‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 313 sur 351 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

et dénonce le nouveau système de finances comme de nature à mécontenter les petits créanciers de l'État. Après avoir peint, comme s'il avait la prescience de l'avenir, tous les lâches qui tantôt lui prêtaient les vertus de Caton et tantôt étaient prêts à le dénoncer comme un Catilina ; après avoir établi que depuis six semaines il avait été absolument étranger à tous les actes du gouvernement, il ajoute :

« En voyant la multitude des vices que le torrent de la Révolution a roulés pêle-mêle avec les vertus civiques, j'ai craint quelquefois, je l'avoue, d'être souillé aux yeux de la postérité par le voisinage impur des hommes pervers qui s'introduisent parmi les sincères amis de l'humanité, et je m'applaudis de voir la fureur des Verres et des Catilinas de mon pays tracer une ligne profonde de démarcation entre eux et tous les gens de bien. J'ai vu dans l'histoire tous les défenseurs de la liberté accablés par la calomnie ; mais leurs oppresseurs sont morts aussi. Les bons et les mauvais disparaissent de la terre, mais à des conditions différentes. »

11 déclare ensuite qu'il faut ramener le gouvernement révolutionnaire à son principe ; diminuer la foule innombrable de ses agents; les épurer surtout, de façon à rendre la sécurité au peuple, non à ses ennemis, par l'intégrité de ceux à qui est confiée la justice nationale; qu'en conséquence, il faut punir sévèrement ceux qui abusent des principes révolutionnaires pour vexer les citoyens. Selon lui, il y a eu conspiration de la part de tous ceux qui, soit par ambition personnelle, soit par haine déguisée, sont parvenus à exaspérer une foule de citoyens contre le gouvernement et la Convention, et leurs complices sont tous les agents criminels dont on

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