‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 216 sur 351 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

qu'Hébert el ses amis fussent aux gages de l'étranger, donnaient, au moins, la certitude que leur système d'exagération était regardé comme une aide puissante pour les ennemis de la Révolution.

En les envoyant au Tribunal révolutionnaire, leComité de Salut public céda donc au désir de mettre un peu d'ordre dans une république autant compromise par les enragés que par ses plus implacables adversaires.

Dans ce procès des hébertistes, furent englobés quelques intrigants faisant de la révolution par métier, et ce malheureux Anacharsis Clootz, digne d'une autre destinée. Parmi les accusés, qui étaient au nombre de vingt, le médecin Laboureau fut le seul acquitté. Condamnés à mort, les dix-neuf autres furent conduits à l'échafaud le 4 germinal. Le peuple, dont Hébert, Ronsin et Vincent avaient été les flatteurs désespérés, parut indifférent à leur sort, comme s'il eût compris que sa véritable force n'était pas dans ces énergumènes impuissants et sanguinaires ; et les Cordeliers, en applaudissant au rapport de Saint-Just, dont lecture fut donnée au club, dans la séance du 26 ventôse, semblèrent eux-mêmes renier leurs principaux chefs. Terrible leçon pour ceux qui courent après la popularité par des moyens extravagants que réprouvent la dignité humaine qu'ils oublient, et la raison qu'ils foulent aux pieds, en prétendant l'adorer!

Eh bien, malgré cela, malgré la haute idée morale à laquelle Robespierre, Saint-Just et le Comité de Salut public obéirent, en détruisant une faction désorganisatrice et corrompue, je me demande si la mort des hébertistes n'a pas été une grande faute, et si la République n'en a pas reçu un coup fatal. Si Camille Desmoulins et ses amis s'en réjouirent, combien plus encore les royalistes ! Le bourreau gagné, et, assurément, ce ne fut pas

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