise Lemoine, Debled, Tisné.” :
En 1721 des Sauvages de l’Acadie visitèrent les bourgades de Bécancour et de St-François, avec l'assentiment du gouverneur général, et firent connaître aux Abénakis la politique des Anglais, celle-ci toute contraire aux Sauvages et aux F rançÇais, naturellement,
Le Père Charlevoix visita St-François-du-Lac, au mois de mars 1721. Il dit dans son journal de voyage : ‘* Les Abenaquis sont établis sur les boräs de la rivière, à deux lieues de son embouchure, L’endtoit est fort agréablé, ét c’est dommage : ces peuples ne goûtent pas les agréments d'une belle situation; des cabanes de Sauvages, surtout d'Abénaquis, n’embellissent Pas un pays. Le village est nombreux ét
n'est habité que par des chrétiens.”
L'ordonnance de 1722, prescrit que l'étendue de la paroisse de St- François-Xavier sera de deux lieues et demie, dont une lieue de front que contient le fief de la Lussaudière en remontant le fleuve jusqu'au dit St-François, et une lieue et demie de front que contient St-François, jusqu’au fief d'Yamaska, compris les profondeurs des fiefs renfermés dans ces bornes, et celles du fief Pierreville qui est situé derrière la seigneurie de St-Françoie, à l'exception de ce qui est occupé par la mission des Sauvages, tant qu’elle y restera ; et sera desservie par le curé de St-François cui sera tenu d'aller dire la messe, de trois fêtes l’une ou de trois dimanches l’un, en l'église de St-Michel, située sur le dit fief d'Hyamaska et d'y faire le cathéchisme aux enfants. Le surplus du front du dit fief d'Yamaska, en remontant jusqu’à Sorel, ensemble les îles du Moine et des Barques qui en dépendaient demeureront jointes à la paroisse du dit Sorel,
Le territoire renfermé autrefois dance les limites de la paroisse de St-François-du-Lac forme aujourd'hui les deux grandes paroisses de St-Françcis du-Lac et St-Thomas de Pierreville, dont la ligne de division est la rivière St-François.
L'ancienne paroisse de St-F ranÇois-du-Lac, telle qu'elle était sous le le régime français, comprenait les seigneuries de St-François, de la Lussaudière et de Pierreville,
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Depuis la conquête, on y a ajouté des. territoires adjacents, désignés sous lé nom de vides (gores) ou augmentations des townships de Wendôver et d'Uptort.
Aujourd’hui, ces déux rouveaux territoires, avec la seigneurie entière de Lussaudièré, et partie dés seigneuries de St-François et dé. Pierreville forment la paroisse de St-Thomas de Pierreville,
Les parties des seigneuries de St-François et de Pierreville, situées au sud-est de la rivière St-François forment la paroisse de St-Françoisdu-Lac,
Au registre dé la paroisse dés Trois-Rivières, le 27 avril 1722, est inscrit le mariage de Chärlés Alavoine, chirurgien, fils de Charles Alavoine et de Marie Machard, avec Marie-Anne Lefebvre Lassiseray, fille de feu Michel Lefebvre et de Catherine Trottier, Les temoins sont: Joseph Boulanger et La Girardière. Le prêtre qui célèbre lé. mariage est ‘“ Jean-Baptiste Dugas, curé de la côte St-François ; ” il agit, en cette occasion, par permission spéciale.
On voit, par les registres de St-François, que le Pére Aubéry aïdait beaucoup au curé, car il n’y a presque pas de page où son nom ne figure comme officiant dans les baptêmes, mariages et sépultures.
Il y a apparence que M. lé curé Dugast n'avait guère fait exécuter dé travaux sur le terrain à lui concédé le 3 mai 1715, puisque le nou: veau seigneur Joseph Crevier exigea de lui la construction, sous dixhuit mois, d’une maison en ce lieu ; l'acte est du 12. avril 1723, par dévant le notaire Petit aux Trois-Rivières. Les témoins sont Jâcques. Gamelin et J-B. Jutras dit Désrosiers, marchands de St-François. Cét acte du 21 avril 17233 semblé dire .que les terres situées nord-ouest et | sud-est du lot de M. Dugast étaient encore non concédées, mais El LL rappelons-nous que sur la carte de M. de Catalogne (1709) elles por- , tent les noms de “ N. Cartier ” et ‘ Delisle ”. On voit le signe d’une croix sur le lot (dé M. Dugast) mais pas. de nom. L'acte dé 1723.dit que ce Int ‘ commence au nord-ouest à un gros pin où'il y a une. Viérge ‘ ME enchässée.” Le signe dé la croix (1709) s'explique par ce fait, il me sa semble. Le docteur Lemaître me dit que dans son enfance il.a vu la. souche de ce pin, appelé alors ‘le pin de la Vierge, ” et qu'elle était | chez M. Petit Chenevert. On racontait des légendes à son sujet.
* M M. Dugast avait été ordonné prêtre, à Québec, le 22 avril 1714. Il
Fa fit une mission. au cap. St-Ignace et à l’Islet et immédiatement fut chargé le la cure de St-François-du-Lac ; il mourut dans cette charge le 9 mars 1763, âgé de soixante et dix-neuf ans.
Vers 1720-25, les Ahénakis de l’Acadie. résistaient les armes à la. main contre.les Anglais, mais comme les couronnes de France. et d'Angleterre étaient en paix, le Canada.ne pouvait intervenir ouvertement dans cette lutte; les Sauvages vaincus se réfugiaient chez nous ;
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c’est ainsi que St François reçut une addition d’exilés qui porta à un chiffre assez considérable. le nombre de. ces braves.et contribua dans les guerres qui survinrent, à donner de l'importance à ce groupe de guerriers.
Catherine, fille de Laurent Philippe épousa Joseph Hertel, lequel, en 1722, fit acte de foi et hommage, tant pour lui que pour les héritiers de Laurent Philippe—pour le fief de Fierreville.
La seigneurie de Pierreville passa de Laurent Philippe à Lemaître- Duhaime ou Gatineau-Duhaime, et de cette dernière famille à dame Elizabeth Grant, madame de Montenach (ou à son père). Je ne sais si Duhaime fut le successeur immédiat de la famille Philippe.
1723.—Jean Crevier sieur de St-François, rend foi et hommage au sujet.de la seigneurie de St-François, pour lui-même, son frère et ses sœurs, tous héritier de Joseph Crevier e St-François, lequel était fils de Jean Crevier premier seigneur.
. Jean-Baptiste Jutras dit Desrosiers acquit, en 1724, le fief Lussawn dière, appelé aussi fief du.chenal Tardif, qui était encore presque tout couvert. de boïs debout. Il y plaça plusieurs colons. Le vendeur était Paul-François Raimbault, qui tenait le fief du séminaire de Saint- Sulpice de Montréal.
1724, 30 juin aux Trois Rivières. Mariage de Joseph Crevier, seigneur de St-François, fils de Joseph Crevier, vivant officier dans les troupes de la marine et seigneur de St-FKrançois et de M. Angélique Boulanger, de la paroisse de St-François, dans le lac St-Pierre avec Charictte, fille de Pierre Lemaître, capitaine de la milice de cette ville, et de Marie Chenay.
Le 25 octobre 1724, M. de Vaudreuil écrivait au ministre que,
depuis un an, lies Abénakis n'avaient pas cessé de harceler les Anglais,
pour les forcer à se retirer de dessus leursterres de l'Acadie. On était alors dans la troisième année de cette guerre inconcevable où la diplomatie s'exerçait de part et d'autre au.détriment des pauvres Sauvages. Ceux de St-François et de Bécancour, aidés de la nation des Loups, faisaient des partis de guerre depuis le mois de mars 1724 C'est durant les escarmouches de cette épojus que le Père Rasle fut tué par les Anglais, en Acadie,
Louis XV faisait écrire de Versailles, le 29 avril 1727 qu'il avait appris avec plaisir la disposition des Abénakis de Saint-François et de Bécancour de continuer la guerre contre les colonies anglaises et de n’entendre aucune proposition de paix avant que les Anglais n’eussent-rasé les forts qu'ils avaient construits sur leurs ierres d'Acadie. Cela, ajoute le roi, est si important pour le Canada, que le sieut-de Beauharnois, gouverneur, général, ne :peut prendre de trep jistes mesures pour fomenter cette guerre et empêcher tout accommcde-
ment. Le Père Aubcry, entrant dans ces vues, écrivit des lettres aux missionnaires de l'Acadie.
1729. 27 oct, 3-R. Devant Petit, notaire, Marguerite Maugras épouse de Louis Véronneau, de St-François, autorisée de son mari, vend à Louis Véronneau, leur fils, pour 150 f‘ancs, un arpent de terre de front sur 25 de profondeur tenant pardevant à la rivière St-François, par derrière à la profondeur ; d’un côté par en haut à la dite venderesse, d'un côté par en bas à un petit côteau où éfaif l'ancien fort des Sauvages Abénaquis. Ce terrain appartenait autrefois au sieur Lauzière premier époux de la dite Marguerite Maugras, et était située dans la censive de Joseph Crevier seigneur de St-François. Témoins : François Simonnet maître d'école ; Michel Fafard sieur Lonval marchand et major des milices des Trois-Rivières.
Sur cet acte, le juge Charles Gill a écrit: ‘“ Nous n’avons rien Cans les souvenirs locaux touchant ‘“ Z'ancien fort des Sauvages” ici meationné, Le Dr Lemaître prétend que c'était sur son île, mais je suis décidément d’avis contraire peur la raison toute simple que l’île n’a pas ving-cinq arpents de profondeur, tant s’en faut ! Je serais tenté de placer ce fort à l'endroit nommé le village des Gill, où les Sauvages plantérent leurs wigwams avant de s'établir définitivement où ils sont actuellement. Il y à là plus d’un petit côteau. Je sais que Véronneau y a demeuré et qu’il y fut même tué par l'explosion d’un baril de poudre. Ce terrain avait été concédé aux Gamelin ; abstraction en est faite dans la concession de la réserve des Abénakis par madame veuve Crevier. Les Gamelin étaient alliés aux Maugras, et peut-être est-ce d'eux que Marguerite avait eu le terrain en question.
Le 13 janvier 1733 je vois “ Véronneau fils ” présent à un mariage aux Trois-Rivières.
Citons M. Maurault (page 274): ‘ Comme les Sauvages prenaient part à toutes les expéditions contre les Iroquois et la Nouvelle. Angleterre, le gouvernement avait fait élever, sur le bord de la rivière St-François, un ‘petit magasin, où il avait fait disposer des armes et de la poudre, à leur usage pour la guerre. Ce magasin subsista plus de trente ans. Il fut détruit, vers 1730, par l'explosion d’un baril de poudre. Un nommé Véronneau, alors propriétaire ou gardien du magasin, fut tué avec un Sauvage. Au moment de l'accident, la femme de Véronneau, occupée à faire un collier de wampum, était assise auprès du berceau de son enfant. L'édifice s'écroula sur elle ; cependant, ni elle ni l'enfant ne reçurent de blessures.”
Si l'on veut savoir où était le fort des Sauvages et la terre de Véronneau, il n’y a qu’à consulter la carte cadastrale de Gédéon de Catalogae, que j'ai publiée.
Joseph Crevier, seigneur de Saint-François, voyant que ses censi-
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