‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 274 sur 351 · II · texte numérisé non relu

II

)> Que des vivres arrivés à l'armée, et destinés pour une division, ont été arrêtés dans une autre division ;

» Considérant que de pareils faits, en paralysant le service, peuvent exposer l'armée et la République aux plus grands malheurs;

» Arrêtent qu'aucune autorité, aucun individu ne pourra, sous quelque prétexte que ce soit, arrêter ou retarder la marche des convois destinés pour l'armée.

» Le commissaire ordonnateur en chef fera faire à l'armée les distributions par division, et nul ne pourra se permettre d'intervertir l'ordre de ces distributions, ni arrêter, dans une division, les subsistances ou approvisionnements destinés aune autre division.

» Quiconque sera convaincu d'avoir contrevenu aux dispositions ci-dessus, sera réputé ennemi de la patrie, traduit à la commission militaire et puni de mort.

» Les convois seront toujours escortés, et l'escorte sera responsable des objets confiés à sa garde. »

Trois jours après la publication de cet arrêté sévère, qui eut pour effet immédiat de remédier aux abus déplorables dont était infestée l'administration des vivres, nos troupes, sous les yeux de Saint-Just, livrèrent aux Autrichiens, devant les murs mêmes de Charleroi, un sanglant combat dans lequel l'ennemi, quoique victorieux, perdit plus de six mille hommes et sept pièces de canon (1). Parmi les bataillons engagés dans cette journée du 28 prairial, un seul manqua à son devoir, et, en se débandant, permit à l'ennemi de pénétrer dans la ville assiégée. Kléber, profondément irrité, en référa

(t) Lettre de Saint-Just au Comité de Salut public; voyez le Moniteur du 10 messidor an n, n° 280.

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